Une commune de Meurthe-et-Moselle signe un arrêté contre les animaux domestiques

Les chiens, les coqs, les oies et les pintades ont du souci à se faire à Emberménil. La mairie de cette commune de Meurthe-et-Moselle a pris un arrêté municipal visant à limiter le nombre d’animaux domestiques par foyer, dès le 20 septembre 2023.

Dans ce petit village de 250 âmes, nos amies les bêtes ne sont plus en odeur de sainteté. Les cibles, le coq qui chante, chaque matin, beaucoup trop tôt ou encore les chiens du voisin qui aboient de manière incessante. La maire d'Emberménil (Meurthe-et-Moselle), Angeline Lamy, a donc décidé de limiter le nombre d’animaux domestiques par foyer.

Pas plus d’un coq, une oie, une pintade et deux chiens

“Pas plus d’un coq, une oie, une pintade et deux chiens par foyer”, indique l’arrêté en date du 11 septembre 2023. Le but de la manœuvre, “limiter sur l’ensemble de la commune les bruits gênants occasionnés par les animaux vis-à-vis de leur intensité, de leur durée, de leur caractère agressif ou répétitif”, et ce avant le 20 septembre.

Il est hors de question de les voir finir à la casserole, ils sont comme des membres de la famille

Anne-Laure Perrot, propriétaire de poules et de coqs

Si la mesure peut prêter à sourire, elle révolte une partie des habitants de ce territoire rural. “Nous avons quatre coqs, des animaux de compagnie, qui ont tendance à chanter la nuit et peuvent parfois embêter un peu le voisinage. Mais il est hors de question de les voir finir à la casserole, ils sont comme des membres de la famille, ils ont des prénoms, les enfants les côtoient. Je peux comprendre que ce soit dérangeant mais on est à la campagne, c’est normal qu’il y ait quelques bruits d’animaux”, insiste Anne-Laure Perrot, propriétaire de poules et de coqs, au micro de France 3 Lorraine.

Il y a quelques jours, Anne-Laure reçoit la visite surprise de la maire du village et de deux gendarmes, à six heures du matin. “Il sont venus nous dire que certains voisins se plaignaient du chant de nos coqs. Puis à peine quelques jours plus tard, voilà un arrêté qui nous interdit d’avoir plus d’un coq. Nous n’avons même pas eu le temps de leur trouver un nouveau foyer pour prendre soin d'eux. Comment faire un choix, sur quel critère doit-on se baser pour savoir lequel de nos animaux on garde? C’est très violent pour nous”, déplore cette habitante.

“L’arrêté a été jugé légal par la gendarmerie et la sous-préfecture”, assure de son côté Angeline Lamy, l’édile de la petite commune, qui ajoute que la situation est “encore susceptible d’évoluer”. Les contrevenants sont passibles d’une amende de 68 euros.