Nancy : ruée chez les coiffeurs, "les clients ne veulent pas passer le reconfinement avec leurs racines"

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Écrit par Anne-Laure Chery
A Bar-le-Duc, Laure Georges travaille non-stop.
A Bar-le-Duc, Laure Georges travaille non-stop. © Lodoïs Gravel

Haro sur les racines! La peur d’un reconfinement se fait sentir chez les coiffeurs qui voient augmenter leur nombre de rendez-vous cette semaine du 26 janvier 2021. Pour les salons d’esthétique, c’est plus compliqué. Prendre soin de soi en période de crise devient non essentiel.

"Depuis dimanche, ça n’arrête pas", explique Luigi, un des figures des salons de coiffure à Nancy. "Les clientes ont peur de passer le confinement avec leurs racines." 
Du coup, il faut jongler pour caser des rendez-vous dans un planning aux horaires réduits. "Les clients ne viennent plus en fin d’après-midi et le samedi ils font leurs courses". Le patron du salon Luigi Carla évalue son chiffre d’affaire du mois de janvier à 30% de moins et dit en avoir un peu marre de "faire le vigile" pour faire respecter les règles sanitaires.

Fatigue aussi pour Hélène Meunier, la patronne de L’authentique coiffure à Bar-le-Duc: "On bosse sans s’arrêter puis on nous empêche complétement de travailler pour retravailler sur les chapeaux de roues. Le corps à un moment est fatigué. Les clients sont fatigués. Le moral de tout le monde s’en ressent. Vivement que ça se termine."

Les clients prennent les devants

Damien, salarié de Mary coiffe les hommes à Nancy explique: "ils nous disent qu’ils sont surtout contents de venir avant que ça ferme".
Au salon Côté cour également le téléphone n’arrête pas de sonner. Ludovic Jacquemin explique : "les gens sont plutôt résignés. Ils nous disent qu’un autre confinement ça va être dur alors ils prennent les devants pour ne pas déprimer et en ressortir avec une tête pas possible".
Mélanie, une cliente du salon LauréArt de Bar-le-Duc, précise, des papillotes plein la tête: "pour le premier confinement, je n'avais pas anticipé et c'était long. Le coiffeur ça reste quand même essentiel". 

"A l’annonce du 2e confinement, le lendemain on était débordés de coups de fils", explique Linda Djellal, du salon d’esthétique A’corps beauté de Nancy. Alors quitte à être enfermé, est-ce qu’on néglige ses poils ? L’an passé, des sondages ont montré que les femmes abandonnaient plus facilement le soutien-gorge en restant à la maison avec le confinement et le télétravail. Pour l’épilation, il reste des réfractaires : "pour les femmes c’est psychologique. Elles dépriment à l’idée de passer plusieurs semaines sans être épilées".
Chez Mélanie Feutry, esthéticienne a son compte à Bar-le-Duc, les clientes se précipitent pour se faire retirer leurs faux ongles en prévision d’un nouveau confinement.

Peur du contact rapproché

Le sentiment est différent pour Martine Goery qui est à la tête des salons de beauté Poudre de coton à Nancy et Grain de beauté à Epinal. Elle vient de raccrocher avec un cliente qui a annulé son rendez-vous par peur des contacts rapprochés.
Elle explique : "en ce moment les femmes classent le soin de leur corps dans le non essentiel comme elles n’ont pas de projet de vacances, de cérémonie ou soirée qui nécessitent une mise en beauté… Il n’y a pas besoin de penser à rentrer dans son maillot de bain."

"C’est superflu l’esthétique, surtout en ces périodes de crise",

Elena, patronne d’institut à Laxou

La menace du reconfinement plane aussi sur les soins au long cours. "Pour les traitements d’amincissement ou de régénération visage, il faut partir sur plusieurs semaines et avoir de la régularité. Les clientes annulent car elles ne veulent pas débuter quelque chose qu’elles vont devoir interrompre", rajoute Martine Goery.

 

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