Parcoursup : suite au cas Sorenza à Reims, les explications générales du rectorat 

Depuis 2018, date à laquelle Parcoursup est devenu le moyen pour les lycéens d’accéder à l’enseignement supérieur, chaque ouverture de la plateforme, à la validation des inscriptions, génère son lot de satisfactions, mais aussi de désillusions et de déceptions.
Le Rectorat à Reims
Le Rectorat à Reims © France Télévisions

Il y a quelques jours, nous vous racontions l'histoire de Sorenza Lafargue, 18 ans, cette élève en terminale L au lycée Marc Chagall de Reims (Marne). Malgré plus de 16,5 de moyenne générale, elle n'avait vu aucun de ses dix voeux favoris être retenu sur Parcoursup et avait tweeté son incompréhension. Son message avait alors comptabilisé plus de 2 millions de vues. 

Nous avons donc sollicité la responsable Parcoursup au rectorat, dans l’académie de Reims, pour tenter d’apporter des réponses aux interrogations et pondérer des réactions, parfois vives, qui circulent sur les réseaux sociaux. Yoril Baudoin, cheffe du service académique d'information et d'orientation de l'académie de Reims, n’a pas souhaité s’exprimer sur le cas particulier de Sorenza Lafargue. Elle préfère rappeler la procédure de fonctionnement de la plateforme, ouverte aux inscriptions depuis le 20 mai dernier.

"Il est d’abord faux de croire que Parcoursup décide de l’orientation des candidats. Parcoursup procède à la mise en adéquation des classements faits par les établissements d’une part, après étude des dossiers, et les voeux des candidats, d’autre part", démarre-t-elle.

Au 20 mai 2020, sur le plan national, on estime à 1,5 millions, les propositions d’admission (soit une ou plusieurs propositions par jeune). 453.000 lycéens ont pu valider, dès le premier jour de l’ouverture des inscriptions, leurs propositions d’admission. Des validations définitives ou bloquées pendant quelques jours en attendant de pouvoir être pris, pour les candidats placés sur liste d’attente. Une actualisation est donc effectuée, tous les jours sur la plateforme, au gré des validations définitives et des refus. Cette phase qualifiée de "principale" s’étale jusqu’au 17 juillet prochain.

 

En toute transparence 

Ensuite, la Charte de la procédure nationale de préinscription Parcoursup entend garantir la transparence, tant dans les caractéristiques des formations (attendus nationaux et locaux) que dans l’organisation de chaque formation. Elles sont les mêmes pour tous. "Elle donne ainsi le droit au candidat refusé dans une formation sélective, de demander à l’établissement, les critères de décision." Ces formations, pour lesquelles il y a un nombre limité de places, attirent beaucoup de jeunes. La concurrence y est d’autant plus forte. 

"Lorsque l’état d’urgence sanitaire a été décrété, certaines procédures d’inscriptions ont du être écourtées, privées notamment des entretiens en présentiel. Mais les candidats en ont été informés. Il leur a été donné le choix de continuer en l’état ou d’annuler leurs inscriptions. Chaque jeune qui met un voeux dans son panier, sait les critères de sélection et connaît les chiffres d’admission de l’année précédente", poursuit Yoril Baudoin.

De l’avis de la cheffe du service académique d'information et d'orientation de l'academie de Reims, beaucoup d’informations, incorrectes ou erronées circulent, à propos des procédures d’admission. Il semble, par exemple "impossible que d’un établissement à l’autre, un dossier moins bien noté soit plus favorisé qu'un dossier mieux noté."

Un argument avancé par Sorenza concernant le cas du Réseau Sciences-Po, qui, du fait de la crise sanitaire, a remplacé son concours écrit par un examen des dossiers des candidats. Un réseau qui concerne sept de ses dix choix, complétés par Sciences-Po Paris, et deux licences de l'Université Panthéon Sorbonne, une université pour laquelle elle est sur liste d'attente en 8.000e position !
 

Entre le stress de la crise sanitaire et celui de Parcoursup, pas facile pour les lycéens !
Entre le stress de la crise sanitaire et celui de Parcoursup, pas facile pour les lycéens ! © Thierry Doudoux/France Télévisions

 

Pour les refoulés en phase principale, tout n’est pas perdu

"La phase principale d’inscription s’achève le 17 juillet prochain, mais une autre phase dite "complémentaire" donne la possibilité à ceux qui n’auraient pas obtenu satisfaction, de reformuler leurs voeux , jusqu’au 13 septembre. Pour les situations particulières, ceux qui n’auraient, malgré tout, aucune solution d'inscription, la Commission d’Accès à l’Enseignement Supérieur étudiera les dossiers au cas par cas. Il s’agira de les accompagner afin de trouver, avec eux, une formation, proche de leurs souhaits, mais pour lesquelles ils n’auront pas postulé", conclut Yoril Baudoin.
 

 

 

Un outil de tri social selon le SNES-FSU

Avec autant de demandes à satisfaire, difficile de ne faire que des heureux et le système Parcoursup, comme son prédecesseur Admission Post Bac est donc la proie de critiques. Le SNES-FSU, syndicat national des enseignants de second degré, a ainsi exprimé, dès le départ, en 2018, son opposition au classement des dossiers par les commissions d’université (l'ancien système utilisait le tirage au sort pour les filières en tension), ce pour "permettre l’accès à tous et a toutes à l’enseignement supérieur, dans la filière du choix de l’élève".  

Considéré comme "un outil de tri social" par le syndicat, le système Parcoursup, selon lui "n'est pas un outil d’orientation, mais bien un outil de sélection" (bulletin du 28 août 2019). Il remet d’ailleurs en cause les "algorithmes locaux" (utilisés par les commissions d’examen) et milite pour qu’ils soient rendus publiques, ce que recommande d’ailleurs la Cour des Comptes, dans son rapport 2020.

Toujours dans un souci d’équité sociale, le SNES mettait en garde, le 1er avril dernier, contre les effets du confinement sur les lycéens, leurs familles ainsi que sur les enseignants siégeant dans les commissions, et demandait un report de la procédure d’affectation. Le risque étant une augmentation des inégalités devant les solutions offertes en échange, pas toujours accessibles à tous.

Quant à Sorenza, sa situation n'a pas évolué à la date du 2 juin 2020. Refusée dans les différents Sciences-Po, elle va leur adresser une demande d'explication, tout comme au rectorat, dans l'espoir d'y voir plus clair. Car, elle le réaffirme : "suite à mon message, j'ai été contacté par des gens qui avaient de moins bonnes notes que les miennes et qui ont été acceptés dans des formations que je demandais. Peut-être y a-t-il un impact du fait de la localisation géographique, ce sont des gens qui sont plus proches de Paris que moi. En tout cas, je ne trouve pas ça juste !"
 

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