CIGEO à Bure : évacuation des zadistes du Bois Lejuc

500 gendarmes mobiles ont procédé dès 6h15, jeudi 22 février, à l'évacuation des zadistes du Bois Lejuc, anti-Cigeo à Bure (Meuse) et à la perquisition de la maison de la résistance. Sept personnes ont été placées en garde-à-vue. Par ailleurs, les gendarmes ont entrepris le déblaiement de la ZAD.

Evacuation de la ZAD du bois Lejuc (Meuse), jeudi 22 février 2018.
Evacuation de la ZAD du bois Lejuc (Meuse), jeudi 22 février 2018. © Jean-Philippe Tranvouez. France 3 Lorraine
Mise à jour 18h30 :

Co-proprétaire de la "maison de la résistance", le Réseau "Sortir du nucléaire"​porte plainte pour violation de domicile.
Un rassemblement est en cours devant la préfecture de la Meuse. Deux cents personnes sont présentes.


Les gendarmes ont rejoint la commune de Bure en fin de matinée pour investir la maison de la résistance, implantée dans le village meusien. Cette perquisition s'effectue en présence de militants, sous les yeux des habitants du village.

Une trentaine de personnes, présentes sur place, ont été évacuées par les forces de l'ordre. Au total sept personnes ont été placées en garde à vue, pour outrages et/ou violences" dans le courant de la journée.

"La perquisition a été commandée par les événements de la matinée, des violences sur les gendarmes et la mise en place d'obstacles sur la voie publique à Bure"

a expliqué sur place Olivier Glady, le procureur de la République de Bar-le-Duc.

Des gendarmes mobiles devant la "maison de la résistance" à Bure (Meuse), jeudi 22 février 2018.
Des gendarmes mobiles devant la "maison de la résistance" à Bure (Meuse), jeudi 22 février 2018. © Jean-Philippe Tranvouez. France 3 Lorraine

Faire appliquer la loi

Muriel Nguyen, le préfet de la Meuse a tenu un point presse sur le site du Bois Lejuc, sur la commune de Mandres-en-Barrois, ce jeudi matin peu avant neuf heures alors que l'opération d'évacuation des zadistes anti-nucléaires était toujours en cours.
Elle a expliqué que cinq escadrons de gendarmes mobiles étaient en intervention pour évacuer les quinze opposants qui se trouvaient ce matin sur le site. Les militaires effectueront ensuite à l'aide de pelleteuses le déblaiement du bois Lejuc.
Vidéo de la gendarmerie : préparatifs évacuation Bure ©France Bleu

Pour Muriel Nguyen, il s'agit d'appliquer

"une décision de justice pour une occupation illégale du site où il y avait un projet de construction d'une habitation en dur."

Selon elle, "les tentatives de dialogues avec les occupants ayant échoué, il était nécessaire de faire appliquer la Loi.

L'opération s'est déroulée sans incident, une dizaine de vérification d'identité ont été effectuées ainsi qu'une interpellation d'un opposant qui aurait lancé un cocktail molotov sur les forces de l'ordre, selon le ministre de l'Intérieur.

Au cours de la journée, les cinq cent gendarmes mobiles présents vont progressivement faire sortir les occupants et procéder au déblaiement

500 gendarmes mobiles

C'est sur son compte Twitter que le ministre de l'Intérieur a annoncé l'information à 6h27.

Gérard Collomb précise que les 500 gendarmes et gendarmes mobiles ont lancé l'opération d'évacuation des zadistes anti-nucléaires, opposés au projet CIGEO qui occupaient illégalement le Bois Lejuc depuis juin 2016, "au nord de la commune de Bure, sous l'autorité de la préfète de la Meuse". Il s'agit pour le ministre (selon un communiqué diffusé dans la matinée), de "mettre à exécution une décision de justice du Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc."

Les zadistes s'attendaient  cette intervention et avaient ces dernières semaines, appelé leurs sympathisants à les rejoindre, notamment ceux qui occupaient le terrain à Notre-Dame-des-Landes.

Appel à la mobilisation des anti-nucléaires


Les opposants au projet CIGEO de laboratoire d'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux ont rapidement réagi sur les réseaux sociaux .

Le collectif Les ZIRAdiéEs affirme qu'expulser le bois Lejuc

"c'est commettre une erreur historique. (C'est) choisir la violence et la brutalité"

Ils précisent qu'ils "reviendrons plus forts encore et plus déterminés."

De son côté, le réseau Sortir du nucléaire appelle sur Twitter "à des rassemblements devant toutes les préfectures ce (jeudi) soir à 18" et "dénonce fermement l’opération d’expulsion".
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