Grand Est : après les déclarations de Jean Castex contre les grandes régions, les élus Lorrains réagissent

Samedi 23 Janvier, le premier ministre Jean Castex a déclaré à Colmar dans le Haut-Rhin qu'il n'avait jamais été convaincu par les grandes régions qui selon lui ne correspondent à aucune légitimité historique. Une prise de position qui a suscité de nombreuses réactions politiques en Lorraine. 

Jean Castex, ce samedi 23 janvier, à Colmar
Jean Castex, ce samedi 23 janvier, à Colmar © FTV

C'est une petite phrase de Jean Castex prononcée samedi 23 janvier à Colmar au siège de la Collectivité Européenne d'Alsace (CEA) qui n'est pas passée inaperçue en Lorraine. Alors qu'a dit exactement le premier ministre le week-end dernier dans le Haut-Rhin ? 

Devant les élus de cette entité politique d'un nouveau genre, Jean Castex s'est exprimé ainsi: "La réforme de 2015 a fort légitimement été très mal vécue ici. Je vais vous faire une confidence, puisqu'on est entre nous : je n'ai jamais été convaincu par ces immenses régions, dont certaines ne correspondent à aucune légitimité historique et surtout ne me paraissent pas répondre aux besoins grandissants de nos concitoyens pour une action publique de proximité." 

Jean Rottner visé ? 

Des propos qui ont fait bondir Jean Rottner, le président (LR) de la région Grand Est. Invité du Grand Jury sur LCI dimanche 24 janvier, il a réagi en disant que Jean Castex "a fait de son déplacement plutôt un déplacement politique lié à une réforme territoriale, il a parlé à titre personnel mais est-ce qu'un premier ministre s'exprime à titre personnel? Je ne pense pas. "

Le maire de Metz François Grosdidier (LR) a également réagi en indiquant sur twitter: "Par la voix de Jean Castex, l'Etat ouvre la perspective d'un démantèlement de la région Grand Est qu'il a lui-même imposé aux Lorrains". Et Patrick Thil son adjoint à la culture à la ville de Metz d'ajouter: " Pour moi c'est un coup bas politique contre notre président Jean Rottner. Par démagogie, il ouvre la boîte de pandore d'une possible réforme des régions en laissant entrevoir une sortie du nouveau département d'Alsace du Grand Est". Ce matin d'ailleurs, Frédéric Bierry le président (LR) de la nouvelle collectivité alsacienne a enfoncé le clou en appelant sur la chaine Public Sénat au démembrement de l'actuelle Région Grand-Est. 

Mauvais timing selon Mathieu Klein

Interrogé, le maire de Nancy Mathieu Klein (PS) estime pour sa part que le moment n'est pas du tout opportun pour remettre une fois encore le sujet de la réforme territoriale sur la table: "C'est une fausse bonne idée de rouvrir cette discussion sur la taille des régions. J'en ai plus qu'assez de tous ces débats autour d'une énième réforme territoriale.
 

Actuellement ce n'est pas le sujet de préoccupation de nos concitoyens

Mathieu Klein, maire de Nancy

 Notre objectif commun c'est de faire réussir ces grandes régions de façon à ce qu'elles soient performantes".

Jean Castex et Frédéric Bierry lors de la visite du premier ministre samedi 23 janvier à la communauté européenne d'Alsace
Jean Castex et Frédéric Bierry lors de la visite du premier ministre samedi 23 janvier à la communauté européenne d'Alsace © Vanessa Meyer / MaxPPP

Autre réaction celle du sénateur de droite de la Moselle Jean-Louis Masson qui dans un communiqué exprime sa satisfaction: " Je ne soutiens pas la majorité gouvernementale mais je dis très clairement bravo monsieur le premier ministre. En effet, pour la première fois depuis la fusion autoritaire des régions et la création du Grand Est, un premier ministre a le courage et l'hônneteté d'affirmer que le Grand Est est une aberration incompatible avec une action publique de proximité." Rappelons que le Grand Est a vu le jour le 1er janvier 2016 suite à la fusion des anciennes régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne.

 

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