Transition écologique : vers la fin des chaudières au fioul à partir de 2022

Le gouvernement l'a annoncé ce lundi, à partir de janvier 2022, les remplacements et les nouvelles installations de chaudière au fioul ou au charbon seront interdits. Si votre équipement tombe en panne après cette date, il faudra en changer. 


 

Vers la fin des chaudières au fioul
Vers la fin des chaudières au fioul
Le gouvernement l'a annoncé lundi 27 juillet : à partir du 1er janvier 2022, les remplacements et les nouvelles installations de chaudières au fioul et au charbon seront interdits "afin de réduire l'émission de de gaz à effet de serre". Si un client tombe en panne après cette date, il devra changer de matériel.
 


« Une injustice sociale » et une « privation de liberté »


En 2020, le coût du gaz par kWh représente approximativement 6,75 centimes d'euros, 8 centimes pour le fioul et près de 18 centimes pour l'électricité. La pompe à chaleur est présentée comme le système le plus économique.

Pour Édouard Gérard, plombier-chauffagiste à Villers-lès-Nancy, il s’agit surtout d’un « effet d’annonce de la part du gouvernement qui ne prend pas suffisamment en compte l’aspect humain et la réalité du terrain ».  

C’est une décision hâtive sous couvert d’écologie (…) le fioul ça pollue et mieux vaut privilégier le gaz mais à la campagne, il n’y a pas toujours les aménagements nécessaires pour installer des chaudières au gaz.

Édouard Gérard, plombier-chauffagiste à Villers-lès-Nancy (54)


Certains territoires, où l’installation de chaudières au gaz est impossible, seront ainsi forcés de privilégier l’électrique avec l’installation de pompes à chaleur.
 

C’est une forme d’injustice sociale, on retrouve surtout des chaudières au fioul dans logements où l’isolation est mauvaise, à la campagne, chez des personnes âgées ou peu fortunées.

Édouard Gérard, plombier chauffagiste à Villers-lès-Nancy (54)

 
Selon Pierre Meyer, chauffagiste à Nancy, pour qui la réparation de chaudières au fioul représente environ 5% de l’activité, ce nouvel investissement imposé par l’État sera « difficilement amorti par les clients ».
 

On nous parle d’impact environnemental, mais entre réparer un brûleur sur une chaudière au fioul qui dure 40 ans et investir dans une pompe à chaleur qui durera 10 ou 15 ans, où est l’économie ?

Pierre Meyer, chauffagiste à Nancy (54)


Pour ce chauffagiste nancéien, « l’investissement pour ce type matériel est conséquent, cela représente plusieurs milliers d’euros (…) en théorie l’électricité est plus économique mais encore faut-il une isolation parfaite. Pour ceux qui ont de l’argent il n’y a pas de souci, cela va surtout toucher les gens qui ont peu de revenus et les personnes vivant dans des territoires reculés, sans possibilité d’installer de chaudière au gaz ».
 

En interdisant aux gens de réparer une panne, ça va encourager le bricolage hors facture, ou bien ça va être le tonton bricoleur qui va réparer et pas un professionnel, on va fatalement être confrontés à des accidents.

Pierre Meyer, chauffagiste à Nancy (54)


D'après ce professionnel, l’alternative serait de « laisser le choix aux Français », en encourageant l’usage des nouvelles installations, sans pour autant interdire la réparation des chaudières au fioul.
 
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