Municipales 2020 : A Metz, Richard Lioger, plombé dans les sondages par l’étiquette LREM assume sa stratégie d'affichage

La secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, puis la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sont venues apporter leur soutien à Richard Lioger. Une stratégie qui se révèle pour l'instant très "plombante" pour le candidat LREM aux municipales. / © France 3 Lorraine
La secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, puis la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sont venues apporter leur soutien à Richard Lioger. Une stratégie qui se révèle pour l'instant très "plombante" pour le candidat LREM aux municipales. / © France 3 Lorraine

C’est un des seuls candidats, en France, à avoir reçu autant de soutiens gouvernementaux dans sa campagne. Et des soutiens de taille comme la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. Une stratégie à contre-courant qui pose question. Explications à un mois du 1er tour avec Richard Lioger.

Par Jean-Christophe Panek


(Interview réalisé le jeudi 13 février 2020) Un constat : les ministres sont finalement peu mobilisés durant cette campagne des municipales. On ne peut pas dire que les candidats se battent pour s’afficher avec eux sur le terrain dans un contexte très tendu en raison du dossier sur les retraites. Mais vous, à Metz, vous prenez le contre-pied. D’abord avec la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon puis la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. On ne peut pas dire que ça vous aide durant cette campagne ?

J’assume complètement ! Je ne confonds pas le débat national avec le débat local. Dans ma liste, il y a en majorité des gens de la société civile. Je suis député de La République en Marche, je ne m’en cache pas… mais la campagne que je mène, c’est d’abord une campagne sur des enjeux locaux.
 

Ma campagne, je la fais d’abord avec des propositions et non une étiquette
-Richard Lioger


Des membres du gouvernement comme Emmanuelle Wargon ou Sibeth Ndiaye qui viennent à Metz pour vous soutenir, ça ne se refuse pas mais ça n’aide pas non plus ?

Peut-être que certains électeurs confondent tout mais je ne suis vraiment pas dans le calcul. La mode, c’est parfois et même souvent de partir sans étiquette pour, au final, tromper les électeurs. On ne peut pas dire que ça les réconcilie avec la politique... Moi, je ne revendique rien mais quand Sibeth Ndiaye vient à Metz, elle représente un engagement fort auprès d‘Emmanuel macron ! Un engagement que j’assume. Je suis député LREM mais nous ne sommes pas une campagne nationale ! Là, je cherche à être maire et non député. Je fais confiance aux électeurs pour faire la part des choses. Après, s’ils cherchent à sanctionner le président à travers ma candidature et ces élections municipales, c’est leur problème. Ma campagne, je la fais d’abord avec des propositions et non une étiquette.
 

Le risque néanmoins, c’est d’être associé à LREM… et de prendre des coups !

Je le dis, je le répète : je fais partie de la majorité présidentielle ! Le message que j’adresse aux électeurs, c’est de regarder mon programme et ma liste : 60% d’entre eux n’ont jamais fait de politique et veulent s’engager pour leur ville, c’est tout ! Quand mon adversaire Les Républicains Français Grosdidier soutenait Sarkozy ou quand Dominique Gros soutenait François Hollande, ils se présentaient sans étiquette ! Il ne faut pas l’oublier… Moi, je suis LREM avec les défauts qu’on peut attacher à ce mouvement mais aussi toutes ses qualités !

Le parasitage est néanmoins énorme. Est-ce que l’électeur ne pense pas davantage au dossier retraites avant de penser local lorsqu’il entend un candidat estampillé LREM ?

Je fais appel à l’intelligence des électeurs. Il faut faire la part des choses entre ce qui se passe au niveau national et local. Si faire le pari de l’intelligence, c’est d’être naï… tant pis. Il faut faire la part des choses entre une liste société civile et le fait que je suis également député de la République en Marche.
 

Ne pas se cacher d’être LREM, c’est la stratégie de l’honnêteté intellectuelle
-Richard Lioger


Donc, votre stratégie est la bonne ?

On verra le soir du 15 mars ! (Rires) En tout cas, ne pas se cacher d’être LREM, c’est la stratégie de l’honnêteté intellectuelle !

Et peu importe si on vous crédite seulement de 11% dans un récent sondage ? La quatrième place pour quelqu’un qui vise la mairie, c’est un peu décevant, non ?

Je peux vous dire que je n’ai absolument pas ce ressenti sur le terrain ! Les gens sont attentifs à nos propositions et j’ai le sentiment que de nombreuses personnes n’ont pas encore fait leur choix ! Je tente de les convaincre à partir de nos propositions avec les personnes qui figurent sur notre liste.

Vous avez sorti un livre, "Parcours d’un Messin engagé". Et là aussi, vous vous êtes affiché avec Edouard Philippe à qui vous l’avez offert. C’est de la communication politique. Assumée ? Réfléchie mais pas un peu casse gueule pourtant ?

J’assume ! Edouard Philippe, c’est le Premier ministre. Une figure centriste de droite ! …
 

Et le président qu’on annonce ce mardi en Moselle. Il ne vient pas pour s’afficher avec vous, rassurez-moi ?

A ma connaissance pour l’instant, ce n’est pas confirmé.

Et si d’autres membres du gouvernement souhaitent venir à Metz, histoire d’allonger la liste, vous êtes preneur ?

Ils sont les bienvenus, pas de problème ! Quand la secrétaire d'État aux Armées, Geneviève Darrieussecq, est venue à Metz, je ne me suis pas précipité pour la rencontrer. C’est le troisième, sur la liste de François Grosdidier, Khalifé Khalifé qui l’a fait ! Vous voyez, même mes adversaires politiques, recherchent une certaine proximité avec des membres du gouvernement et pourtant, ils ne sont pas République en Marche ! La politique, c’est compliqué parfois !
 

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