Procès Tapella : pour les parties civiles, le caractère intentionnel ne fait pas de doute

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Écrit par AFP

Dans le procès de Jimmy Van Mullen, accusé d'avoir fauché volontairement le gendarme Tapella en 2010, le doute semble ne plus avoir de place pour les parties civiles après 4 journées de témoignages et expertises. Ce jeudi, l'audience a été marquée par un long témoignage de la veuve du militaire.

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"Pour moi, je répète, ce n'était pas un accident. Un accident, c'est le mauvais moment au mauvais endroit. Nous, c'est mauvais moment, mauvais endroit, mauvaise personne, j'en reste persuadée", a martelé Sylvie Tapella, dont le témoignage poignant (à lire ici en intégralité), ainsi que celui de son fils aîné, ont plongé la salle dans un profond silence.

Mme Tapella avait d'abord raconté les "quatre mois de calvaire" vécus par son mari et sa famille, entre le 19 juillet et le 12 novembre 2010, tout au long du coma qui précéda la mort du gendarme. Jimmy Van Mullen, qui a reconnu être le conducteur de la voiture, sous l'emprise d'amphétamines, sans permis, sans assurance, nie complètement le caractère intentionnel des faits. Le 19 juillet 2010, il heurtait un gendarme lors d'un contrôle routier à Thélus (Pas-de-Calais). L'adjudant Jeannick Tapella, 49 ans, est décédé le 12 novembre 2010, un peu moins de quatre mois après l'accident, des suites
des lésions cérébrales causées par le choc.

"Un petit coup de volant"


Il n'y a qu'"une seule chose" que le gendarme Tapella n'avait pas anticipée, "ce petit coup de volant", a assené Me Alice Cohen-Sabban, avocate de la famille de l'adjudant. "Vous salissez (la famille) en prétendant assumer, en prétendant être désolé", a accusé Me Cohen-Sabban. "Ne pas assumer c'est se retrancher derrière l'état de la voiture, c'est se retrancher derrière la vitesse excessive qu'on a choisie, c'est se retrancher derrière la drogue qu'on a sniffé pendant des jours".

"L'attitude de M. Van Mullem est détestable"

Les éléments techniques ont montré que le véhicule que conduisait le jeune homme, âgé de 29 ans aujourd'hui, était impropre à la circulation, mais les constatations ont montré que les conditions de visibilité étaient bonnes ce jour-là, ont insisté les parties civiles.
"L'attitude de M. Van Mullem est détestable", a observé de son côté Me Marjorie Thuilliez, avocate de Julien Pauchet, le deuxième gendarme présent sur les lieux ce jour-là et qui a évité de justesse le véhicule. L'avocate regrette de nombreux changements dans le témoignage de l'accusé, une "mémoire sélective" ou encore sa façon de "jeter l'opprobre sur les gendarmes" avec une histoire de "collusion frauduleuse" censée le mettre à bas.

Accusé d'homicide volontaire sur un gendarme et de tentative d'homicide volontaire sur son collègue, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.