Mort d'Anthony Saumen, salarié de Gépor au port d'Illange : épilogue lundi d'un très long feuilleton judiciaire

Le tribunal correctionnel de Thionville va rendre son jugement ce lundi 23 novembre dans l'affaire de la mort d'Anthony Saumen, ce salarié de Gépor décédé au port d'Illange en décembre 2009. Onze années de bataille judiciaire ont été nécessaires pour que la justice se prononce enfin. 

Le palais de justice de Thionville.
Le palais de justice de Thionville. © France Télévisions
C'est ce lundi 23 novembre 2020 que le tribunal correctionnel de Thionville va rendre son jugement dans l'affaire de la mort d'Anthony Saumen. Le jeune homme, salarié de l'entreprise Gépor, est mort noyé dans le port d'Illange en décembre 2009.
Retour sur ces onze années d'une véritable bataille judiciaire.

Noyade dans la Moselle

Les faits remontent à la nuit du 16 décembre 2009.
Ce soir-là, Anthony Saumen, 28 ans, employé par la société Gépor, filiale d'Arcelor-Mittal, conduit un engin de chantier sur le port d'Illange en Moselle. Soudain le locotracteur -qu'il pilote en marche arrière pour déplacer des wagons de charbon- déraille avant de chuter dans les eaux glacées de la Moselle. Si l'engin sera retrouvé quelques heures plus tard, il faudra plusieurs semaines pour que le corps d'Anthony soit repêché, au début du mois de février. 

Feuilleton judiciaire

Dans un premier temps en 2011, l'enquête préliminaire est classée sans suite.
Mais les parents d'Anthony vont porter plainte en 2014 et le dossier va être rouvert. En 2018, nouvelle désillusion pour la famille du jeune homme : un non-lieu est prononcé par la justice. Là encore, les Saumen font preuve de persévérance et obtiennent gain de cause avec le renvoi, devant le tribunal correctionnel de Thionville pour homicide involontaire, du chef d'unité logistique, en poste au moment du drame. Puis un peu plus tard de la société Gépor. En novembre 2019, dix ans après le décès de leur fils, les parents expriment devant la caméra de France 3 Lorraine leur soulagement de voir enfin un procès se tenir.

On espère qu'on va voir le bout du tunnel et qu'on va pouvoir rendre hommage à notre fils.

Gisèle Saumen, mère d'Anthony

Et Claude le père d'ajouter: "Les non-lieux qu'il y a  eu avant, c'est comme si notre fils s'était suicidé, aucune faute de l'employeur". Les parents ajoutant en coeur: "Pour nous, il y a des lacunes au niveau de la sécurité".

Un procès onze ans après l'accident 

Après plusieurs renvois, c'est finalement le 28 septembre 2020 que se déroule le procès, sans le père d'Anthony décédé entre-temps.
Au cours de cette audience, les débats ont porté sur les conditions de sécurité du chantier et sur le fait de savoir s'il y avait eu des négligences. L'avocate des Saumen, Christelle Merll, a évoqué "un faisceau d'erreurs, d'imprudences et de carences" comme le raconte le Républicain Lorrain. De leur côté, les avocats de la défense ont affirmé que les équipements n'étaient pas en cause et ont demandé la relaxe de leurs clients. 

A l'issue des débats, la vice-procureure de Thionville a estimé que la faute était caractérisée et a requis un an de prison avec sursis ainsi qu'une amende de 8 à 10.000 euros à l'encontre de l'ancien chef logistique. Une peine d'amende c'est aussi ce qui a été requis contre la société Gépor. Le jugement sera rendu ce lundi 23 novembre pratiquement onze ans après l'accident du travail qui a coûté la vie à Anthony Saumen.

 
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