REPLAY - Municipales 2020 : ce qu'il faut retenir du débat à Epinal

Replay. Mardi 13 juin, les trois candidats qualifiés pour le second tour des élections municipales à Epinal (Vosges) se sont réunis sur le plateau de France 3 Lorraine pour débattre pendant quarante minutes. Plusieurs thèmes ont été abordés. Voici ce qu’il faut en retenir.
Le débat du second tour pour Epinal.
Le débat du second tour pour Epinal. © Laura Poli - France Télévisions.

À Epinal, le second tour de l’élection municipale prend la forme d’une triangulaire. Le 15 mars 2020, la liste divers droite de Patrick Nardin est arrivée largement en tête du premier tour de l'élection municipale avec 37,9%. Il est le premier adjoint du maire sortant Michel Heinrich, présent sur sa liste. Benoit Jourdain, lui aussi issu de la majorité municipale, obtient 25,8% des suffrages. Christophe Petit (13.9%), ancien adjoint à la culture, a rejoint la liste de Benoit Jourdain. Fabrice Pisias, première liste de gauche (DVG), se maintient avec 11.5%.

Ce mardi 23 juin, les trois candidats se sont retrouvés sur le plateau de France 3 Lorraine. Un débat autour de l’attractivité, de l’économie et de l’écologie animé par Francine Dubail.

L’attractivité d’Epinal

L’attractivité de la ville n’est pas au beau fixe. En quarante ans, le nombre de Spinaliens a chuté de 39.000 à 31.000 habitants. Comment inverser la tendance et faire revivre la cité des images ? Pour Patrick Nardin, pas question de pointer du doigt le bilan du maire sortant Michel Heinrich. Pour tempérer ce constat, il affirme que ce manque d’attractivité "concerne le Grand Est".

Des propos qui font bondir Benoît Jourdain : "Epinal perd trois fois plus d'habitants que le département des Vosges !". Pour lui, le constat est sans appel. Il est grand temps de "changer de politique" et de rompre avec celle du maire sortant pour redynamiser la ville. Ce qu’il propose ? Une baisse de la taxe foncière. Quant au candidat Fabrice Pisias, il avance l'idée de réaménager et de végétaliser le centre-ville. Il déplore également une absence de "bancs" pour les personnes âgées et souhaite la gratuité des transports en communs ainsi que celle des parkings le samedi après-midi.

Une proposition qui ne convainc pas Patrick Nardin en raison des mesures sanitaires prises avec la pandémie de covid-19 : "Nous devons investir dans du matériel puisqu’à Epinal, il y a plus plus de deux millions de voyageurs par an. On va avoir besoin de financements plutôt que d’imaginer des transports gratuits’’, souligne-t-il. Fabrice Pisias rétorque de manière cinglante "qu’on trouve sept millions d’euros pour faire un bassin artificiel qui ne servira pas à grand monde. Cet argent-là pourrait financer les transports en communs gratuits".

Malaise lorsque la journaliste Francine Dubail évoque "la baisse d’impôts de -0.6%" promise par Benoît Jourdain au premier tour. Le candidat ne se souvient pas de cet engagement. Fabrice Pisias et Patrick Nardin assurent que celui-ci avait abordé ce sujet sur le plateau de France 3 Lorraine lors du premier débat. Pour changer de sujet, le candidat évoque sans ménagement "des dépenses de confort de la municipalité…un maire n’a pas besoin d’un chauffeur… On prône la proximité et le maire continue à rouler avec un chauffeur…". Le ton est donné.

L’Economie à Epinal : comment sauver les entreprises et les emplois ?

Pour aider les entreprises locales et favoriser l’emploi, Fabrice Pisias prône l’économie verte et les circuits courts. Concrètement, il souhaite mettre en place une "coopérative municipale maraichère" avec les serres de la ville pour fournir les restaurants et cantines scolaires. S’il est élu, il désire également créer un "supermarché local bio et solidaire’’ en coopération avec les producteurs locaux. La "rénovation thermique" des bâtiments ainsi que la "rénovation de 3000 logements vacants’’ fait également parti de son programme.

Faut-il revoir les investissements de la ville ou les maintenir ? À cette question, Patrick Nardin rétorque que les collectivités "doivent les maintenir" pour finaliser, par exemple, le projet de rénovation urbaine du quartier Bitola-Champbeauvert (42 millions d’euros) ou la rénovation de la basilique Saint-Maurice (6.5 millions d’euros).

L’Ecologie : un enjeu majeur pour l’avenir d’Epinal

Place à l’écologie. Pour tenter d’adoucir le quotidien des spinaliens et de préserver la biodiversité de la ville, les candidats ne manquent pas d’idées. Patrick Nardin pense qu’il est nécessaire de "repenser" la mobilité des habitants qui passerait par un "nouveau plan de déplacement urbain". Le candidat voit les choses en grand : "J’ai l’ambition de faire d’Epinal un véritable territoire à vélo", insiste-t-il. Ecologiquement, il semble du même avis que son opposant Benoît Jourdain : "Nos priorités sont similaires", résume-t-il. Concernant les énergies renouvelables, il met l’accent sur la biomasse et compte "étendre ses réseaux sur l’autre rive de la Moselle tout en les connectant avec les communes voisines", conclut-t-il.

Toutefois, il juge sévèrement le plan vélo du maire sortant qui "n’est ni fait, ni à faire !". Fabrice Pisias partage le même constat.

Patrick Nardin n’hésite pas à l’attaquer frontalement sur sa gestion de la biodiversité : "Vous êtes vice-président du conseil départemental, promoteur immobilier. A Gérardmer, c’est une coulée de béton que vous êtes en train de faire, c’est un saccage écologique !", vocifère-t-il. Le débat se termine sur une joute verbale entre les trois candidats qui tentent de défendre tant bien que mal leurs propositions.  

Retour sur le 1er tour

Le 15 mars 2020, la liste divers droite de Patrick Nardin est arrivée largement en tête du premier tour de l'élection municipale avec 37,9%. Il est le premier adjoint sortant et le maire actuel Michel Heinrich est présent sur sa liste. Benoit Jourdain, lui aussi issu de la majorité municipale, obtient 25,8% des suffrages. Christophe Petit, ancien adjoint à la culture, est troisième avec 13,9%. Le quatrième candidat à pouvoir se maintenir au second tour est Fabrice Pisias, première liste de gauche (DVG) avec 11,5%.

Raphaël Laizeau (divers écologiste) fait un score de 4,7%, comme Pierre François (RN). Pierre-Jean Robinot (DLF) obtient 1,5% des suffrages.

Le scrutin, en pleine crise sanitaire, avait peu mobilisé les Spinaliens. Un peu plus d'un électeur sur trois avait voté (37,7%).

Résultats dimanche 28 juin 2020. 

 

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