Nordahl Lelandais a-t-il tué l'Alsacien Thomas Rauschkolb ?

Nordhal Lelandais aurait-il fait une autre victime ? L’assassin présumé de la petite Maëlys a peut-être croisé la route de Thomas Rauschkolb, un jeune Alsacien retrouvé mort dans des circonstances mystérieuses en 2015 en Savoie. Le corps de ce dernier vient d'être exhumé.

Thomas Rauschkolb.
Thomas Rauschkolb. © Francis Rauschkolb

Le 9 mars dernier, le corps de Thomas Rauschkolb a été exhumé au nouveau cimetière de Schiltigheim (Bas-Rhin), à la demande du juge d’instruction de Chambéry, afin de pratiquer une autopsie de la dépouille. La justice veut ainsi obtenir des éléments pour savoir si la mort du jeune Alsacien est ou non accidentelle. Les parents ne croient pas à cette thèse. Thomas Rauschkolb aurait croisé la route de Nordahl Lelandais, le meurtrier présumé de la petite Maëlys. L'avocat de la famille, maître Boulloud, a déposé une plainte contre X pour meurtre et saisi un juge d'instruction.

Il y a trop d'incohérences

Francis Rauschkolb, le père de la victime

Thomas Rauschkolb a été retrouvé mort en Savoie, le 28 décembre 2015, sur les berges de la rivière du Sierroz, à Grésy-sur-Aix. Le corps du jeune homme a été découvert dans un torrent après avoir franchi "deux palissades", dont une où il a laissé une ceinture. "Il fuyait quelqu'un, c'est obligatoire", estime Me Boulloud, l'avocat du père des parents. La veille, il avait passé la soirée dans la boîte de nuit Le Studio 54. Les gendarmes ont conclu que la victime, en état d’ébriété, avait fait une chute accidentelle d’une hauteur de 13 mètres.

Un scénario auquel le père de Thomas n’a jamais crû : "Les gendarmes ont conclu à une mort liée à une chute dûe à l’alcoolémie et n’ont jamais démordu de cette théorie. Pour moi, impossible !" explique Francis Rauschkolb que France 3 Alsace a rencontré. "La conclusion des gendarmes est trop rapide et il y a trop d’incohérences par rapport à l’endroit où ils ont retrouvé Thomas."

"Au départ, je n’ai pas pensé à la piste criminelle", poursuit le père du jeune homme. "Je me suis dit que s’il s’est retrouvé là c’est parce qu’il y avait un chien qui l’avait coursé et qu’il avait essayé de lui échapper. Longtemps après, j'ai entendu parler de l’affaire Maëlys, puis de celle du caporal Noyer qui fréquentait les discothèques du coin, et de Nordhal Lelandais, qu’il était maître-chien, ça fait deux points un peu trop rapprochés pour laisser passer cette piste là. La gendarmerie m’a dit que ce n’était pas forcément une mauvaise idée de chercher de ce côté-là. Donc c’est moi qui ai fait leur travail d’investigation et d’hypothèse."

Moi j’étais persuadé qu’il fuyait quelque chose. L’endroit où il a été retrouvé [ndlr : il a dû franchir une propriété privée pour accéder au lieu où son corps a été retrouvé], il n’est pas éduqué pour rentrer dans la propriété des gens, et le fait de sauter une première palissade, de passer un grillage, pour quelqu’un qui ne sait plus ce qu’il fait, en état d’ébriété, je trouve ça énorme. Ça me parait peu probable qu’il y aille sans raison valable. Il a passé ce grillage sans abimer ses habits".

Nordahl Lelandais avait ses habitudes dans la discothèque en question. Mais selon plusieurs sources judiciaires, aucun élément de ce dossier ne permet de le mettre en cause. L'ancien maître-chien, âgé de 38 ans, qui a avoué avoir tué "involontairement" la petite Maëlys en août 2017, sera jugé en mai à Chambéry pour le meurtre du caporal Arthur Noyer en mars 2018. Plusieurs autres dossiers de meurtres et disparitions énigmatiques dans les départements environnants ont été ouverts par les enquêteurs, laissant penser qu'il aurait le profil d'un tueur en série.

 

 

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