Calais : les camps de migrants évacués

Plusieurs centaines de migrants, certains victimes d'une épidémie de gale, ont été évacués mercredi par les forces de l'ordre dans la zone portuaire de Calais de trois camps mis en cause pour leur taille critique et leur manque d'hygiène.

##fr3r_https_disabled##Les forces de l'ordre ont procédé presque sans bruit dans le camp des Syriens, à quelques encablures des ferries  partant vers l'Angleterre, la destination dont rêvent la quasi totalité des migrants qui ne sont à Calais qu'en transit. Il était environ 7H30, le jour se levait difficilement sous des
nuages bas. Au total 200 fonctionnaires de police et de gendarmerie étaient mobilisés mercredi pour évacuer quelque 550 migrants, selon les estimations de la préfecture. 

Dans le camp dit des Syriens, le plus important (400 personnes dont aussi de nombreux Afghans, et d'autres nationalités), ils ont vérifié systématiquement l'ensemble des tentes, mais la plupart des occupants les observaient de l'autre côté de la rue, où environ 200 personnes, migrants, militants et personnel associatif, journalistes, s'étaient regroupés dès l'aube.

Beaucoup avaient déjà quitté les lieux vers les dunes, la "jungle" comme elle est appelée ici, avant l'opération annoncée par le préfet du Pas-de-Calais
Denis Robin la semaine passée. L'objectif de l'opération était double, a expliqué ce dernier sur place : "Premièrement un objectif de santé publique. Tous les rapports sont convergents, il y a une épidémie de gale. Ces camps sont très importants, et ils se situent en plein centre de Calais", a souligné M. Robin.


L'opération visait également à "mettre fin à un rassemblement devenu beaucoup trop important. A Calais on sait, depuis la jungle de 2009, que (cela) présente des risques: pour eux, qui sont sous la loi des passeurs, pour leur sécurité, les rixes augmentent, les risques sanitaires, la gale en est un
témoignage", a ajouté le préfet.

La première partie de l'opération s'était déroulée mardi soir, avec la distribution de cachets pour un traitement contre la gale. Selon le préfet, une centaine de migrants ont été traités.
Mercredi matin, après l'évacuation du camp, les migrants se sont vu proposer d'être transportés vers un "lieu médical" pour rencontrer un médecin, pouvoir prendre une douche, changer de vêtements et se procurer des aérosols pour traiter leurs vêtements.


"Où sont les droits de l'Homme ?"

Ce déplacement est "sur la base du volontariat", a insisté Denis Robin, promettant "pas de contrôle, pas d'interpellation, pas de placement au centre de rétention administrative (CRA)".
"Sur ce site de traitement médical, l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration) et la direction de la cohésion sociale sont sur place pour rencontrer les migrants et proposer à ceux qui le souhaitent des hébergements d'urgence dans le département ou des départements voisins", a poursuivi le préfet. Il a jugé "curieux" le rôle de "certaines associations en conseillant aux migrants de ne pas aller se faire traiter".

"Notre mission c'est d'être témoin de ce qui se passe, de leur dire qu'on n'est pas d'accord, de les soutenir, et puis d'essayer de porter leur parole", a indiqué Vincent Deconinck, délégué départemental du Secours Catholique, qui a jugé "indigne" la concomitance du traitement et de l'évacuation.
"Maintenant qu'est-ce que les gens vont faire? Aller dans la rue, errer? Ca fait 10 ans que la situation est comme ça, c'est pas en leur pourrissant la vie qu'ils disparaissent", a-t-il ajouté.

L'évacuation s'est terminée vers 8H40, non sans qu'un petit groupe d'Afghans ait fait un peu de résistance. "Où sont les droits de l'Homme?", s'interrogeait l'un d'entre eux, en anglais approximatif, au milieu des tentes abandonnées. Peu avant midi, le camp le plus important a été  rasé à la pelleteuse. Les négociations se poursuivaient avec les migrants réfugiés en face, dans le centre de distribution de nourriture, où les forces de l'ordre ont tenté en vain d'entrer vers 9H30 avant que les migrants ne les repoussent et montent des barricades avec des bennes à ordures.

"Le lieu de distribution des repas est essentiel pour les migrants, il faut qu'il garde sa destination, s'il devient un lieu d'hébergement, de campement, il ne pourra plus jouer son rôle", a prévenu le préfet.
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