Trois agences (Arras, Beauvais et Rouen) du transporteur en difficulté Mory Ducros, dont l'actionnaire propose de reprendre 1.900 salariés sur 5.000 en France, sont bloquées depuis mercredi matin par des salariés, a-t-on appris de sources concordantes.
"Des salariés bloquent depuis ce matin les sites d'Arras, Beauvais et Rouen", selon Fabian Tosolini, représentant de la fédération CFDT des Transports. Ces trois blocages ont été confirmés par un porte-parole de l'entreprise.Selon le syndicat, les salariés "demandent à Arcole Industries (le principal actionnaire) d'assumer ses responsabilités et veulent forcer la direction à dire quels sites seront maintenus ou pas". Il s'agit d'actions "spontanées", précise M. Tosolini.
Les agences concernées par l'offre de reprise, sur les 85 que compte Mory Ducros, ne sont toujours pas connues. L'information était attendue mercredi mais le comité d'entreprise prévu a été repoussé au 23 janvier.
Le but est de laisser le temps à Arcole Industries, ainsi qu'aux trois autres repreneurs déclarés, d'améliorer leurs offres auprès du tribunal de commerce.
L'offre d'Arcole est la seule offre globale. A Saint-Etienne du Rouvray, près de Rouen, ce report a mis le feu aux poudres, selon le délégué CGT Nicolas Larose. "On avait dit au personnel qu'un véritable projet serait annoncé aujourd'hui 15 janvier. Or on nous apprend que ce sera le 23. Cela a déclenché ce mouvement des salariés", a-t-il dit.
2000 emplois induits ?
L'agence de la banlieue de Rouen "fait partie des agences très menacées" mais "tant qu'il n'y a pas de projet, ce sont les 85 agences qui sont menacées", estime M. Larose.
Samedi et lundi, des actions similaires avaient été menées sur les sites de Vénissieux et Saint-Priest, près de Lyon. Selon Force ouvrière, l'offre d'Arcole présentée la semaine dernière aux représentants du personnel porte sur 45 agences.
En proposant vendredi de soutenir l'offre d'Arcole via un prêt de 17,5 millions d'euros, l'Etat a en contrepartie prié l'actionnaire "d'améliorer le plan social".
Selon les syndicats, Arcole propose de rendre des clients au marché du transport pour un montant équivalent à 300 millions d'euros, moyennant un engagement des concurrents à reprendre les salariés qu'il licencierait.
De l'activité de Mory Ducros dépendent en outre 2.000 emplois en sous-traitance.