Un ex-ingénieur d'ArcelorMittal condamné à trois ans de suivi socio-judiciaire pour voyeurisme aggravé, il filmait ses collègues aux toilettes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yves Quemener .

Un ancien ingénieur d'ArcelorMittal en Moselle a été condamné mardi 25 janvier par le tribunal correctionnel de Thionville, à trois ans de suivi socio-judiciaire, pour voyeurisme aggravé. Il était poursuivi pour atteinte à l’intimité de la vie privée et détention d’images à caractère pédopornographique. Il filmait les femmes de l'entreprise aux WC.

Un ex-ingénieur d'ArcelorMittal à Gandrange a été condamné mardi 25 janvier 2023 par le tribunal correctionnel de Thionville, à trois ans de suivi socio-judiciaire, pour voyeurisme aggravé, avec obligation de soins. Il devra aussi indemniser les victimes à hauteur de 2.000 euros chacune. Il sera  inscrit au ficher des délinquants sexuels.

Les faits remontent à 2021. C'est le journal Aujourd'hui en France qui révèle l'histoire.

Une employée du site ArcelorMittal de Gandrange (Moselle), alors qu’elles se trouvait dans les WC, affirme avoir plusieurs fois aperçu une silhouette faufilant un téléphone portable sous la porte des toilettes. Elle avertit le responsable de la sûreté. Une enquête est ouverte en interne. Les employées féminines ne sont pas nombreuses.

Rapidement, les soupçons se portent vers un ingénieur. Il a déjà fait l’objet d’une mise à pied. Il aurait téléchargé sur son lieu de travail et avec l'ordinateur de l’entreprise, plusieurs films pornographiques. 

Les visages des victimes ne sont pas visibles. Mais les enquêteurs retrouvent rapidement l’identité de l’auteur. Car sur une vidéo, il retourne le téléphone vers lui. Florent C. est tout de suite identifié par un responsable de la sûreté. Il est interpellé et placé en garde à vue.

Maintenant, il est intéressant de constater qu’il y a une vraie solidarité entre les victimes. Il filmait quand même un nombre considérable de vidéos

Thomas Hellenbrand, avocat des victimes

L’affaire a alors fait ressurgir plusieurs autres témoignages. Puis, quelques mois plus tard, une autre employée vient se plaindre à la DRH. Alors qu’elle se trouvait dans des WC du premier étage, elle aussi, a aperçu un individu glisser son smartphone au-dessus de la porte. Sans voir son visage. Elle décide alors de porter plainte. Quatre employées se reconnaissent sur les images et trois d’entre elles portent plainte.

Une enquête préliminaire pour voyeurisme aggravé est ouverte par le parquet. 50 Go de photos et de vidéos de femmes en train d’uriner dans les toilettes de l’entreprise sont ainsi découvertes. Cela correspond à 107.577 photos et 206 vidéos. "Le préjudice est bien plus important qu’on ne peut le penser. Aujourd’hui, c’est même handicapant pour ces femmes dans la vie de tous les jours, à partir du moment où on rentre dans votre intimité", explique Thomas Hellenbrand, avocat des victimes, joint par téléphone par France 3 Lorraine.

Un trou percé dans le mur des toilettes 

La direction des ressources humaines aurait préféré régler l’affaire en interne. Et ne pas en référer aux autorités judiciaires. "Je pense que dans un premier temps, même si la direction a fait le nécessaire, elle a peut-être sous-estimé le préjudice. En tous cas, ce n’est pas un acte isolé". Florent C. a été licencié d’ArcelorMittal. Une cellule psychologique a été mise en place sur le site. "En dehors du domicile, par exemple au restaurant, désormais, ces femmes ont peur d’aller aux toilettes. Maintenant, il est intéressant de constater qu’il y a une vraie solidarité entre les victimes. Il filmait quand même un nombre considérable de vidéos".

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