Malvoyant, il s’apprête à embarquer pour la Transat Québec Saint-Malo

Joël Paris, malvoyant et skipper devrait embarquer dans trois mois pour la Transat Québec Saint-Malo. En attendant le départ, il s’est rendu, ce mercredi13 mars 2024 dans le laboratoire de son sponsor Essilor qui lui fabrique ses verres de lunettes depuis toujours.

Malvoyant et skipper, Joel Paris s’apprête à embarquer pour une nouvelle Transat Québec Saint-Malo le 30 juin prochain. Pour l’occasion, le marin est venu visiter, ce mercredi 13 mars 2024, à Ligny-en-Barrois, le laboratoire d’Essilor, l’un de ses partenaires qui lui a conçu une paire de lunettes de vue et une paire de lunettes solaires adaptées à son handicap. Une découverte touchante pour celui qui est malvoyant de naissance : “En fait depuis que je suis gamin, je vois grâce à cette entreprise, mais aujourd’hui je me suis rendu compte qu’il y avait 45 personnes qui travaillaient sur mes verres et que tout est quasiment fait à la main” confie le navigateur de 60 ans. 

Dès l’âge 7 ans, il commence à naviguer : “Même si on m’avait dit que ce n’était pas possible, que je n’avais pas le droit, je l’ai fait quand même”. Cet état d’esprit, il va le garder toute sa vie. Il aime le dire : “J’ai beaucoup de chance, je suis autonome”. Pourtant, même chaussé de ses lunettes, Joël Paris a une acuité visuelle de seulement 2/10 à l'œil gauche et de 0/10 à l'œil droit.

Le handicap, c’est dans le regard de l’autre

Joël Paris

Skipper

Un handicap qui ne l’a pas empêché de parcourir les mers. En 2023, il a participé à la Transat Jacques Vabre avec son coéquipier : “J’ai été le premier skipper malvoyant au départ d’une course comme celle-ci”, s’amuse-t-il. La compétition ne lui fait pas peur bien au contraire : “Je concours contre tout le monde. C’est un des seuls sports qui réunit toutes les personnes, qu’elles soient amatrices, professionnelles et même handicapées. Le symbole est important. Je suis là aussi pour montrer que ce qui se passe dans un bateau, c’est transférable dans une entreprise. On voit bien qu’un handicapé arrive à vivre normalement. En plus ils ont une force de résilience. Les employeurs devraient plus les embaucher. Le handicap, c’est dans le regard de l’autre. Moi j’y arrive, différemment mais j’y arrive”, affirme Joël Paris.

La force de la transmission

Son handicap est sa force et il compte bien la transmettre à d’autres : “J’ai beaucoup de retours. Je pense notamment à une jeune fille de 9 ans diabétique qui était venue me voir à mon départ de Jacques Vabre. Elle m’avait dit que ce que j’avais fait lui montrait qu’elle aussi, elle pourrait faire des choses”.

Le Marseillais d'adoption compte bien continuer à “faire des choses” mais pour participer à sa prochaine compétition, il doit encore trouver des sponsors : “Je suis en recherche active sinon ça risque de remettre en cause la Transat Québec Saint-Malo”. Résilient, il se prépare quand même à partir à bord du bateau nommé Rêve à perte de vue avec ses trois coéquipiers.

Des rêves plein la tête, il envisage déjà de tenter la Route du Rhum en 2025. Et en solo cette fois-ci…