Au procès des Barjols, groupuscule d'ultradroite, neuf des treize prévenus relaxés

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yves Quemener

Après trois semaines d’audience, au procès des Barjols, trois membres du groupuscule d'ultradroite ont été reconnus coupables vendredi 17 février d'association de malfaiteurs terroriste. Les neuf autres ont été relaxées. Parmi eux, des Lorrains originaires de Moselle, Meurthe-et-Moselle et Meuse.

Deux semaines après la fin du procès, la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, spécialisée dans les affaires de terrorisme, a rendu une décision contrastée pour les onze hommes et deux femmes, âgés de 27 à 66 ans, membres du groupuscule fondé en 2017 sur Facebook. Parmi eux, des Lorrains originaires de Moselle, Meurthe-et-Moselle et Meuse.

Trois membres du groupuscule d'ultradroite les Barjols ont été reconnus coupables vendredi 17 février 2023 d'association de malfaiteurs terroriste, pour avoir fomenté un projet d'assassinat d'Emmanuel Macron en 2018. Un quatrième a été condamné pour détention et vente illégales d'armes. Les neuf autres personnes ont été relaxées.

Le tribunal a conclu qu'il existait bien des "actes préparatoires", notamment la possession d'armes, des déclarations violentes ou des fichiers retrouvés sur des supports informatiques, a souligné le président Thomas Jouck.

On est soulagés, on attend de voir comment va réagir le parquet et comment on peut réparer l'année de détention que M. Collinet a passée

Magali Woch, avocate

Pour autant, il n'y a pas de "lien certain" avec des "projets d'action violente" qui étaient reprochés aux prévenus, contre des députés, des migrants ou des citoyens musulmans, a poursuivi le magistrat, prononçant la relaxe. Une décision qui concerne Denis Collinet, 60 ans, qui avait fondé les Barjols afin, de son propre aveu, de "gérer l'immigration massive". A la barre, ce retraité avait été un des rares à assumer des idées d'extrême droite, convaincu de la "décadence" de la France. Il avait toutefois récusé toute intention violente.

"On est soulagés, on attend de voir comment va réagir le parquet et comment on peut réparer l'année de détention que M. Collinet a passée", a déclaré son avocate Magali Woch. "C'est une décision admirable qui valide ce qu'a toujours été ce dossier: une erreur de casting du début à la fin", a estimé Me Romain Ruiz, avocat. Lors du procès qui a duré trois semaines en janvier, la procureure antiterroriste avait reconnu que les projets des Barjols n'étaient pas "tous aboutis" mais qualifié de bien "réelle" la menace posée par le groupe, animé par une "idéologie du chaos" et devenu un "incubateur d'actions violentes".

Des actes préparatoires 

Pour trois d'entre eux, le tribunal a estimé qu'il existait bien des "actes préparatoires" en lien avec un projet d'assassinat du président Emmanuel Macron en novembre 2018, lors des commémorations du centenaire de l'armistice du 11-Novembre, dans l'est de la France, dans la Meuse.

Jean-Pierre Bouyer, ex-garagiste de 66 ans et ancien numéro 2 des Barjols, s'est est condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis ; Mickaël Iber, quatre ans d'emprisonnement dont deux avec sursis ; David Gasparrini, trois ans dont deux avec sursis. Ces trois hommes avaient été interpellés en Moselle le 6 novembre 2018, avec un quatrième homme qui a pour sa part été relaxé.

J'espérais qu'on puisse avoir des magistrats qui aient l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre que ce dossier (...) a été monté en épingle

Olivia Ronen, avocate de Jean-Pierre Bouyer

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) redoutait un passage à l'acte imminent contre le chef de l'Etat. Ce coup de filet avait marqué le début des investigations sur ce groupuscule nationaliste identitaire. "J'espérais qu'on puisse avoir des magistrats qui aient l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre que ce dossier (...) a été monté en épingle", a réagi Me Olivia Ronen, avocate de Jean-Pierre Bouyer. "Néanmoins ce travail-là n'a pas été fait ou n'a été fait que partiellement", a-t-elle ajouté.

"Pour des propos, on m'incarcère. J'ai le droit de parler !", a déclaré à l'AFP Mickaël Iber, rappelant avoir effectué 50 mois de détention provisoire et semblant très affecté par la sanction. "C'est une décision difficilement acceptable", selon son avocate Me Jennifer Madar.

Les Barjols sont créés en 2017, à l’initiative de Denis Collinet, 60 ans, sans emploi à l’époque. Le groupe est né "lors d’une réunion d’une dizaine de membres dans un McDonald’s de Thionville" (Moselle).

Le Parquet national antiterroriste a dix jours pour éventuellement faire appel des relaxes prononcées. (Avec AFP). 

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