Vosges : Clémence Beretta, marcheuse, craint que le confinement l'empêche de se qualifier pour les JO

En ce début avril, Clémence Beretta espère obtenir sa qualification pour les JO de Tokyo 2021 sur le 20 km marche, mais ses chances de pouvoir y parvenir s’amenuisent. Elle vient notamment de se voir refuser l’accès aux championnats nationaux allemands, en raison de la pandémie.

La Française Clémence Beretta à l'arrivée du 5000 mètres marche aux Championnats de France d'athlétisme Elite à Albi, le 7 juillet 2018.
La Française Clémence Beretta à l'arrivée du 5000 mètres marche aux Championnats de France d'athlétisme Elite à Albi, le 7 juillet 2018. © PASCAL PAVANI / AFP

Clémence Beretta peut commencer à s’inquiéter. Son calendrier est quasiment vide. Ce dimanche de Pâques 2021, la marcheuse de l’Athlétic Vosges Entente Club devait participer à un rassemblement national, un poil particulier, au Bourget-du-Lac en Savoie. Une course de 18 km sur un parking de la Faculté des Sports de la ville, organisée par la fédération française. La course devait servir à déterminer quels athlètes participeraient à la Coupe d’Europe de marche à Podebrady, en République Tchèque, prévue au mois de mai.
Suite à l’allocution d’Emmanuel Macron, la course fut finalement annulée.

Une annulation et un refus

Clémence devait donc trouver une course de repli avant la Coupe d’Europe : "En regardant les calendriers, il s’est avéré que tous les pays en Europe avaient déjà organisé leurs championnats nationaux, il ne restait que l’Allemagne qui le faisait ce week-end des 9 et 10 avril 2021. La Fédération a fait une demande exceptionnelle pour qu’on puisse y aller".

Demande rejetée par la Fédération allemande. Son coach, Eddy Riva, aussi responsable du Pôle France de Marche, reste compréhensif : "J’ai reçu le mail de refus où ils nous expliquaient qu’ils avaient refusé des dossards à d’autres étrangers. Ils restent dans leur lignée. Je comprends pleinement. On se doit de limiter le brassage de personnes".

La Coupe d’Europe encore en pointillé

Avec ce nouveau coup d’arrêt, Clémence perd la seule course qualificative pour les JO avant la Coupe d’Europe. Encore faut-il que la compétition européenne se déroule… Une hypothèse que l’athlète ne préfère pas imaginer : "Ce serait désastreux, il faudrait que je retrouve une compétition ou alors que la France organise une compétition labellisée pour les athlètes visant les JO, pour avoir au moins une chance de faire un temps. Ça serait d’autant plus frustrant de se dire ‘Je ne vais pas aux Jeux parce que je n'ai eu aucune occasion d’aller en compétition’ ".

Son entraîneur tire la sonnette d’alarme : "Elle a vraiment besoin de s’exprimer comme tous les sportifs de haut niveau en manque de compétition. La grande difficulté que nous rencontrons, c’est de trouver un 20 km, sachant qu’elle doit prouver qu’elle est en forme. Il y a eu le confinement en mars, elle a enchaîné les pépins physiques, donc ce n’est vraiment pas évident". Un sentiment de "déjà-vu" pour Clémence Beretta : "On a l’impression de revivre le même cauchemar que l’année dernière où c’est une saison blanche, il n’y a rien qui se passe. La situation actuelle fait que nous sommes en avril et il n’y a toujours pas eu de compétition pour nous".

L’espoir de meeting

Après la Coupe d’Europe, peu de courses sont programmées, et rien ne garantit non plus leurs tenues. Si les Championnats de France en juin ne peuvent pas lui permettre de réaliser les minima pour se qualifier aux Jeux Olympiques, Clémence et son coach pensent à se tourner vers le meeting international de La Corogne en Espagne, prévu au début du mois de juin. Toujours avec incertitude… "Est-ce que cette compétition va être maintenue ? Gros point d’interrogation. Comme c’est un meeting européen, j’ai envie de croire que ça devrait se maintenir. J’ose espérer que Clémence puisse obtenir un dossard là-bas", admet Eddy Riva.

La coureuse préfère rester positive : "Je me dis que, dans tous les cas, je trouverai une solution pour faire une compétition. Ça me paraît improbable que rien ne se passe, je sais qu’on a le soutien de nombreux clubs et que certains sont prêts à monter une compétition en 2-3 jours pour nous. J’espère que d’ici un mois, ça ira un peu mieux".
Comme une nécessité pour espérer faire partie du voyage à Tokyo…

 

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