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Légionellose : les avocats de Noroxo plaident la relaxe

Les avocats de Noroxo ont demandé mercredi au tribunal correctionnel de Béthune la relaxe, affirmant que toutes les procédures de sécurité avaient été respectées lors de l'épidémie de légionellose. 
Johnny Malec, l'ancien patron de l'usine Noroxo "n'est pas homme à se dérober derrière quoi que ce soit (...) Est-ce qu'on va lui faire grief de l'héritage qu'il a reçu alors qu'il prévoit une batterie de mesures?" a interrogé son avocat Me Xavier Fléchieux lors de sa plaidoirie.

M. Malec, arrivé à la tête de l'usine en septembre 2003, peu de temps avant l'épidémie, a suivi les procédures déjà en vigueur lors des pics de légionnelle constatés les années précédentes, a fait valoir le défenseur.
Fin novembre 2003, lorsque des analyses révèlent des concentrations de bactéries légionnelles sept fois supérieures au seuil autorisé, M. Malec "avait lancé la procédure d'arrêt dès le samedi 29 novembre, alors que la DRIRE (Direction régionale de l'Industrie, de l'Environnement et de la Recherche) disait que cela pouvait attendre le lundi", selon Me Fléchieux.

L'avocat de Noroxo, Me Jean-Nicolas Clément, a pour sa part souligné que l'usine de Harnes n'était pas "vétuste". "Huit millions d'euros par an y avaient été investis depuis 1988."
Me Clément a longuement fait la démonstration de l'illégalité d'un arrêté préfectoral du 17 décembre 2001 imposant à l'exploitant la fermeture du système de refroidissement en cas d'une concentration en bactéries légionelles supérieure à 100.000 unités formant colonies par litre (UFC/l).

Le Parquet a requis 375 000 euros d'amende

Selon l'accusation, Noroxo et son ex-directeur n'ont pas respecté la mesure. Mais pour l'avocat, l'arrêt "immédiat" de l'installation était impossible, à cause
des risques d'"explosion", rendant la prescription illégale. Me Clément a par ailleurs souligné qu'à l'époque de l'épidémie, les risques industriels
de la légionellose n'étaient pas connus.

Le parquet a requis mardi 375.000 euros d'amende, la peine maximale, contre l'usine Noroxo et son sous-traitant chargé du traitement de l'eau sur le site, GE Water & Process Technologies, ainsi qu'une condamnation de l'ex-dirigeant de l'usine à deux ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende. 
Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 14 février.
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