Motards en colère : "le contrôle technique ne sert à rien, c'est une taxe au profit d'intérêts privés"

Opposée à l'instauration du contrôle technique, la Fédération française des motards en colère (FFMC) a appelé à plusieurs manifestations ce samedi 13 avril 2024. En Lorraine, forte mobilisation selon les organisateurs : 1.600 motards à Nancy et entre 800 et 1.000 à Metz.

Une cinquantaine de mobilisations étaient prévues en France ce samedi 13 avril 2024 à l'appel de la Fédération française des motards en colère (FFMC). La Lorraine n'y a pas échappé. Dans les Vosges, trois convois étaient mis en place au départ d'Épinal, Saint-Dié et Vincey. Direction Nancy et son parc des expositions avant de défiler dans les rues de la ville. "Moi, je n'ai pas attendu qu'on me dise qu'il faut un contrôle pour entretenir ma moto" explique Eric, au micro de France 3 Lorraine, "c'est ma propre sécurité qui est en jeu. Rouler avec des pneus lisses ou des plaquettes de frein défectueuses, c'est dangereux. Je n'ai pas à payer pour quelque chose que je fais comme tous les motards".

Les motards manifestent contre le contrôle technique sur les deux-roues rendu obligatoire à partir du lundi 15 avril. Une mesure censée accroître la sécurité mais que les motards jugent inutile et coûteuse. "Ça ne sert à rien. C'est une taxe au profit d'intérêts privés" explique Serge Bounaix, coordinateur de la FFMC Meurthe-et-Moselle et Meuse, "ça n'aura pas d'impact sur la sécurité routière. Si on fait une comparaison avec la voiture, lorsque le contrôle technique a été rendu obligatoire en 1992, 17 % des véhicules présentaient des défauts de sécurité. Sur les deux roues motorisées, aussi bien en s'appuyant sur les études européennes et les assureurs, on est entre 0,3 et 0,8 %. On est en gros à un accident sur 200 qui a une cause liée à l'état du véhicule contre 1 sur 6 pour la voiture". 

Ça ne sert à rien. C'est une taxe au profit d'intérêts privés

Serge Bounaix, coordinateur FFMC Meurthe-et-Moselle et Meuse

Les accidents ne seraient donc pas dus à l'état du véhicule, bien entretenu par les motards, mais plutôt à l'état de la chaussée. "L'état des routes représente 30 % des accidents" ajoute Serge Bounaix.

La Fédération des motards en colère (FFMC) continue d'appeler au boycott de ce contrôle qui concerne les véhicules de catégorie L : scooters, motos, tricycles ou voiturettes. Les conducteurs sans contrôle technique à jour risquent une amende de 135 euros ou une immobilisation du véhicule. En France, 3.000 véhicules sont concernés.