Sécurité : les syndicats de police dénoncent une banalisation de la violence

Homicides, violences conjugales, coups de feu, les faits divers s'enchaînent et ils sont de plus en plus violents. Une recrudescence confirmée par les chiffres de la sécurité en Moselle publiés ce jeudi 15 février. Un déchaînement qui pose question. En Lorraine, les syndicats dénoncent une banalisation.

Cela n’a échappé à personne. La fréquence des crimes et délits avec usage d’armes est devenue presque une habitude dans les pages des journaux quotidiens. Une escalade de la violence confirmée par les chiffres de la sécurité publiés en février 2024 et largement commentés par les syndicats et les préfectures.

Le 13 février 2024 un homme est tué de plusieurs balles et coups de couteau en pleine rue, près de Nancy. Le 26 janvier dernier, c'est le quartier de la Croix de Bourgogne à Nancy qui était une nouvelle fois la scène d’une agression violente avec usage d’arme. Le nord de la Lorraine connaît la multiplication des crimes liés aux stupéfiants dans le secteur de Longwy-Villerupt notamment. Metz aura aussi été le théâtre de plusieurs meurtres en moins d'une semaine en septembre dernier.

Violences intrafamiliales : plus 59 % par rapport à 2020

Cette escalade, les forces de l'ordre la subissent au quotidien : "La violence s'est installée de façon régulière. Aujourd’hui nous faisons très attention même pour des interventions bénignes. On ne prend rien à la légère. On est très concentrée, ça peut dégénérer très vite", précise David Ghisleri, délégué régional du syndicat Alliance Police (Meurthe-et-Moselle).

Une banalisation de la violence comme cet horrible fait divers dans les Vosges le 26 janvier 2024, où un homme a perdu la vie, tué et défiguré à coups de serpette par sa famille. La raison : la décision qu'il avait prise de placer les chiens à la SPA.

Pour un différend entre voisins ou pour une dispute familiale, on sort les armes à feu ou les couteaux

Régis Peiffer, délégué SGP POLICE FO 54

"Ce qu’on constate sur le terrain, c’est le recours systématique à l’usage des armes. C’est vraiment très inquiétant. C’est une société de plus en plus violente. Le recours à une arme létale est devenu la norme. L’année passée, 15.500 policiers ont été blessés. Une grande partie des agressions sont commises par un tiers lors des interventions", explique Régis Peiffer, délégué SGP POLICE FO 54.

En France, les violences intrafamiliales ont augmenté de 10,7%. Une hausse accentuée depuis la crise sanitaire. Le nombre de victimes de violences enregistré en Moselle n'est certes en hausse que de 4 % par rapport à 2022. Mais c'est surtout une augmentation de 59 % par rapport à 2020.

Plus 48% de cambriolages

Les départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle viennent de publier leurs statistiques annuelles pour 2023 avec des chiffres de la délinquance en augmentation tous secteurs confondus et des niveaux records pour les cambriolages. Plus 24 % en Meurthe-et-Moselle et plus 48 % en Moselle.

"Si cela vous arrive, ne touchez à rien", conseille le préfet de la Moselle. "Attendez que la police ou la gendarmerie vienne. C’est ainsi qu’on se donne les meilleures chances de récolter des indices, d’identifier les auteurs et de limiter les cambriolages par la suite" recommande Laurent Touvet, le préfet de Moselle.

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Les chiffres de la délinquance en Moselle de 2023 ont été rendus public ce jeudi 15 février 2024. ©Frédéric Madiai / FTV
Seules solutions selon les syndicats, le recrutement d'effectifs supplémentaires et des peines plus dures pour les agressions contre les policiers, les gendarmes, les pompiers ou les soignants.