Dans les Vosges, le nombre de décès pendant l'été est très nettement en hausse, certainement en raison de la canicule

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Écrit par Yves Quemener .

Dans un rapport publié le 2 septembre 2022, l'INSEE constate que plus de 11.000 décès seraient la conséquence des canicules de cet été en France. En Lorraine, le département des Vosges est particulièrement touché avec une hausse de 9,5% entre le 1er juin et le 22 août.

En France, 11.000 décès supplémentaires entre le 1er juin et 22 août 2022, seraient la conséquence des canicules de cet été.

En Lorraine, on constate une forte augmentation dans les Vosges : + 9,5%. "Oui c'est beaucoup. Il y a quelques années on aurait trouvé ça considérable. Il faut se rapprocher de l'année 2003 pour avoir des chiffres de cette même grandeur", constate Jean-Marie Robine, directeur de recherche émérite à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM).

En Meurthe-et-Moselle, l'évolution est de 5,5%, de 6,6% en Moselle et de 2,8% dans la Meuse. 

Pour son étude, l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) a fait le choix de privilégier la comparaison avec l’année 2019, année sans épidémie Covid-19. Ainsi, dans sa publication du 2 septembre dernier, l'analyse montre une hausse nationale de 7,9%. "C'est impressionnant. Ces chiffres toutes causes confondues sont très élevés", dit Sylvie-LeMinez, responsable de l'unité des études démographiques et sociales au journal Le Monde. "On sort de la vague Covid. Mais il faut se rappeler qu'en 2019, il y avait déjà eu une canicule. Et en plein milieu de l'été, un gros pic de décès. Cette année, les chiffres en hausse sont donc très élevé", explique Jean-Marie Robine.

Une hausse des décès inédite depuis 2003



En France, les hausses les plus prononcées concernent la Corse (+ 15%), l'Occitanie (+ 10%) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 10%). Même si l'étude ne donne pas de cause précise des décès, ils s'expliquent vraisemblablement par la vague de chaleur de la mi-juillet et le premier épisode de la canicule au mois de juin.

A partir de la deuxième semaine d'août, les chiffres sont très clairement sous-estimés. Les remontées sont toujours incomplètes en raison d’un délai de saisie des chiffres

Sylvie-Le-Minez, unité des études démographiques et sociales à l'INSEE

La France a connu trois épisodes de canicule au cours de l’été 2022 : le premier, inédit par sa précocité et son intensité, a duré du 15 au 22 juin.

Le professeur Athanasios Benetos , Professeur de Médecine Interne et de Gériatrie au CHU de Nancy explique que "pendant les vagues de chaleur, il y a une plus grande vulnérabilité des personnes âgées qui sont beaucoup plus fragiles et plus vulnérables devant les mêmes conditions climatiques. Elles décèdent souvent de manière indirecte, avec des pathologies sous-jacentes. Les personnes âgées n’ont pas cette sensation de soif. On constate qu’elles sont souvent isolées et on peut rajouter un autre facteur : le Covid, qui a sans aucun doute laissé des traces, surtout par défaut de suivi médical régulier des personnes âgées pendant les 2 années de la pandémie. Les gens sont donc beaucoup plus fragiles et bien évidemment en période de canicule".

Dans le journal Le Monde, Sylvie-Le-Minez explique qu' "à partir de la deuxième semaine d'août, les chiffres sont très clairement sous-estimés. Les remontées sont toujours incomplètes en raison d’un délai de saisie des chiffres". Jean-Marie Robine ajoute "C’est certain parce qu'il y a un temps de remontée nécessaire dans les Éphad et les petits villages". 

Le Covid a sans aucun doute laissé des traces. Les gens sont donc beaucoup plus fragiles et bien évidemment en période de canicule

Athanasios Benetos, Professeur de gériatrie, CHU de Nancy

Dans le Grand Est, un autre département est également touché lors de cet été 2022. Il s'agit du Bas-Rhin, qui enregistre de son côté, une hausse de 9,3% du nombre de décès.

En France, 426.671 décès, toutes causes confondues, sont enregistrés en France à la date du 2 septembre 2022. Selon l'INSEE, ce nombre reste toutefois encore provisoire et sera révisé à la hausse dans les prochaines semaines.En 2003, année particulièrement meurtrière, 15.300 personnes étaient décédées pendant l'été. 

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