Sylvie, veuve du gendarme Tapella : "Je rêve encore très souvent de lui"

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Écrit par EM

Sylvia Tapella, veuve du gendarme tué en 2010, s'est exprimé avant le début du procès de Jimmy Van Mullen, accusé principal. Très marquée et émue, elle a reconnu que "la reconstruction était très difficile". 

Au premier rang dans la salle se trouvaient la veuve du gendarme Sylvie Tapella et ses deux fils, très émus. "Je n'attends pas de réponse, mais qu'on puisse exprimer notre souffrance et que tout le monde sache ce qu'on a vécu", a déclaré Sylvie Tapella quelques minutes avant l'ouverture du procès.

Trois ans après l'accident, Mme Tapella apparaissait marquée. Elle a observé que la prévention routière était "quasiment une vocation" pour son mari. "Cela a été extrêmement difficile, la reconstruction d'ailleurs est toujours difficile", a-t-elle confié.

Dans la Voix du Nord, la veuve du gendarme est revenu sur le calvaire vécu à l'annonce de l'accident : " Les premiers jours, on n’est pas en état de comprendre. On est dans un autre monde, un monde de cauchemar. Quand on est venu m’annoncer l’accident, je n’ai pas compris, ce n’était pas possible. Je croyais qu’ils se trompaient de gendarme. Jeannick a été dans le coma deux mois et demi. Quand il s’est réveillé, c’était pire que tout. On n’a jamais pu communiquer. Je ne sais même pas s’il nous a reconnus. Même si c’était grave, je me disais qu’il allait se réveiller, qu’il allait s’en remettre. Après, son état s’est dégradé. Mais même la veille de sa mort, je n’envisageais pas qu’il parte."

Cela fait trois ans qu’on y pense, avec mes deux fils. Ils m’ont sauvée.


Sylvie Tapella, 49 ans, adjointe au maire de Vendin-le-Vieil, raconte également comment elle vit depuis 3 ans : « Au début, on n’a envie de rien. La vie s’est arrêtée brusquement, il a fallu se reconstruire. On dit que le procès entre dans le processus de deuil. Je ne sais pas… Cela fait trois ans qu’on y pense, avec mes deux fils. Ils m’ont sauvée. Ils ont vécu ce qu’ils n’auraient jamais dû vivre, alors j’ai dû me reprendre. La vie continue, mais l’absence est là, elle remplit tout. C’est difficile car on essaie d’avancer. Mais pendant une semaine, on va tout revivre. Je ne sais pas comment je vais en sortir… (...) Je rêve encore très souvent de lui.»

Suivez en direct pendant 5 jours le procès à la cour d'Assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer.