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3 raisons de regarder le documentaire “Rêves fondus”

Comme une partie de poker menteur : les cartes de la centrale nucléaire rebattues / © France télévisions / citizen films / Innervisions - Direction de l'animation Jérôme Jouvray
Comme une partie de poker menteur : les cartes de la centrale nucléaire rebattues / © France télévisions / citizen films / Innervisions - Direction de l'animation Jérôme Jouvray

Si l'on vous parlait du nucléaire autrement ? Si les choix, les enjeux pouvaient changer ? Si les cartes étaient rebattues ? C'est l'étonnant et enrichissant parti pris développé par Myriam Tonellotto dans son documentaire "Rêves fondus". 

Par Sophie Gueffier

Il n'est pas interdit de faire un peu de politique fiction. Surtout en matière de politique énergétique, sachant les nombreux débats qu'elle suscite sur la sécurité des centrales nucléaires vieillissantes, sur le traitement des déchets radioactifs et plus largement sur les risques engendrés.
Myriam Tonelloto, réalisatrice de "Rêves fondus" a choisi de prendre du recul sur le sujet et d'imaginer ce qui pourrait être la réalité si un autre choix de production d'énergie nucléaire avait été fait. 

1- Prendre du recul historique

Est-ce par inintérêt ou parce que c'est compliqué ? Nous sommes-nous déjà demandé si les hommes politiques, les élus avaient bien connaissance de toutes les options qu'ils avaient en matière de politique énergétique ? La France, sortie de la deuxième guerre mondiale en Allié mais pas totalement en vainqueur, devait prouver sa puissance aussi bien militaire qu'énergétique. Dès octobre 1945, le gouvernement provisoire du général de Gaulle crée le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA). Et on développe, à des fins militaires, l'ensemble de la filière nucléaire française.

Le choix du procédé américain dit REP (réacteur à eau pressurisée) pour la partie production d'énergie est fait et l'avenir du nucléaire français est tout tracé. Le combustible sera l'uranium et la France en possède les ressources. Aux générations suivantes le poids du traitement des déchets radioactifs. L'heure est à l'autonomie énergétique et la puissance militaire. Les cartes sont distribuées. Mais le jeu de départ était-il complet ?
 

2 - Connaître les options scientifiques

Est-ce par inintérêt ou parce que c'est compliqué ? Nous sommes-nous déjà demandé s'il existait d'autres procédés de production d'énergie nucléaire. Nous non, évidemment. Mais un homme, Alfred Lecocq, physicien au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), oui. Il a effectué des recherches, toute sa vie durant, sur un autre procédé de production d'énergie nucléaire, appelé le réacteur à sels fondus. Les avantages de ce procédé : il s'agit d'un système liquide, qui ne nécessite pas d'eau sous pression pour refroidir. C'est aussi un système qui produit peu de déchets radiocatifs, car le combustible est  exploité dans sa totalité, contrairement au plutonium qui n'est exploité qu'à hauteur de 5% dans le système REP. 
Daniel Heuer, physicien des réacteurs au CNRS - LSCP de Grenoble explique enfin que : 

les structures ne subissent pas de contraintes mécaniques puisqu'il n'y a pas de pression.


Ainsi les réacteurs vieillissent mieux que dans le système à eau pressurisée, pourtant choisi. 
Pour faire fonctionner ces réacteurs d'un nouveau genre il faut un autre combustible : le Thorium. Peut-être en manque-t-on ? Pas du tout, au contraire. Selon Kirk Sorensen, ingénieur nucléaire; Flibe Energy - Atlanta :

Vous avez en France suffisamment de Thorium pour fournir de l'électricité pendant des milliers d'années, juste en le ramassant. Mais pour cela, il faudrait parler à Areva !

3 - Rêver à un autre avenir 

Alors pourquoi ? Pourquoi, la recherche fondamentale sur ce procédé s'est-elle interrompue ? Pourquoi nous, citoyens, n'entendons-nous jamais parler de cette alternative qui semble pourtant rassembler les avantages d'une politique énergétique nucléaire, sans rejet de CO², et sans déchets radioactifs ? Pourquoi tous les fonds alloués à la recherche ne sont allés que vers cette seule méthode ? Pourquoi les enjeux militaires semblent toujours prévaloir sur tous les autres enjeux ? Est-il encore temps de relancer les recherches dans le domaine des sels fondus et de reconstruire un autre avenir pour nos enfants et notre planète ?
Enfin pourquoi Alfred Lecoq passe, pour ceux qui ont entendu parler de ses travaux, pour un doux rêveur ? Et si au contraire, il était visionnaire ?



Vous pouvez voir le documentaire inédit "Rêves fondus" ici :
Replay DOC : Rêves fondus



 

Rêves fondus

Une coproduction France Télévisions / Citizen Films / Innervision 
Un film de Myriam Tonelotto 
Produit par Nina Robert

 

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