Bar-le-Duc: comment la police enquête sur les gilets jaunes?

Trois policiers travaillent depuis début janvier 2019 sur les manifestations de gilets jaunes à Bar-le-Duc / © Laurence Duvoid
Trois policiers travaillent depuis début janvier 2019 sur les manifestations de gilets jaunes à Bar-le-Duc / © Laurence Duvoid

A Bar-le-Duc, une cellule spéciale d'investigation sur les gilets jaunes a été créée début janvier 2019 pour identifier les auteurs des violences à partir des images de la police et des réseaux sociaux.  

Par Laurence Duvoid

Ils sont trois. Trois policiers issus de services différents : le renseignement, l'investigation, et la police technique et scientifique, à disséquer les images des manifestations des 12 janvier et 2 mars 2019 survenues à Bar-le-Duc, pour identifier les auteurs de violences. Qu'ils s'agissent de violences sur des batiments ou sur les forces de l'ordre. Un travail à temps plein pour ces policiers détachés au sein de la cellule spéciale d'investigation sur les gilets jaunes

2 mois de travail pour une manif

Chaque image, qu'elle provienne des caméras de vidéosurveillance de la ville, des réseaux sociaux, ou bien encore des images tournées par la police elle-même lors des manifestations, est scrutée à la loupe par les trois policiers. Un travail titanesque. Pour les manifestations des 12 janvier et 2 mars 2019, le travail est toujours en cours à la mi-mai 2019. Une manifestation nécessitant deux mois de travail. 

Des lors que l'on voit un individu lancer des pavés sur un bâtiment où à l'encontre des forces de l'ordre, on repère cet individu et l'infraction commise, et on va tenter de le retrouver sur toutes les images dont nous disposons.
- S, agent du renseignement de la police nationale de la Meuse

"On va donc matérialiser l'infraction pour ensuite tenter d'identifier l'individu, c'est capital dans le dossier que nous présenterons au procureur" précise S.
 
bar-le-Duc : une manifestation prend deux mois de travail de visionnage.
bar-le-Duc : une manifestation prend deux mois de travail de visionnage.


Le travail de visionnage est considérable. Les trois policiers sont d'ailleurs détachés à temps plein sur cette cellule spéciale d'investigation depuis début janvier 2019. 

Des lors qu'un individu est pris en flagrant délit de comportements déviants, on travaille à son identification, en cherchant son visage à découvert à un moment de la manifestation
- J, agent spécialisée de la police scientifique et technique


"Soit il est connu de nos services, s'il ne l'est pas, sa photo est envoyée dans tous les commissariats" précise J.

30 interpellations sur 2 manifestations

C'est ainsi qu'un policier de Metz a reconnu un homme qui avait caillassé des policiers à Bar-Le-Duc, lors d'un contrôle routier
- E, officier de Police Judiciaire

"Nous avons pu l'interpeller chez lui, et le présenter au procureur", ajoute E.

10 cellules en France

Bar-le-Duc est l'une des dix cellules d'enquête spéciale gilets jaunes créées en France depuis la violence et les dégradations constatées sur les manifestations. Une cellule dormante mais qui existait déjà pour avoir été activée lors de manifestations anti-nucléaires dans le département meusien. L'objectif étant d'identifier des personnes souvent extérieures, au département qui commettent des exactions, pensant se réfugier derrière le volume des manifestants. Des personnes qui pensent ainsi pouvoir ne pas être repérées. 

On travaille le plus en amont possible. C'est la raison pour laquelle, nous déployons sur le terrain des moyens vidéos avec des équipes très opérationnelles pour pouvoir faciliter les identifications à postériori
- Fabrice Grossir, Directeur Départemental de la Sécurité Publique de la Meuse

"Ce travail a permis d'interpeller 30 individus sur 2 manifestations" précise Fabrice Grossir.

Parmi les trente individus interpellés consécutivement aux deux manifestations de Bar-le-Duc, tous étaient lorrains. La majorité étant des identitaires d'extrême droite.

Nous n'avons pas eu de Zadistes de Bure, ou bien encore d'ultra gauche. Dans notre région, tous sont d'extrême droite
- Fabrice Grossir, Directeur Départemental de la Sécurité Publique de la Meuse

 
Gilets jaunes à Bar-le-Duc: comment la police enquête

 
 

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