Un nouveau "massacre de cigognes" au Liban

Le quotidien "L'Orient-Le Jour" fait état d'un "massacre de cigognes" en migration dans le nord du Liban, le mardi 23 mars. Ce type de déprédation contre l'animal totem de l'Alsace s'est déjà produit dans le pays et indigne la population libanaise.

La cigogne est une espèce protégée.
La cigogne est une espèce protégée. © Jean-Marc Loos, MaxPPP

Dans son édition du mardi 23 mars 2021, l'un des principaux quotidiens libanais, L'Orient-Le Jour, relate un "massacre de cigognes" (en ces termes). Le Moyen-Orient est l'une des deux voies migratoires - l'autre est l'Espagne - empruntées par les cigognes blanches, indissociables de l'image et de la culture alsaciennes.

L'article, qui parle de "crime écologique", rapporte que huit cigognes ont été abattues dans le nord du Liban (voir sa localisation sur la carte ci-dessous). Elles étaient en migration vers l'Europe. Des habitantes et habitants de la région ont empêché les "criminels" (cités en ces termes) d'en tuer davantage.
 


Un appel a été lancé aux forces de l'ordre pour sanctionner les auteurs. Cette situation n'est pas nouvelle, malgré la loi protégeant et empêchant de chasser les oiseaux migrateurs - y compris les cigognes. En 2018, plusieurs centaines de cigognes étaient mortes tuées par l'Homme. Le président libanais avait dû s'exprimer sur ce sujet.
 

Ce n'est pas nouveau

Une telle déprédation n'est pas nouvelle, ni limitée au Liban. Gérard Wey en a déjà entendu parler : c'est le "Monsieur cigognes" avec qui France 3 Alsace a échangé. Il explique que les facteurs locaux sont à prendre en compte dans les régions où ça se produit (une population qui n'a pas assez à manger par exemple), et que la protection des cigognes peut émaner de la tradition, de la loi... Le cas alsacien, où "la protection passe par la cohabitation", est emblématique. "Quand les troupes françaises et américaines ont atteint l'Alsace en 1945, elles ont reçu une note disant qu'à partir de là, il ne fallait plus tuer de cigognes."

Si un pays n'arrive pas assez à protéger les cigognes, le mettre au piloris "ou placer un policier à chaque coin" n'est pas une solution pour Gérard Wey. "On peut relever que des cigognes ont été tuées, bien sûr, mais il y a d'autres solutions." Comme le tourisme. "Quand les touristes viennent dans ces pays pour de beaux paysages, les guides pourraient leur dire 'Vous voyez, ces cigognes ? Ce sont les vôtres, chers touristes, et elles passent l'hiver ici chez nous.'" Il préconise aussi de voir sur place pourquoi ces problèmes se posent, pour les régler (c'est ainsi que les lignes électriques d'EDF ont été équipées pour que les cigognes les évitent).

Les cigognes passant par le couloir de migration orientale se rendent en Europe centrale et de l'Est (pas en Alsace donc). Où qu'ils soient, les nids qui auraient accueilli les couples de cigognes abattus au Liban ne devraient pas rester vacants très longtemps.

"Il y avait 29 nids en Alsace dans les années 80, il y en a maintenant 850." La cigogne blanche n'est donc plus aussi menacée, et le "massacre" au Liban pose un risque moindre pour la pérénnité de l'espèce qu'il y a 30 ans. Mais il reste tout de même à faire. Le regard de Gérard Wey est tourné vers les décharges en Espagne, en France, où vont se repaître les cigognes... ... au risque d'y laisser la vie : ces décharges sont farcies de plastique. 
 

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