1998-2015 : l'évolution du nombre de migrants à Calais en un graphique

La jungle de Calais vue du ciel. / © MAXPPP
La jungle de Calais vue du ciel. / © MAXPPP

Depuis quand y-a-t-il des migrants à Calais ? Combien étaient-ils au début des années 2000 ? Combien sont-ils aujourd'hui ? 

Par EM

6 000. Jamais, il n'y a eu autant de migrants à Calais. Le chiffre, révélée la semaine dernière par la préfecture du Pas-de-Calais, interpelle. Il est sans doute à l'origine de la venue ce mercredi du ministre de l'Intérieur dans cette ville point de passage vers l'Angleterre.

6 000. Le chiffre le plus haut depuis 17 ans comme le montre le graphique ci-dessous. A lire avec l'appui des dates de l'évolution de cette situation. 

Les grandes dates de l'évolution de la situation des migrants

1998 : les premiers camps de migrants sont apparus à l’hiver 1998 à Calais. L'afflux de personnes vient essentiellement alors du Kosovo.
1999 : un centre d'accueil pour migrants est créé à Sangatte. Un hangar de 27.000 m2 qui accueillera jusqu'à 1 800 migrants. Il était prévu pour accueillir 800 personnes. 
2002 : le camp de Sangatte est démantelé. «Nous mettons fin à un symbole d'appel d'air de l'immigration clandestine dans le monde», dit alors Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur.
2005 : le nombre de migrants chute à 500.
2008-2009 : dans une zone proche du port de Calais, se crée ce que l'on appellera une jungle. Elle comptera jusqu'à 700 migrants avant d'être démantelé sur décision du ministre de l'Immigration Eric Besson.
2010-2014 : entre 200 et 500 migrants sont présents en permanence à Calais. Ils vivent essentiellement dans des squats. En 22014, ce chiffre augmente très rapidement pour atteindre 2000. “Au printemps 2014, on comptait plusieurs centaines de migrants. Ça oscillait entre 200 et 500 personnes”, a expliqué la préfecture du Pas-de-Calais, contactée par francetv info.
Le 2 juillet 2014, le principal camp de migrants de Calais est démantelé par les forces de l'ordre. 
2015 : "L'année 2015 a commencé, toute Union européenne confondue, avec une hausse de 250% des franchissements irréguliers de la frontière extérieure de l'Union [en janvier et février par rapport à la même période de 2014]", indique en mars 2015, Fabrice Leggeri, patron de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l'Union européenne (Frontex). A Calais, les chiffres augmentent fortement. Les conflits multiples dans le monde rendent l'origine des migrants très diverse : Syrie, Irak, Afghanistan, Erythrée...

En avril 2015, sept camps de migrants et deux squats où vivaient 1 200  personnes sont évacués par les forces de police. Dans la foulée, de nouvelles installations de fortune voient le jour près du centre d'accueil Jules Ferry situé sur le chemin des Dunes. Il offre, en effet, de l'eau et des vivres. Les tentes s'accumulent depuis sept mois au fur et à mesure que les migrants affluent. Elles bordent l'autoroute et s'éparpillent en grappe le long d'un chemin de traverse.

La new jungle est le premier bidonville a être toléré par les autorités françaises depuis la fermeture du centre Sangatte en 2002 qui accueilli jusqu'à 1 800 migrants.
Octobre 2015 "Il y a trois semaines, on dénombrait 3.000 migrants. Il y a eu une augmentation assez forte puisqu'on est passé à entre 5.500 et 6.000 aujourd'hui", a déclaré la semaine dernière la préfète Fabienne Buccio. Cet afflux s'explique principalement par "la difficulté de passer en Grande-Bretagne" après les nombreux travaux de sécurisation du site d'Eurotunnel et de la rocade menant au port de Calais, avec la pose d'impressionnants grillages. Face à la difficulté de traverser la Manche, "ils (migrants) se sédentarisent et certains sont là depuis huit mois", note la préfète.

Comment sont calculés les chiffres ?

Il n'existe aucun comptage officiel du nombre de migrants à Calais. La préfecture du Pas-de-Calais donne régulièrement des chiffres officiels qui prennent en compte notamment la fréquentation aux repas organisés chaque jour par les associations. Avec des photos aériennes, la police fait également ses propres estimations. Les associations publient aussi de temps à autre des chiffres. 

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