Coronavirus : à Metz-Thionville, après une semaine mouvementée, une accalmie en vue

L'emprise messine du CHR Metz-Thionville (Archive). / © Google Street View
L'emprise messine du CHR Metz-Thionville (Archive). / © Google Street View

Le Centre Hospitalier de Metz-Thionville faisait ce lundi 6 avril son point hebdomadaire après une semaine mouvementée, entre appel à l’aide de sa directrice générale et transferts de patients à tout va.
 

Par France 3 Lorraine

Marie-Odile Saillard, la directrice générale du CHR Metz-Thionville est satisfaite, ce lundi 06 avril 2020.
Son appel à l’aide, "un grand appel à l’aide qui a été très rapidement relayé par des membres du corps médical et des élus sur la Moselle", a porté ses fruits: "Nous étions à la veille d’une probable catastrophe, nous avions le sentiment de ne pas être entendus", explique-t-elle en détaillant les "difficultés à s’approvisionner et à transférer nos patients".

Aujourd’hui plusieurs de ces difficultés sont en passe d’être résolues. C’est le cas notamment pour l’approvisionnement en masques chirurgicaux. Avec une consommation quotidienne de près de 6000 masques, le CHR avait besoin de refaire ses stocks. C’est chose faite: "Il y a suffisamment de masques pour tenir deux semaines", indique Maire-Odile Saillard, qui a demandé "aux personnels d’être très vigilants et de ne pas gaspiller cette ressource rare et précieuse."

Difficultés d’approvisionnement en médicaments

Mais il existe à l’heure actuelle toujours "d’importantes tensions sur certains approvisionnements." Et ce qui pose le plus problème, c’est la question de certains médicaments nécessaires aux traitements des patients en réanimation.  "Il y a quelques molécules sous tension, notamment les curares", explique le docteur Sébastien Gette, chef du service de réanimation de l’hôpital de Mercy. Des tensions aussi autour d’un hypnotique, l’"hypnovel" pour lequel il existe des alternatives, "mais qui ont des effets et des inconvénients". 

Parmi les éléments qui manquent aussi dans les services de réanimation: des tuyaux de respirateurs, et des blouses pour les personnels soignants.  Pour ces dernières, des solutions sont envisagées pour pallier ces manques.

Nous réfléchissons à laver des blouses que jusqu’à présent on jetait.
- Marie-Odile Saillard, directrice générale du CHR Metz-Thionville

Amélioration en réa

Depuis vendredi 3 avril, les choses vont mieux sur les deux sites de Metz et Thionville. "On est arrivé aujourd’hui dans une position que je qualifierai de plateau", explique Marie-Odile Saillard. La directrice reste cependant très prudente: "une décrue? C’est possible mais ce n’est pas certain", affirme-t-elle. "Nos voisins alsaciens ont connu le même genre de sensation, avec des moments où la pression s’est faite moins forte, suivis d’une remontée en charge."

Mais cette stabilisation de la courbe permet au CHR de souffler. éOn a pu mettre des personnels un peu en récupération", détaille la directrice générale. Et les services concernés par le coronavirus ont retrouvé quelques marges de manœuvre: ce lundi, sur une centaine de lits de réanimation, 25 étaient libres. Pas question cependant de diminuer le nombre de lits. D’autant qu’avec la météo clémente, "les populations ont tendance à se déconfiner, donc nous ne sommes pas certain des effets que ça pourrait avoir dans les jours qui viennent."

Marie-Odile Saillard confirme aussi la nécessité de garder des lits disponibles pour venir en aide aux autres hôpitaux de la région: "nous sommes extrêmement prudents. On se tient prêt  à prendre des patients de la Moselle Est ou de Verdun par exemple." En effet, les services de réanimation de Verdun ou même de Saint Dizier sont désormais en tension. Ils pourraient avoir besoin de transférer des patients.

Une cellule pour suivre les patients transférés

En tout, le CHR de Metz-Thionville a réalisé près de 140 transferts depuis le 25 mars dernier. Des transferts absolument nécessaires: "si nous n’avions pas fait ces 140 transferts, jamais nous n’aurions pu accueillir des patients qui sont aujourd’hui dans nos lits." Mais depuis vendredi dernier et les bons chiffres, la directrice générale a changé de position: "on a indiqué vendredi que nous n’étions plus demandeurs de transferts.

Désormais, l’étau s’est aussi desserré sur le centre 15, avec à retour à un nombre normal d’appel. Mais pas question pour le CHR de fermer la cellule d’appel qui avait été activée. Elle va maintenant servir à autre chose: "cette petite cellule, nous allons la conserver. Elle va avoir comme mission de reprendre des contacts régulièrement avec les services accueillant nos patients et avec les familles pour leur demander si elles n’ont besoin de rien", explique Marie-Odile Saillard. Car parmi les patients transférés, certains sont en Allemagne, et les familles peuvent avoir des difficultés pour gérer cet éloignement dans un autre pays. Cette cellule d’appel servira donc de relais: "sur une journée, ces personnes vont faire le tour pour voir si tout va bien: par exemple, voir s’il y a des problèmes de traduction ou des questions liées à la sécurité sociale."

A noter que certains patients, transférés en Allemagne, sont d’ores et déjà rentrés chez eux.
 

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