Coronavirus : l’armée appelée en renfort, Raphaël Pitti, médecin militaire, explique comment cela va se passer

Le professeur Raphaël Pitti. / © France 3 Lorraine
Le professeur Raphaël Pitti. / © France 3 Lorraine

Emmanuel Macron a annoncé, lundi 16 mars, le déploiement d’un hôpital de campagne du service de santé des armées (SSA) en Alsace, pour aider les hôpitaux civils de la région, débordés par l’affluence de patients atteints du Covid-19.
 

Par Mackly Ford-Cenor avec Jean-Christophe Dupuis-Rémond

A l’image du déploiement annoncé lundi 16 mars 2020 par Emmanuel Macron d’un hôpital militaire en Alsace pour soutenir les hôpitaux civils, le service de santé des armées (SSA) pourrait être déployé si nécessaire sur tout le territoire français.

Comment pourrait se présenter ce déploiement et sa coordination avec les hôpitaux civils?
Le Messin Raphaël Pitti, ancien médecin militaire, anesthésiste réanimateur et spécialiste de médecine de guerre, nous répond.
"Tous les hôpitaux militaires qui sont dans les villes, comme Paris, Lyon, Marseille participent déjà d’une certaine façon au service public, c’est-à-dire qu’ils reçoivent des malades, que ce soient ceux du quartier ou d’ailleurs. Et d’emblée ces hôpitaux sont mis à disposition du service public et reçoivent des patients atteints du coronavirus", explique, d’entrée de jeu, le spécialiste.

"Une prolongation de l’hôpital civil"

Si la pandémie de coronavirus évoluait vers une situation plus grave, l’aide du SSA serait plus importante.
Toutefois, selon l’anesthésiste, sa mission sera définie par l’Agence régionale de santé (ARS) de la région dans laquelle il sera déployé.
"Selon la mission confiée par l’ARS, l’hôpital militaire pourrait prendre en charge des patients peu symptomatiques, c’est-à-dire des patients à surveiller, de manière à décharger les structures civiles. On pourra dire d’une certaine manière que c’est une prolongation de l’hôpital civil."

Le SSA vient en complément, tout sera défini selon la gravité de la situation.
- Professeur Raphaël Pitti, professeur de médecine d'Urgence et de catastrophe

Les médecins des forces ne seront pas mobilisés

L’armée de terre française dispose d’un régiment spécialisé dans les opérations en milieu contaminé, appelé "NRBC" (nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique). C'est le 2e régiment de Dragons, implanté dans la vallée de la Loire. Les membres de ce régiment "savent décontaminer des zones et installer des chaines de décontamination pour les personnes touchées", écrit le journal Le Point qui posait en février la question de la mobilisation de l'armée.
Mais d’après l’anesthésiste, les médecins de ce régiment ne seront pas mobilisés.
"On pourrait mobiliser tous les médecins qui sont dans les structures logistiques, c’est-à-dire les médecins qui travaillent dans les administrations, mais on ne mobilisera pas ceux qui sont dans les forces. Celles-ci doivent rester opérationnelles. Elles peuvent elles aussi être confrontées au coronavirus, elles ont donc besoin de leurs médecins", précise Raphaël Pitti.

Le Grand Est est la deuxième région – après l’Ile-de-France - la plus touchée du pays avec plus de 1543 cas confirmés ce mardi 17mars 2020. 51 personnes y sont décédées.
"Nous sommes confrontés à une épidémie galopante", déclarait Josiane Chevalier, préfète du Grand-Est et du Bas-Rhin, ce mardi 17 mars sur France Inter.

 

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