Prime à la conversion : embouteillage dans les casses auto

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Avec l’augmentation de la prime à la conversion, les casses auto débordent d’activité. Exemple à Robert-Espagne (Meuse) où les carcasses s’empilent sur plusieurs niveaux. Deux personnes ont été embauchées pour faire face à l'afflux des voitures.
 

Au cœur de la crise des gilets jaunes, l’état a dégainé l’augmentation de la prime à la conversion écologique.

La prime double pour les 20% de ménages les plus modestes et les personnes non imposables mais qui parcourent plus de 60 kilomètres par jour pour se rendre sur leur lieu de travail.

Il est possible aujourd’hui de recevoir jusqu’à 4000 euros pour l’achat d’un véhicule thermique neuf ou d’occasion  et jusqu'à 5 000 € pour l'achat d'un véhicule électrique ou hybride.

L’objectif de cette prime est de réduire voir d’éradiquer les vieux véhicules diesel ou essence les plus polluants et de les remplacer par des voitures propres.

Les casses auto mettent le turbo

Avec le doublement de la prime, les vieilles voitures s’entassent dans les casses auto. Exemple à Robert L’Espagne où l’établissement Frères Français connait un doublement de son activité depuis l’automne dernier.

 A l’heure actuelle au niveau du stock, on a une affluence terrible de véhicules. On a fait partir 500 tonnes et là on a plus de 1000 tonnes en stock 

constate Patrick Français le parton de la casse auto.


15 employés gèrent un stock de plus en plus important. Il a fallu embaucher deux nouvelles personnes pour démantibuler, démonter, séparer, sectionner…. les pièces des épaves empilées.
Le souci pour les casses auto aujourd’hui c’est de rester dans les clous de la dépollution, pour recycler au maximum les différentes pièces des voitures.

Je ne veux aucun liquide dans le parc pour éviter toute pollution 

confirme Patrick Français.

Effets pervers de la prime

Alors qu’il est possible de racheter des voitures d’occasions sous certaines conditions pour bénéficier de la prime à la conversion, un sentiment de gâchis domine dans les allées des casses auto.

Il n’est pas rare de voir des véhicules encore en bon état au contrôle technique toujours valide se retrouver à la casse.

Des voitures qui auraient très bien pu se revendre sur le marché de l’occasion et donc être accessibles aux ménages les plus modestes.
Une aberration pour certains, une bonne chose pour ceux qui militent pour le remplacement de tous les véhicules polluants. 

Les personnes qui rachètent des véhicules neufs c’est quand même des personnes qui ont un minimum d’argent et qui peuvent investir

souligne le patron de la casse auto.

En 2018, plus de 202 000 primes auraient été versées sur les 300 000 demandes enregistrées. 
 
Embouteillage dans les casses auto ! ©France 3 Lorraine