L'ex-députée LREM Martine Wonner participe à la création d'un nouveau groupe parlementaire à l'Assemblée nationale

Martine Wonner (2e en partant de la droite) avec quelques-uns des membres du groupe Ecologie Démocratie Solidarité / © Chloé Prudhomme/ document remis
Martine Wonner (2e en partant de la droite) avec quelques-uns des membres du groupe Ecologie Démocratie Solidarité / © Chloé Prudhomme/ document remis

La députée ex-LREM de la 4e circonscription du Bas-Rhin Martine Wonner ne sera pas restée longtemps sans groupe à l'Assemblée Nationale. Elle fait partie , depuis ce mardi 19 mai, du nouveau groupe Ecologie Démocratie Solidarité (EDS). Il comprend 17 députés issus de la LREM mais pas uniquement.

Par Caroline Kellner

L’annonce officielle a eu lieu ce mardi 19 mai : l’Assemblée nationale compte un nouveau groupe. C’est le neuvième. Parmi les 17 députés fondateurs, des membres anciens et actuels de LREM, mais pas seulement. Il y a aussi Delphine Batho l’ex- ministre PS de l’environnement. Et Martine Wonner, la députée de la 4e circonscription du Bas-Rhin, récemment exclue du groupe LREM pour avoir voté contre le plan de déconfinement du gouvernement.

Martine Wonner avait prévenu, elle prendrait le temps de la réflexion pour décider de la suite. Mais après son exclusion du groupe LREM de l’Assemblée nationale, et son départ du parti majoritaire, la députée alsacienne s’est très vite rendu compte qu’elle n’existerait pas en tant que non-inscrite. «Et ça, c’était impossible pour moi de ne pas faire entendre la voix de mes électeurs» déclare-t-elle.
Martine Wonner à l'Assemblée nationale / © Vincent Isore/Maxppp
Martine Wonner à l'Assemblée nationale / © Vincent Isore/Maxppp

Elle a eu plusieurs appels du pied, de différents groupes de l’Assemblée, mais finalement c’est sur ce tout jeune groupe où il y a tout à faire qu’elle a porté son choix. « Nous avons les mêmes valeurs, les mêmes combats, explique-t-elle, et surtout, nous avons un projet politique 
 


Un projet autour des trois mots du nom du groupe : écologie, démocratie et solidarité. Les 17 membres de ce groupe insistent tous sur la fierté d’en faire partie et sur l’importance de respecter ces mots, qui selon eux, incarnent les promesses faites aux électeurs en 2017. Même si l’idée de la création d’un nouveau groupe germait depuis plusieurs mois déjà, c’est bien la crise sanitaire qui a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase des Marcheurs.

EDS se revendique comme un groupe de propositions, mais pas d’opposition. Ses députés mettent également en avant une liberté de vote. C’est bien cela qui a d’ailleurs valu à Martine Wonner et à d’autres d’être exclus du groupe majoritaire. EDS annonce vouloir travailler avec tout le monde, en fonction des projets et pas des étiquettes politiques.

"Que retiendra l'histoire ?"

Ce nouveau groupe est un nouveau coup dur pour le parti présidentiel même si au sein de LREM (qui perd sa majorité absolue à l'Assemblée), on tient à minimiser son impact et à regretter son timing, à savoir dans un contexte où il aurait fallu resserrer les rangs. Pour Bruno Studer, député LREM du Bas-Rhin et président de la commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale, la question est de savoir «ce que l’histoire retiendra? Les 500 milliards d’aides annoncés par Merkel et Macron ou la création d’un énième groupe à l’Assemblée nationale?» Selon lui, comme dans toute séparation, les torts sont partagés et les deux parties auraient intérêt à y réfléchir afin de s’améliorer.
Manifestation anti-GCO / © Jean-Marc LOOS/Maxppp
Manifestation anti-GCO / © Jean-Marc LOOS/Maxppp


En Alsace, il y a aussi des satisfaits de cette création de groupe. Ce sont notamment les membres d’Europe Ecologie Les Verts. Ils travaillaient depuis des mois avec Martine Wonner sur des dossiers comme le GCO (Grand contournement ouest de Strasbourg) ou l’interdiction du glyphosate. «La situation est désormais clarifiée, c’est mieux pour tout le monde», estime Michael Kugler, co-secrétaire régional EELV.

Tous néanmoins s’accordent sur un point : c’est un nouveau séisme politique dans l’hémicycle. C’est sa potentielle ampleur qui crée des divergences. Pour les députés de la majorité, il ne s’agira à terme que d’un épiphénomène. Pour les membres d’EDS, il sera forcément d’importance à l’aube d’une crise sociale majeure et alors que le climat continue de changer.

Les membres fondateurs du groupe EDS

  • Delphine Bagarry, députée des Alpes-de-Haute-Provence
  • Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres
  • Emilie Cariou, députée de la Meuse
  • Annie Chapelier, députée du Gard
  • Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres
  • Yolaine de Courson, députée de la Côte d’Or
  • Jennifer de Temmerman, députée du Nord
  • Paula Forteza, députée des Français d’Amérique Latine et
  • des Caraïbes
  • Albane Gaillot, députée du Val de Marne
  • Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône
  • Sébastien Nadot, député de Haute-Garonne
  • Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire
  • Aurélien Taché, député du Val-d’Oise
  • Sabine Thillaye, députée de l’Indre-et-Loire
  • Frédérique Tuffnell, Députée de Charente-Maritime
  • Cédric Villani, député de l’Essonne
  • Martine Wonner, députée du Bas-Rhin

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