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Le moustique tigre s'apprête à passer sa deuxième saison à Saint-Louis

Le moustique tigre, Aedes albopictus, et sa bande blanche sur le thorax le différencie des autres espèces / © Philippe Lambert, Maxppp
Le moustique tigre, Aedes albopictus, et sa bande blanche sur le thorax le différencie des autres espèces / © Philippe Lambert, Maxppp

Le moustique tigre a colonisé la ville de Saint-Louis, dans le Haut-Rhin, en 2018 et n'en partira plus. A cause d'une météo printanière défavorable, il n'est pas encore actif mais il va s'envoller dès les beaux jours revenus, pour piquer, pondre et se reproduire.

Par vincent.lemiesle

"Préparez-vous aux attaques du moustique tigre", ce pourrait être le mot d'ordre lancé aux habitants de Saint-Louis, en ce mois de juin plutôt maussade. Car dès le retour d'une météo plus favorable, il faudra compter sur la vivacité de ce moustique pour faire sa réapparition. L'aedes albopictus, de son nom savant, a en effet été détecté, pour la première fois l'année dernière, en 2018, ici dans ce coin de l'Alsace. Sachant qu'en général il s'installe définitivement là où il a déjà fait son nid, on peut prédire avec certitude qu'il va taper l'incruste à Saint-Louis, définitivement. 

"Il avait fait une première apparition en 2017 à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. On avait réussi ici à le contenir. Puis du côté suisse, à Bâle, l'année suivante, tout près de la frontière, explique Philippe Knibiely, adjoint au maire de Saint-Louis. Mais en 2018, les pièges pondoirs installés par la brigade verte ont révélé sa présence de ce côté français de la frontière, dans une zone extrêmement limité à Saint-Louis."
 
Une centaine de pièges pondoir ont été disséminés dans le Haut-Rhin par les brigades vertes / © DR
Une centaine de pièges pondoir ont été disséminés dans le Haut-Rhin par les brigades vertes / © DR

Pour tenter de contenir au maximum l'expansion du moustique tigre, les agents de la brigade verte du  Haut-Rhin font, depuis, un travail de sensibilisation auprès la population. Des prospectus explicatifs sur le mode de reproduction du moustique sont distribués, des agents font du porte à porte chez les propriétaires de maison avec jardin pour donner les consignes utiles à savoir. 
 
Prospectus distribués aux habitants de Saint-Louis édités par les Brigades Vertes / © DR
Prospectus distribués aux habitants de Saint-Louis édités par les Brigades Vertes / © DR

"On peut essayer de limiter sa présence en supprimant tous les gîtes larvaires potentiels, les endroits où éclosent les œufs. C'est-à-dire tous les points d'eau, de 2 cm3 à plusieurs litres comme les bouteilles qui trainent, les gouttières bouchées, les pneus ou les jouets abandonnés cassés dans le jardin", explique Thomas Krebs, technicien de la brigade verte au service démoustication.

Pourquoi lutter plus spécifiquement contre cette espèce de moustique ? "Parce que c'est une espèce urbaine, on ne la trouve pas en zone rurale, et très "nuisante". Elle pique du matin au soir, contrairement aux autres espèces qui ne piquent que la nuit. Pour les habitants, c'est une gêne qui nuit fortment à leur confort de vie, d'autant que les piqûres sont très incommodantes."

La deuxième raison est d'ordre sanitaire : le moustique tigre est un vecteur potentiel d’agents pathogènes, comme la dengue, le virus zika ou le chikungunya. "Nous sommes chargés de surveiller les déclarations de maladies tropicales pour éviter toute épidémie", explique Thomas Krebs. 
 
Carte de répartition du moustique tigre sur le territoire français / © DR
Carte de répartition du moustique tigre sur le territoire français / © DR

Pour Philippe Knibiely, le moustique tigre "finira de toute façon par s’installer sur tout le territoire". Cette espèce invasive "a pour elle le réchauffement climatique".  De fait en Alsace, l'espèce est déjà installée depuis plusieurs années sur trois autres communes: dans le Bas-Rhin à Schiltigheim, à Holtzwihr et Wickerschwihr, dans le Haut-Rhin à côté de Colmar, depuis 2016. L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition en allant sur le portail de signalement mis en place par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

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