Son prix chez un fleuriste oscille en moyenne entre 2 et 2,50 euros le brin. À l’approche du 1er mai, voici les règles à suivre si vous souhaitez plutôt cueillir votre propre muguet dans la forêt en Lorraine.

C’est le symbole du 1er mai. Comme chaque année pendant la fête du Travail, de nombreux promeneurs s’adonnent à la cueillette de ces grosses clochettes blanches délicatement parfumées dans les forêts de Lorraine, plutôt que de faire un tour chez le fleuriste. Mais comment s’y prendre pour rester dans la légalité et respecter la nature ? Lionel Dorveaux, forestier et membre de l’Office Nationale des Forêts (ONF) en Moselle, démêle le vrai du faux.

Puis-je trouver du muguet en forêt cette année en Lorraine ?

Oui. On en trouve dans tous les départements lorrains, de la Meurthe-et-Moselle aux Vosges, en passant par la Meuse et la Moselle. “C’est une bonne année pour le muguet. Cette année, il a deux semaines d’avance en Moselle, par exemple, où il est déjà en fleur. Toute la forêt a pris de l’avance, c’est un signe objectif de changement climatique. Il a fait chaud et humide, puis nous avons eu des épisodes de gel tardif”, analyse Lionel Dorveaux.

Dois-je avoir l'autorisation du propriétaire de la forêt ?

Oui. En forêt publique comme en forêt privée, la cueillette doit être autorisée par le propriétaire forestier. La cueillette à caractère familial est toutefois tolérée dans les forêts publiques gérées par l'ONF, sauf s'il existe un risque de disparition de l’espèce. “La première chose à faire, c’est de savoir si le propriétaire privé est d’accord. Dans les forêts publiques, gérées par l'ONF, il y a une tolérance pour la cueillette du muguet en fleur, comme l’ail des ours, les mûres, les framboises ou les myrtilles”, explique le forestier.

Ai-je le droit de prélever autant de muguet que je le souhaite ?

Non. La cueillette doit être raisonnée. Seul le ramassage des tiges en fleur est toléré mais en quantité limitée. Grosso modo 10 à 15 tiges par personne. “Attention, l'usage doit rester familial. Il ne faut pas prendre plus que ce que la nature peut donner”, insiste le membre de l’ONF. En outre, “des centaines de plantes bénéficient d'un statut intégral de protection, il est interdit d'y toucher. Il faut faire très attention, surtout si on emmène des enfants car il y a des plantes dangereuses et d’autres en voie d’extinction”.

Le muguet est-il toxique ?

Oui. Ne vous amusez pas à mettre une feuille de muguet dans votre pesto. Toutes les parties de la plante sont toxiques, même l'eau du vase. “Il faut bien se laver les mains après avoir cueilli du muguet. Certains confondent le muguet et l’ail des ours. C’est d’ailleurs l’une des premières causes d'empoisonnement en Allemagne. Quand on frotte la feuille, l’ail des ours sent l’ail, le muguet non”, résume Lionel Dorveaux. En bref, on ne touche pas à ce qu’on ne connaît pas. Sans parler des risques parallèles en forêt, “comme les morsures de tiques ou l'échinococcose, une maladie transmise dans les déjections des renards”.

Dois-je couper plutôt qu'arracher le muguet ?

Oui. Pour respecter la biodiversité, il faut veiller à ne pas prélever le bulbe des fleurs pour ne pas empêcher leur renouvellement. “Il faut bien couper le muguet et ne surtout pas l’arracher pour laisser les rhizomes, autrement il ne repoussera pas”. Autre point de vigilance, “on évite de cueillir du muguet dans les zones de réserve biologique intégrale ou celles qui viennent d’être exploitées, parfois dangereuses”, conseille le membre de l’ONF.

Puis-je vendre du muguet cueilli dans une forêt publique ?

Non. Les cueillettes à des fins commerciales sont interdites et sanctionnées par le code forestier. “Les deux-tiers des forêts sont publiques dans le Grand Est et gérées par l’ONF dans le Grand Est. C’est une vraie particularité car la tendance est plutôt à l'inverse dans le reste de la France. Dans les forêts publiques, il est strictement interdit de cueillir du muguet pour le vendre”, martèle Lionel Dorveaux. “Plusieurs cas de cueillette interdite et de revente illégale ont été recensés en Lorraine. Il y a quelques années, des personnes venaient faire des stocks d’ail des ours en camionnette pour en revendre, entraînant une très grosse pression sur l’espèce et une destruction de l’environnement”, conclut le forestier.

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