Prix Erckmann-Chatrian 2015 : Hélène Gestern pour “Portrait d'après blessure”

Née en 1971, Hélène Gestern a déjà publié quatre livres et obtenu le prix René Fallet, en 2012, pour "Eux sur la photo".
Née en 1971, Hélène Gestern a déjà publié quatre livres et obtenu le prix René Fallet, en 2012, pour "Eux sur la photo".

C'est fait ! Le jury du "Goncourt Lorrain", réuni à l'Hôtel de Ville de Metz, vient d'attribuer son prix à Hélène Gestern, une Nancéenne de 44 ans, pour son roman publié chez Arléa. Une histoire d'aujourd'hui : un attentat, des blessures... et l'image qui fait mal.

Par Benoît de Butler

Les onze membres du jury n'ont pas mis longtemps à faire leur choix parmi les cinq romans pré-sélectionnés. Portrait d'après blessures a été élu dès le premier tour. Trois voix sont allées à Notre vie antérieure, d'Anne-Sophie Brasme, dans cette sélection très féminine.
L'ouvrage primé est le troisième roman - chez Arléa - d'Hélène Gestern, qui a par ailleurs publié une nouvelle (Le Chat) sur le site d'édition numérique Emoticourt. Née en 1971, chercheuse en lexicologie à l'Université de Lorraine, la lauréate fouille, dans ses histoires, le thème de la mémoire et notamment de la mémoire photographique (voir encadré).
Le jury Erckmann-Chatrian est présidé par Bernard Visse / © Guy Souter, France 3 Lorraine
Le jury Erckmann-Chatrian est présidé par Bernard Visse / © Guy Souter, France 3 Lorraine
Le jury a par ailleurs attribué sa bourse "Histoire" (après trois tours de vote) à Les Lorrains et les Habsbourg, d'Alain Petiot ; et sa bourse "Lorraine" à Arts de la table et Art Nouveau de François le Tacon (trois tours également).
Créé il y a un siècle, le Comité Erckmann-Chatrian décerne depuis 1925 le prix du même nom pour encourager "la langue française et la culture lorraine". Pour y concourir, les auteurs doivent être lorrains... OU traiter un sujet qui évoque la Lorraine. Cette année, toutes catégories confondues, 46 ouvrages ont été proposés au jury.

"Portrait d'après blessure" (éditions Arléa)

Il s’appelle Olivier, elle s’appelle Héloïse. Ils partent déjeuner, mais la rame de métro dans laquelle ils sont montés est gravement endommagée par une explosion. Restera de cet accident des corps meurtris, un sentiment brisé et une photo de leur évacuation, si violente et si impudique qu’elle va tout faire trembler autour d’eux. Ils n’auront qu’une obsession : réparer les dégâts que cette image aura causés dans leurs vies.
"Portrait d’après blessure" raconte l’histoire de deux êtres aux prises avec le pouvoir des photographies, qu’elles parlent la langue de la dignité ou celle du désastre.

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