Redressement judiciaire d'Ascometal : qui sont les candidats à la reprise du groupe sidérurgique à Hagondange

Les potentiels repreneurs d'Ascometal avaient jusqu'au 12 juin 2024 au plus tard pour déposer leur offre. Plusieurs groupes sont intéressés. Réponse à l'audience fixée au 28 juin.

La chambre commerciale du tribunal de Strasbourg avait fixé au mercredi 12 juin 2024 la date limite pour le dépôt des offres de reprise d'Ascometal. Mis en vente par Swiss Steel, Ascométal, 1200 salariés, dispose notamment en Lorraine d'une usine à Hagondange (Moselle), d'un site à Custines (Meurthe-et-Moselle) et d'un centre de recherche sur les aciers spéciaux (Creas), comptant 25 emplois, également implanté à Hagondange. 

"Il y a deux nouvelles offres" explique Yann Amadoro, délégué CGT d'Ascometal, "la première c'est Europlasma. On s'y attendait car ses dirigeants avaient déjà déposé une lettre d'intention le 30 mai dernier. Ils ont échoué sur la reprise de Fos et veulent se rattraper et mettre un projet en œuvre entre Hagondange et Dunkerque dont le fil conducteur est la production d'obus. Le projet industriel qui inclut le redémarrage d'un laminoir à Dunkerque a du sens mais le profil du repreneur et le financement posent question. Par ailleurs, ils ne reprennent pas la totalité du personnel".

Autre dossier présenté, celui de Greybull Capital. "C'est un fonds d'investissement privé" expose Yann Amadoro, "c'est à peu près le même projet qu'Europlasma et on s'attendait même à ce qu'ils en déposent un conjointement. En l'état, on ne considère pas ça comme une offre. Il faut 200 millions mais le financement sera expliqué plus tard. Ce n'est pas clair".

Pas d'offre améliorée pour Venete

Enfin, sans surprise, l'Italien Venete, parti puis revenu à la table des négociations en prolongeant son offre de reprise, est candidat au rachat. "Il n'y a pas d'offre améliorée" précise le responsable syndical, "mais techniquement, ils n'étaient pas obligés de le faire.". Venete avait réclamé au propriétaire actuel qu'il finance le "désamiantage" et le "dépoussiérage du site d'Hagondange", estimé à 11 millions d'euros par la CGT. Le refus de Swiss Steel avait poussé la communauté de communes Rives de Moselle à proposer 15 millions d'euros en capital pour soutenir l'offre de Venete.

"De toute façon, toutes les offres ont des conditions suspensives qui prévoient des financements publics. Donc, si l'État n'est pas en mesure de le faire, c'est vite réglé. Il n'y aura rien pour nous" ajoute Yann Amadoro, "le premier tour des législatives, c'est le 30 juin. Notre date d'audience, c'est le 28. Le gouvernement a tout intérêt à ce que ça se passe bien pour nous. À l’inverse, si on va à la liquidation, ce sera très tendu... Le gouvernement est malgré tout en place et j'ose espérer qu'on ne va pas tout mettre en stand-by. Il ne faut pas oublier qu'on n'a pas la trésorerie pour aller au-delà du 28 juin. Mais depuis la dissolution, on n'a pas eu d'échanges avec le gouvernement".

Réponse donc le 28 juin 2024, date à laquelle la chambre commerciale du tribunal de Strasbourg examinera les offres déposées. 

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