Municipales 2020 : ce qu'il faut retenir du débat à Epinal

Mairie d’Épinal (Vosges - Archive) / © Google Street View
Mairie d’Épinal (Vosges - Archive) / © Google Street View

Replay. Mercredi 11mars, les candidats à  la mairie d'Epinal (Vosges) étaient réunis sur le plateau de France 3 Lorraine pour débattre pendant 45 minutes. Les thèmes proposés étaient la sécurité, le dynamisme commercial et l'environnement. Mais on a aussi parlé impôts locaux et stade d'eaux vives...

Par Benoît de Butler

Sept listes sont en compétition pour ces municipales à Epinal. Cinq des candidats ont défendu leurs propositions en direct, les deux autres avaient enregistré leur intervention au préalable.

L’élection se caractérise ici par une certaine confusion. Michel Heinrich, le maire sortant, ne se représente pas pour le siège de maire (il se concentre sur la présidence de l’agglomération). Ses héritiers sont divisés, face à des forces d’opposition elles-mêmes déchirées.
  • Patrick Nardin (les Républicains), premier adjoint sortant, est le dauphin "légitime" de Heinrich, qui figure sur sa liste. Mais il joue l’ouverture, jusqu’à débaucher… l’ex-secrétaire locale du PS.
  • Benoît Jourdain (Divers droite), lui aussi encarté LR et issu de la majorité municipale, présente une candidature dissidente à droite. Il est vice-président au conseil départemental.
  • Christophe Petit (UDI), ex-adjoint à la Culture de Michel Heinrich, veut incarner le centre. Il a reçu le soutien de La République en Marche et (pour tout simplifier) le ralliement de certains socialistes.
  • Fabrice Pisias (LFI) se présente comme le rassembleur de la gauche avec le concours des militants PC et EELV. En revanche, il n’a pas obtenu le soutien du Parti socialiste.
  • Pierre François (RN) a constitué une liste pour défendre, sur Epinal, les couleurs du parti de Marine Le Pen après la défection de Pierre-Jean Robinot.
  • Pierre-Jean Robinot (DLF) a rejoint Dupont-Aignan après être passé par le RPR, le MoDem puis le FN. C’est sous l’étiquette FN qu’il est entré au conseil municipal en 2014, avant de quitter le parti en 2015.
  • Raphaël Laizeau (Divers écolos) se présente comme un "jeune pour le climat". Bien que non estampillé EELV, il dispute à la liste Pisias la représentativité de l’électorat vert.
Le débat était animé par Francine Dubail (France 3 Lorraine) et Mathieu Barbier (France Bleu Sud Lorraine).
Municipales 2020 le débat à Epinal

Sécurité

Pierre François (RN) veut multiplier par trois le budget de la sécurité, le nombre de caméras de vidéosurveillance et de policiers municipaux (ils sont actuellement onze). D'autres proposent des augmentations plus mesurées. Benoît Jourdain pointe un "déni" de la délinquance par la majorité actuelle et mise sur la "ville connectée" avec multiplication des caméras. Pierre-Etienne Robinot veut "la ville la plus sûre de France".

Pour Patrick Nardin, "Epinal n'est pas Chicago". Il met en avant le programme d'amélioration de l'éclairage public, un "plan LED" qui se déroule jusqu'en 2023. Plusieurs candidats - même Raphael Laizeau, le candidat de la sobriété énergétique - proposent de remettre de l'éclairage toute la nuit... 

Attractivité - fiscalité

Epinal perd des habitants : 250 par an selon Benoît Jourdain, "trois fois plus que le département". Il veut "repenser tout le centre-ville" et s'engage à baisser les impôts pour faire revenir des habitants. Christophe Petit chiffre sa baisse d'impôts à lui : "- 0,6 % par an, pour descendre en-dessous des 20% ".

Fabrice Pisias (gauche) ne baisse pas les impôts mais propose de renoncer aux "projets pharaoniques" comme le bassin d'eaux vives projeté en bord de Moselle. D'autres lui emboîtent le pas. Pierre François demande un référendum sur ce projet à 6 millions d'euros. Patrick Nardin répond que ça sera "2,7 millions net" car il y a des partenaires pour le financement. Et que cet équipement sportif sera ouvert à tous.

Plusieurs candidats proposent la gratuité des transports en commun ; d'autres (mais parfois les mêmes), la gratuité, au moins partielle, du stationnement pour les automobiles. 

Pour soutenir l'activité, Patrick Nardin croit au "manager du commerce" récemment recruté pour aider les commerçants à s'adapter.  Fabrice Pisias propose de développer "l'économie verte et circulaire", par exemple avec la création d'une coopérative de produits bio qui pourrait créer une trentaine d'emplois en ville. Christophe Petit propose une appli locale pour faire ses courses en ligne chez les commerçants spinaliens.

Environnement

A Epinal comme ailleurs, la course au vert est ouverte. Chacun a ses pistes cyclables et ses projets de végétalisation mais avec des différences notables. Benoît Jourdain, par exemple, veut piétonniser les rues commerçantes alors que Pierre François se limiterait à l'hypercentre historique.

Pour Fabrice Pisias, l'actuel plan vélo (financé à hauteur de 50.000 euros par an) est très insuffisant. "Il en faudrait 300.000". Raphaël Laizeau propose un plan de "sobriété énergétique" et un menu végétarien dans les cantines.

On reparle de la gratuité des transports en commun. Patrick Nardin fait remarquer que ce n'est pas la priorité des autres communes de l'agglo, qui souhaitent avant tout étendre le réseau. De manière plus générale, Epinal n'est pas une grande métropole. Beaucoup de ceux qui y vivent ou qui y travaillent sont dépendants de la voiture.

Pierre-Etienne Robinot conclut en proposant plus de démocratie locale : mise en place d'un référendum local et de procédures de contrôle des dépenses de la ville par les citoyens.
 
Les élections municipales en régions, c'est sur France 3.
 

Sur le même sujet

Les + Lus