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Mondial Air Ballons. Le record du monde de 2017 du nombre de montgolfières dressées est conservé : 456 !

Ballons dans la brume au petit matin, à l'occasion de La Grande Ligne au Mondial Air Ballons sur l'aérodrome de Chambley Planet'Air, lundi 29 juillet 2019. / © Jean-Christophe Dupuis-Rémond. France 3 Lorraine
Ballons dans la brume au petit matin, à l'occasion de La Grande Ligne au Mondial Air Ballons sur l'aérodrome de Chambley Planet'Air, lundi 29 juillet 2019. / © Jean-Christophe Dupuis-Rémond. France 3 Lorraine

C'est à partir de 06h15 ce lundi 29 juillet 2019, qu'a été mise en place puis dressée La Grande Ligne à l'occasion de la 16e édition du Mondial Air Ballons, celle des trente ans.
Nous vous l'avons fait vivre en direct. Le record n'est pas battu, il est conservé : 456 ballons.

Par Sophie Gueffier avec Jcdr

C'est ce lundi 29 juillet 2019, à partir de 06h15 que plusieurs centaines de pilotes de montgolfières et leurs équipiers se sont offerts et ont offert au public La Grande Ligne de cette 16e édition du Mondial Air Ballons.
Nous vous l'avons fait vivre en direct sur notre page Facebook France 3 Lorraine et avec notre flux vidéo permanent, en direct de l'aérodrome de Chambley Planet'Air.

Magie dans la brume

Il est nuit. Tout est calme dans le village du Mondial air Ballons. Quelques ombres s’avancent et se dirigent vers le hangar du briefing et du petit déjeuner. Les voix sont basses, les mots presque chuchotés. Même la longueur de la file d’attente pour le petit-déjeuner n’arrive pas à entamer la bonne humeur des gens présents.
5h10, le hangar G est plein. Un léger brouhaha s’installe. Les pilotes sont heureux d’échanger entre eux. On parle français, avec ou sans accent, on parle anglais aussi beaucoup.

La lune voudrait bien rester au-dessus de l'aérodrome de Chambley. / © Sophie Gueffier/FTV
La lune voudrait bien rester au-dessus de l'aérodrome de Chambley. / © Sophie Gueffier/FTV

Je me hisse sur un banc pour prendre une photo d’ambiance. Je sens des mains se poser sur mes hanches. Un charmant monsieur, deux fois plus grand que moi, assure ma stabilité, sans même que j’ai à le lui demander. Un petit goût de la bienveillance qui règne ici.
5h15, le briefing débute. Le silence est absolu. La concentration presque palpable. Les infos sont données en français puis en anglais. Aucune question. 5h28 c’est déjà fini. Rappel des consignes sécurité, de l’objectif et grand point météo. Clair net et concis.
Quelques rires fusent. Quelques embrassades aussi. Et des sourires partout.

Au MAB, même les nacelles sourient / © Sophie Gueffier/FTV
Au MAB, même les nacelles sourient / © Sophie Gueffier/FTV


Dans le même calme qu’à l’arrivée, par petits groupes, les aéronautes regagnent leurs véhicules. On distingue çà et là des signes d’appartenance à une région ou un pays. Qui, un drapeau breton sur les épaules; qui, un béret sur le crâne.
Les équipages se mettent en ligne pour attendre l’ouverture de la piste. L’affluence ressemble à celle d’une sortie de concert, à cette différence près, qu’elle se gère dans la courtoisie la plus totale. On entend, à intervalles réguliers, un homme haranguer la foule.

Il ne veut pas sortir de l'Europe cet anglais: stop Brexit! / © Sophie Gueffier/FTV
Il ne veut pas sortir de l'Europe cet anglais: stop Brexit! / © Sophie Gueffier/FTV

Juché sur le toit de son pick-up, le hérault agite un drapeau britannique, celui de la Croix de Saint-Georges.

Stop Brexit !

Il est vrai qu’il manque une soixantaine de pilotes anglais, bloqués par les formalités.
05h47: Les portes des pistes s’ouvrent enfin. Le cortège s’engage doucement. Quelques coups de klaxons joyeux mais timides résonnent, quelques chansons entrainantes s’échappent des fenêtres des véhicules.

Je rencontre alors Olivier et Denis, bien installés, en mode peinard, dans la remorque couverte de transport de leur matériel aéronautique.

Denis à gauche et Olivier bien calés. / © Sophie Gueffier/FTV
Denis à gauche et Olivier bien calés. / © Sophie Gueffier/FTV

Un peu de stress messieurs, c’est une journée particulière aujourd’hui ?

Tranquilles !  Pour une fois que les conditions sont bonnes, il fait beau, il n’y a pas de vent
- Olivier, heureux

Les camionnettes et les remorques s’enchainent, dans une sorte de ballet mené par les bénévoles. Je m’approche de Guillaume, lanceur et chef de zone, de la taxiway. Grâce à sa radio, il sait précisément, où sont où en sont les choses, et justement, elles s’accélèrent. Guillaume envoie deux lanceurs rejoindre l’autre piste, la grande pour aider à placer les dernières voitures. Et part en courant les rejoindre. Pas le temps pour moi de le prendre en photo!
Très vite, les enveloppes des ballons s’étalent au sol. Les ventilateurs sont prêts. Mais interdiction de commencer le gonflement. Il faut attendre le top des organisateurs. Malgré tout, quelques réfractaires bravent les interdits, mais ils ont de bonnes raisons : il faut vérifier si le matériel fonctionne!
Enfin 6h45, l’autorisation de gonfler est donnée. Que le spectacle commence. Les bulles sortent de terre, comme de grosses fleurs qui poussent en accéléré. Clic, clic, clic, je mitraille les couleurs, les formes, je ne sais plus où donner de la tête.
Lorsque tout à coup surgit à quelques mètres de moi, un gros lièvre. Il court, il s’arrête ; il court encore et s’arrête encore. Il regarde à droite, il regarde à gauche. Il a l’air d’apprécier autant que moi. Trois petits tours et puis s’en va.

© Sophie Gueffier/FTV
© Sophie Gueffier/FTV

J’apprendrai plus tard, qu’il est allé déranger un groupe d’autres individus à quatre pattes, une bande de chiens. Il est allé les narguer et s’est enfui, les coiffant tous au poteau…

Ebulliscence

Ne cherchez pas, le terme n’existe pas. Je l’ai inventé juste pour cette occasion. Une contraction de bulle et d’effervescence, à la mode canadienne. Comme exabuser ou divulgâcher.
07h27: Le top du départ en ligne est donné. Plantée au milieu d’une zone herbée, j’en louperais presque photos et vidéos. Le spectacle est grandiose. Les mots viennent à manquer. Moi qui pensais être une simple spectatrice, j’ai l’impression de vivre un truc énorme, un truc de ouf, comme disent les jeunes.
 


La magie de l’instant dure. Les conditions météo, parole de connaisseurs, sont les meilleures que le Mondial Air Ballons n’ait jamais connues. Les ballons décollent et stagnent à quelques mètres du sol. Ils prennent plaisir à rester ensemble sur place, le vent s’étant absenté par courtoisie. Quelques câlins entre ballons, peau à peau. Quelques coucous de chanceux qui décollent à ceux qui restent cloués au sol. Quelques Youhou fusent. Parenthèse enchantée.

Comme des bulles de champagne, le ballons s'égaillent. / © Sophie Gueffier/FTV
Comme des bulles de champagne, le ballons s'égaillent. / © Sophie Gueffier/FTV

J’avoue, seule au milieu de mon pré, avec toutes ces bulles qui s’envolent, au rythme des bruits de chauffe des brûleurs, j’y suis allée de ma petite larme. Ridicule et irrépressible. Regonflée à bloc pour les mois qui viennent.

Record conservé

Le record du nombre de ballons dressés prêts à décoller reste détenu par le Mondial Air Ballons, depuis le 28 juillet 2017, sur le tarmac de Chambley Planet'Air en Meurthe-et-Moselle.
Ce record n'a pas été battu mais c'est sans importance.

Un drôle de cowboy

Vous ne pouvez pas le manquer, sur le tarmac de Mondial Air Ballons. Il est partout. A se demander même s'ils ne sont pas plusieurs. Dans la vraie vie, Cédric est cuisinier. Ici c'est une autre histoire.
Tel un cowboy, Cédric est prêt à dégainer / © Sophie Gueffier/FTV
Tel un cowboy, Cédric est prêt à dégainer / © Sophie Gueffier/FTV

En ce jour de tentative de record, c'est lui l'homme orchestre. Il a appris hier soir, par la voix de Philippe Buron-Pilâtre que la tentative de record serait décalée à ce matin. Une nuit en tout et pour tout pour réflexion. C'est vous dire si la nuit fut courte. 
À l'entrée des piste, Cédric se positionne. Sifflet à la bouche, il incite les voitures à rouler et suivre le rythme. 

Allez allez, c'est pas le moment de discuter, là!
- Cédric Rovelli, chef des lanceurs

Un spectateur s'étonne : "il rigole pas le cowboy, dis-donc!"
Ben oui, monsieur, c'est un peu son job. Faire que tout roule. Ce n'est pas une mince affaire d'envoyer les véhicules sur les trois lignes de manière à ce que la répartition soit cohérente. D'abord les envoyer tous sur le taxiway, la plus éloignée. En faisant faire un grand détour aux conducteurs pour la rejoindre. C'est du temps de gagné, ça fait patienter. Une astuce qu'il nous livre avec amusement. Quand le  taxiway est enfin plein, il peut répartir les aéronautes sur les autres pistes. Mais ça n'en finit pas et il reste des gens à placer.

Où les mettre si la piste en herbe est pleine? 
- Cédric Rovelli

Alors c'est l'ouverture générale des portes et les dernières voitures arrivent de partout pour combler les espaces vides. 
Il lui faut encore vérifier que tous les aéronautes suivent bien les consignes de gonflement et que tout le monde soit fin prêt. 
Son privilège c'est de donner le coup de sifflet, celui qui fait se soulever les ballons. Le magicien du jour.

De mémoire de ce lanceur bénévole depuis 2001, ce départ en ligne est le plus beau qu'il ait vu. 

Des lignes, j'en ai faites, mais celle-là, c'est la plus....

Là, j'ai réalisé le truc, tout seul comme un c.., dans ma voiture, et j'ai chialé.
- Cédric, chef des lanceurs

Le colosse perd son armure. Il en vient à lâcher quelques confidences, dont nous gardons la teneur pour nous.  
 

Mondial Air Ballons : le travail des lanceurs

Ballet de bulles


En bonus nous vous proposons ce timelapse (séquence vidéo accélérée) réalisée par Séquence Productions.
 

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