Vosges : le lanceur d'alerte Antoine Deltour appelle à transformer le Black Friday en un Vendredi noir pour Amazon

"Amazon présente un réel danger. Aujourd'hui, on fait le constat que les pouvoirs publics sont impuissants pour réguler ces acteurs tentaculaires" / © France 3 Lorraine
"Amazon présente un réel danger. Aujourd'hui, on fait le constat que les pouvoirs publics sont impuissants pour réguler ces acteurs tentaculaires" / © France 3 Lorraine

Dans plusieurs villes vosgiennes et notamment à Epinal et Saint-Dié, plusieurs associations ont décidé de passer à l’action contre Amazon. Des rassemblements sont prévus en fin d’après-midi ce vendredi 29 novembre. Amazon est choisi comme l’emblème de ce Black Friday vivement contesté.

Par Jean-Christophe Panek


La date n’a pas été choisie par hasard. Ces militants veulent profiter du Black Friday pour se faire entendre et dénoncer la multiplication de casiers par le géant américain dans le département. Des casiers qui permettent à Amazon de diffuser ses produits et de grignoter des parts de marché. «Nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre pour poursuivre et amplifier les actions en faveur du développement d’une économie locale créatrice d’emploi, génératrice de lien social tout en étant compatible avec les impératifs climatiques» peut-on lire dans un communiqué publié par ce collectif qui regroupe notamment Attac, Les Amis de la terre ou Solidaires.

Amazon présente un réel danger

-Antoine Deltour

Ce constat, il est également partagé par le lanceur d'alerte, Antoine Deltour, qui apporte son soutien au mouvement "Je crois qu'il y a un mouvement dans l'opinion, qui va bien au-delà d’Amazon ! Ces soldes sont démesurées ! Il y a le sentiment que les consommateurs sont poussés à surconsommer, à grand renfort de publicité, surtout dans le commerce en ligne. Des produits à prix bradés et pas toujours de bonne qualité… Tout cela met en péril la survie des petits commerces. Les griefs à l’égard d’Amazon sont multiples. Je suis arrivé à ce sujet par le biais de l’optimisation fiscale. Et les montages fiscaux qu’Amazon réussit à mettre en place nuisent aux recettes de tous les états où Amazon opère. C’est le cas en France ! Amazon a besoin de routes pour livrer ses colis. Pourquoi Amazon ne financerait pas ses routes ? Le sens de cette mobilisation, c’est aussi pour interpeller et sensibiliser les consommateurs. Amazon, c’est peut être pratique mais le modèle pose des enjeux sociétaux. Amazon présente un réel danger. On fait le constat aujourd’hui que les pouvoirs publics sont impuissants pour réguler ces acteurs tentaculaires. Une manière de reprendre la main, c’est de se tourner vers des acteurs alternatifs et par exemple le petit commerce qui est plus soucieux de conserver des emplois en France. Il faut boycotter ces nombreuses multinationales qui ne jouent pas le jeu !".
 

Du Black Friday au "Block Friday"


Ces actions font suite à la publication d’un récent rapport sur Amazon dénonçant ses pratiques économiques, anti-climatiques à travers son développement : "Amazon pratique une évasion fiscale massive qui lui permet de dissimuler 57 % de son chiffre d’affaires réalisé en France… les pratiques de la firme occasionnent un gaspillage considérable : 3 millions de produits neufs ont été détruits par Amazon en France en 2018… En mesurant l’impact net d’Amazon sur l’emploi aux États-Unis, on constate que pour 1 emploi créé, 2 emplois sont détruits, et notamment dans les petits commerces. Il semblerait qu’à peu près le même ratio puisse être appliqué à la France".

Une opération de sensibilisation a eu lieu auprès des commerçants locaux et plusieurs rassemblements sont prévus en fin d’après-midi ce vendredi 29 novembre dans les Vosges, à Épinal et Saint-Dié. L’objectif est de "transformer le Black Friday en un Vendredi noir pour Amazon" en s’opposant "à la première multinationale de la planète, qui incarne un monde dont nous ne voulons pas".
 

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