REPLAY - Municipales 2020 : ce qu'il faut retenir du débat à Thionville

Replay. Jeudi 18 juin, les trois candidats qualifiés pour le second tour des élections municipales à Thionville (Moselle) se sont réunis sur le plateau de France 3 Lorraine pour débattre pendant trente minutes. Plusieurs thèmes ont été abordés. Voici ce qu’il faut en retenir.
 

 

A Thionville, le second tour de l’élection municipale prend la forme d’une triangulaire. La liste divers centre ‘’Thionville au Cœur’’ du maire sortant Pierre Cuny est arrivée en tête avec 32.9% des suffrages, devant la liste divers droite ‘’Thionville le renouveau’’ de Patrick Luxembourger (23.45%) et la liste divers gauche ‘’Thionville citoyens’’ de Bertrand Mertz (19.85%)

Ce Jeudi 18 juin 2020, les trois candidats se sont retrouvés sur le plateau de France 3 Lorraine. Un débat centré sur le passé et qui laisse finalement peu de place à l’avenir et aux propositions des candidats.

La fiscalité et les finances de Thionville

Lors de ce débat, Bertrand Mertz et Pierre Cuny se sont livrés à une joute verbale où chacun a défendu le bilan de son mandat. Une véritable bataille de chiffres s’est engagée entre les deux candidats. Pierre Cuny n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur l’ancien maire de la ville (2008-2014) : ‘’En 2014, quand on est arrivés, on n’a pas eu besoin de faire un audit des finances puisque nous avons été convoqués par la direction des finances publiques pour nous dire qu’on était en alerte rouge. On faisait partie des 10% des villes les plus endettées’’, explique-t-il.

 

Une attaque frontale visiblement attendue par son adversaire, qui a dégainé l’artillerie lourde pour riposter. Un schéma rouge et bleu est même pointé sous le nez du maire sortant. ‘’ Sur la question de la dette, c’est très simple, depuis 2014 la municipalité de monsieur Cuny a essayé de trouver une situation catastrophique et que j’en serai le responsable… Je refuse d’assumer cette dette de quinze millions d’euros puisqu’il s’agit du parking des Capucins qui a été voulu par monsieur Demange… donc Monsieur Cuny qui est aujourd’hui la continuation. Je me suis battu contre le projet des Capucins, j’ai voté contre… Je n’ai pas à assumer le coût d’un investissement que je n’ai pas voulu, bien construit sous mon mandat mais décidé sous la municipalité Demange contre ma volonté’’.

Pierre Cuny n’épargne également pas Patrick Luxembourger, le candidat inattendu de cette campagne et ancien maire de Terville : "Quand je regarde la profil de la taxe d’habitation à Terville, elle a été augmenté en 2001 et 2016. Aujourd’hui, à Terville, la taxe foncière est trois points et demi au-dessus de la taxe foncière de celle de Thionville’’. Patrick Luxembourger, dans un calme olympien, lui répond simplement pour tenter de le décrédibiliser : ‘’Dans deux ans, la dette de la ville de Terville sera de zéro alors que c’était la ville la plus endettée de France. Il y a deux ans, l’administration des finances de l’Etat nous a félicité pour le remarquable travail que nous avions fait. Elle souhaitait même me féliciter pour accompagner certaines communes dans leur redressement ! Essayez de faire croire que je ne suis pas un bon gestionnaire ne me parait pas être un propos sérieux. A Thionville, la question de la responsabilité de qui a fait quoi ne me semble pas très importante, la question, c’est l’avenir. Or, aujourd’hui, quand je regarde la situation en tant que technicien expérimenté, la situation est assez grave.’’

Concernant la taxe d’habitation, Pierre Cuny annonce vouloir la supprimer pour tous les thionvillois s’il brigue un nouveau mandat : ‘’82% des thionvillois ne paieront plus du tout de taxe d’habitation en novembre. Et dans les trois ans à venir, les 20% qui restent n’en paieront plus !’

 

 

L’attractivité à Thionville 

‘’L’affaire’’, qui a entachée la campagne au premier tour, est bien entendu remise sur la table par le candidat de gauche Bertrand Mertz : ‘’Monsieur Cuny, il fait beaucoup d’autosatisfaction. Mais à part la carte blanche donnée aux promoteurs immobiliers, il ne s’est pas passé grand-chose’’, lance-t-il. Pierre Cuny tente alors de le décrédibiliser une nouvelle fois en mentionnant un Plan local d'urbanisme (PLU) de 2013. ‘’Je rappelle que Monsieur Mertz a voté un un PLU qui autorisait trois à quatre fois plus de construction de ce que j’autorise aujourd’hui… Donc cette rengaine sur les promoteurs immobiliers, il faut arrêter et avancer’’ renchérit Pierre Cuny en taclant au passage Bertrand Mertz sur la fusion de sa liste avec celle du candidat écologiste Guy Harau.

Place à l’avenir et au programme. Concernant l’attractivité de la ville, Pierre Cuny explique enfin qu’il souhaite ‘’des actions majeures avec 80 millions d’investissements de la part de la ville… C’est le développement de la rive droite et de la rive gauche qui est lancé, c’est la restructuration de la côte des Roses dès 2021. Et beaucoup de choses se feront sur le plan environnemental : on lance la collecte des bio déchets…’’

Nouveau pique de Bertrand Metz envers le maire sortant. L’occasion de mentionner le volet écologique de son programme : ‘’Il faut faire une ville écologique avec des normes environnementales, il ne faut pas se saisir de chaque vide dans la ville pour y construire, il faut faire de l’accession à la propriété au coût locatif, il ne faut pas faire que des logements à 4.000 euros m2 mais aussi permettre aux gens de devenir propriétaire de leurs logement pour un remboursement de prêt pas plus important que le loyer qu’ils paieraient pour ce logement…’

 

 

Pour Patrick Luxembourger, Thionville est une ville laissée à l’abandon. S’il est élu, la proximité et les services à la personne seront à l’ordre du jour : ‘’La situation en termes d’entretiens est préoccupante et les habitants demandent de la prestation de service. Dire que le centre-ville va bien est une illusion d’optique. C’est un phénomène inquiétant pour la commune, ses habitants et pour l’ensemble des communes du secteur… La vitalité du centre de Thionville est déterminante pour la vitalité de l’ensemble de notre bassin. Oui, la situation est grave, il suffit de s’y promener !’’, s’alarme-t-il.

Bertrand Mertz partage son avis. Il souhaite coûte que coûte ‘’remettre de la vie dans cette ville qui en manque cruellement… La situation est pire que jamais, il faut développer des stratégies, faire du centre-ville un lieu de culture et de distraction pour donner aux gens envie d’y venir’’.

"L'affaire" qui a entaché la campagne du premier tour
L'irruption dans la campagne de Patrick Luxembourger, le maire de Terville qui ne se représentait pas dans sa ville est motivée, selon l'intéressé, par la volonté de ne pas voir Thionville tomber aux mains de la Gauche et de Bertrand Mertz. Bien que Pierre Cuny semble favori, Patrick Luxembourger prédit en effet qu'une affaire de corruption pourrait éclater, entachant la réputation d'une partie de l'équipe du maire de Thionville, lui faisant ainsi perdre l'élection au profit de Bertrand Mertz. Dès lors, Patrick Luxembourger décide de se présenter, le 27 février, quinze jours avant le scrutin, pour se poser comme un recours à droite.

De quelle affaire s'agit-il ?

Patrick Luxembourger évoque une rumeur qui a couru sur Thionville les mois qui ont précédé le scrutin. Selon cette rumeur, étayée en partie seulement par un article parue par la suite dans un quotidien régional, un promoteur bien connu sur la ville aurait bénéficié de favoritisme. Une fête aurait même eu lieu à Marrakech avec des élus parmi les invités.

Redoutant qu'une affaire de corruption éclate au grand jour, Patrick Luxembourger lance alors sa campagne. Alors qu'un premier article parait dans le Républicain Lorrain sur cette affaire ( d'autres devraient suivre ), le 8 mars, soit une semaine avant le premier tour,  Pierre Cuny contre-attaque et dépose plainte contre X  deux jours plus tard, le 10 mars, pour dénonciation calomnieuse, documents à l'appui. Collusion, favoritisme, voire corruption, ou pas, l'affaire se réglera devant la justice.
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