Moselle : la télé des faucons crécerelles de Théding recommence à émettre le 1er mars

Les faucons crécerelles nichent dans le grenier de ses parents à Théding en Moselle depuis 25 ans. Cyril Bour, passionné d’ornithologie, y a installé des caméras. Vous pourrez suivre ces webcams 24h/24 sur son site internet à partir du 1er mars, pour le redémarrage de la saison des amours.

La femelle qui est venue nicher en 2020.
La femelle qui est venue nicher en 2020. © Cyril Bour

A Théding (Moselle), les faucons crécerelles s’installent chaque printemps pour couver depuis 1996. Signe que les webcams installées par Cyril Bour ne semblent pas les déranger.

Ce passionné d’oiseaux de 28 ans a attrapé le virus quand il avait quatre ans. Les premiers rapaces s’installent dans le grenier de la maison familiale. Ses parents en font une leçon de sciences naturelle vivante. "J’ai commencé à les prendre en photo, à noter les dates de ponte dans des cahiers d’écoliers. Quand j’ai eu 14 ans, on a installé la première caméra. A l’époque, ça ne donnait qu’une photo toutes les 15 secondes".

J’en suis tombé amoureux. Il y a quelque chose chez eux qui donne envie de les protéger

Cyril Bour

Dame blanche ou mésanges aussi

Le jeune homme, qui est depuis devenu technicien dans un laboratoire de recherche à Strasbourg, surveille à distance huit caméras qui filment les faucons crécerelles mais aussi des chouettes effraies, des mésanges bleues et charbonnières, et des rouges-queues, plus tard dans la saison. Sans jamais avoir la garantie que les oiseaux reviendront s’installer au printemps. "L’an dernier les faucons ne sont revenus que le 27 mars. On s’impatiente toujours un peu forcément. Quand ils arrivent, on est content mais on n'est pas tout à fait rassurés jusqu’à ce que les œufs éclosent."

Voici une des naissances filmée en 2020 :

Les caméras seront rallumées le 1er mars 2021. Vous pourrez les suivre gratuitement en ligne 24h/24.
Mais Cyril surveille déjà les premiers arrivés. "Les chouettes effraies commencent déjà leur parade nuptiale. Le mâle fait des offrandes de proies à la femelle et les accouplements ont commencé. Les mésanges bleues et mésanges charbonnières visitent leurs nichoirs à la recherche d'un lieu pour leur future famille. Une mésange charbonnière occupe même le nichoir toutes les nuits pour dormir."

Maman mésange bleue couve un œuf sous l’œil de la caméra installée dans un faux plafond.
Maman mésange bleue couve un œuf sous l’œil de la caméra installée dans un faux plafond. © Cyril Bour 2020

Et chaque année apporte son lot de surprises. L’an dernier, le mâle crécerelle a disparu. Un autre faucon est venu jouer le rôle de  "beau-père" et nourrir la portée. Phénomène qu’a déjà observé une passionnée tchèque avec laquelle Cyril est en contact.

Pédagogie

Cyril partage également sur son site des infos pour aider à protéger les oiseaux
 "C’est important de laisser accès à ces images car ça permet de voir à quel point ils sont fragiles. A Théding, il y a encore beaucoup de champs où ils peuvent se nourrir et de vieilles bâtisses. Mais ailleurs, ils ont du mal à trouver des endroits où nicher."

C’est le cas des chouettes effraies. L’animal nocturne a longtemps eu la réputation de porter malheur.
"Si les gens avaient pu voir comment elles se comportent entre elles et comment elles élevaient leurs jeunes, on ne les aurait jamais appelé comme ça… Quand les gens font des travaux dans leur grenier, il faut faire attention à ne pas murer les ouvertures ou installer un nichoir adapté. C’est à la portée de tout le monde".

Selon les scientifiques, un tiers des oiseaux nicheurs aurait disparu de nos campagnes ces 20 dernières années.
 

Reconnaître un faucon crécerelle

Le faucon crécerelle est un tout petit rapace d’environ 200 grammes, pas beaucoup plus gros qu’un pigeon de ville. Au printemps, quand les mâles rentrent au nid, ils produisent un cri caractéristique, un "ki ki ki" qui est à l’origine de leur nom.
Vous pouvez le croiser perché sur des piquets de clôture sur le bord des routes. Il est surtout identifiable par son vol. "C’est un des seuls rapaces capable de vol stationnaire. On appelle ça le vol du Saint-Esprit. Il bat très rapidement des ailes pour se maintenir sur place et repérer ses proies. On a l’impression qu’il se fige dans le vent" explique Cyril Bour.
 

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