Redoine Faïd: la justice autorise la diffusion des images de son évasion

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Écrit par AFP

Le public pourra bien voir les images de l'évasion de Rédoiane Faïd, dont une partie a déjà été diffusée. Le détenu avait demandé l'interdiction de leur diffusion dans une procédure d'urgence exceptionnelle. Sa requête a été rejetée.

Le juge des référés de Nanterre (Hauts-de-Seine) a rejeté vendredi la demande de Redoine Faïd qui avait assigné la chaîne M6 pour empêcher la diffusion, dimanche, des images de son évasion spectaculaire de la prison de Sequedin, le 13 avril.

Dans l'ordonnance de référé (procédure d'urgence) que l'AFP a pu consulter, le juge a estimé que la diffusion de ces images, vraisemblablement issues de bandes de vidéosurveillance, dimanche à 23H00 dans l'émission "Enquête exclusive" est "une illustration pertinente du reportage consacré à la violence dans le milieu carcéral dont ces faits d'évasion sont un exemple approprié". Et cette diffusion relève, comme M6 le soutenait, "de la légitime information du public sur un sujet d'intérêt général".

La chaîne a diffusé "en exclusivité" les premières images de ce reportage lors d'un journal télévisé le 25 octobre. On y voit notamment M. Faïd en train de braquer des surveillants puis de faire exploser plusieurs portes de la prison ainsi qu'une fenêtre. On le voit enfin à l'air libre avec les quatre surveillants qu'il a pris en otages et devait relâcher lors de sa fuite en voiture. Le braqueur présumé, qui a été repris depuis, avait assigné M6 jeudi. Il soutenait que cette diffusion était "une atteinte à son droit à l'image à l'occasion de faits commis à des fins personnelles" et couverts "par le secret de l'instruction", qui "n'ont pas à être révélés au public".Selon lui, ces images "ont pour effet de le jeter en pâture au public, lui causant ainsi un dommage moral irrémédiable".

Le Parquet de Lille a ouvert mardi dernier une information judiciaire pour violation du secret de l'enquête et de l'instruction. La diffusion de ces images sur M6 et TF1 avait suscité de vives critiques de la part de la ministre de la Justice et du syndicat FO pénitentiaire.