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A 105 ans, l'Amiénois Robert Marchand tente un nouveau record de vitesse à vélo

Robert Marchand - archives 31/01/2014 / © France 3 RA
Robert Marchand - archives 31/01/2014 / © France 3 RA

Robert Marchand né le 26 novembre 1911 à Amiens, dans la Somme, est un cycliste centenaire français, connu pour la pratique toujours active de son sport et l'obtention de divers records à plus de 100 ans. A 105 ans, il veut tenter un nouveau record de vitesse à vélo. 

Par Halima Najibi

Du haut de son 1,50m, Robert Marchand glousse comme un enfant qui prépare un bon coup: lui qui, à 105 ans, commence tout juste à "prendre de la bouteille", tentera mercredi d'établir un nouveau record mondial de vitesse à vélo. 

Un phénomène

Sa tentative se déroulera de 16h à 17h au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, là même où il avait battu son propre record de l'heure il y a deux ans (26,927 km). Mais, prévient-il, il ne fera pas mieux le 4 janvier : il roulera pour établir le record dans la toute nouvelle catégorie des plus de 105 ans. "Ça ne va pas aussi bien qu'il y a deux ans, si j'étais aussi bien je serais un phénomène. Mais je suis pas un phénomène", insiste-t-il, toujours rigolard.

Ceux qui le croisent au vélodrome, le pas alerte, les jours précédant son record, ne sont pas de cet avis : "C'est un Martien", sourit Jean Ridel, jeunot de 84 ans, qui tentera dans un an de s'attaquer au record des plus de 85 ans. "Faut tenir l'équilibre sur le vélo, pouvoir anticiper les virages", c'est "phénoménal" à 105 ans, dit-il.

Un vélo sur mesure

Le jour J, le centenaire enchaînera les tours de piste sur un léger dénivelé, avec un vélo sur mesure et bardé de capteurs sous son maillot jaune et violet, les couleurs de L'Ardéchoise, populaire course qui organise l'événement avec la Fédération française de cyclisme.
Robert Marchand estime pouvoir parcourir 23 ou 24 kilomètres en une heure. "Si je faisais 30, on dirait que j'étais dopé !"


Un corp bien irrigué et une forte détermination

Son secret alors ? Il donne quelques pistes : "Toute ma vie j'ai fait du sport", "beaucoup de fruits et légumes", "pas trop de café", "pas de cigarettes", "très peu d'alcool". La physiologiste et professeure d'université Véronique Billat, qui le suit depuis ses 100 ans, complète : "Sa surface corporelle est petite mais il a un coeur qui pulse autant de sang à la minute que celui de quelqu'un de plus grand. Son corps est super irrigué". Sa personnalité joue aussi : "Il a une forte détermination, il ne doute pas, il n'a pas peur de tenter des choses". Pour Gérard Mistler, président de L'Ardéchoise, Robert Marchand est un "bel exemple pour l'humanité". "Cela aurait été dommage qu'il reste incognito dans son appartement de Mitry-Mory alors qu'il donne beaucoup de joie de vivre aux gens".


Reportage tourné en 2014 consacré à Robert Marchand alors âgé de 102 ans

Avec Robert Marchand, coureur cycliste; Serge Carlier, coéquipier de Robert Marchand - Club "Les Cyclos Mitryens" et Rolande Bayonne, coéquipière de Robert Marchand - Club "Les Cyclos Mitryens"; un reportage de Jean-Pierre Rey et Henri Desaunay. 

Il achète son premier vélo en 1925 

Robert Marchand est né à Amiens le 26 novembre 1911. Avant de pratiquer le cyclisme, il s'essaie brièvement à la boxe avec son père mais, ce sport ne lui plaisant pas, il se met à la gymnastique et devient, en 1924, « champion de France de la Pyramide ». En 1934, Robert Marchand exerce en tant que moniteur de gymnastique. Entre temps, il découvre le cyclisme et s'achète son premier vélo en 1925. Il remporte sa première course à Claye-Souilly, à quatorze ans, sous un faux nom car il fallait avoir au minimum quinze ans pour y participer. En dépit d'un certain talent, il est jugé trop petit pour passer professionnel. Robert Marchand abandonne alors le cyclisme et ne reprend le vélo qu'en 1937, sur piste et sur route, mais dans une moindre mesure.

Ancien pompier de Paris

Robert Marchand a eu plusieurs vies professionnelles. Pompier de Paris de 1932 à 1936, corps qu'il est contraint de quitter pour refus d'obéissance. Il part s'installer au Venezuela en 1947 et y exerce les métiers tels qu'éleveur de poulets, conducteur d'engins et planteur de canne à sucre. Il revient en France de 1953 à 1957 puis part au Canada pour exercer le métier de bûcheron, qu'il trouve trop difficile. Il revient en France en 1960 pour exercer les métiers de maraîcher, vendeur de chaussures puis marchand de vin. La commune de Seine-et-Marne, près des pistes de Roissy, est le point de chute de Robert Marchand. Aux visiteurs de son modeste studio, il n'hésite pas à montrer les exercices d'assouplissement auxquels il se plie tous les matins. Ou à faire une démonstration sur un appareil d'entraînement, le même que les coureurs du Tour de  France. "Va moins vite !" lance un copain cycliste, en haussant la voix pour se faire entendre. Cette ouïe défaillante est l'un des rares maux dont souffre le centenaire, avec un peu de tension (son "seul cachet" quotidien) et des rhumatismes dans les mains qui le gênent pour tenir le guidon. "Mais les jambes ça va bien", dit-il en pédalant toujours. Des tests ont montré qu'il avait gagné en vélocité, mais perdu en puissance. "Tant pis je me contente de la vélocité". Sans se départir de son rire, il raconte ressentir depuis peu une forme de "déchéance". Il ne craint pas la mort, assure-t-il, seulement la paralysie. En attendant, il roule.

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