Calais : les associations d'aide aux migrants demandent au gouvernement de revoir sa politique

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Par avec AFP

Les associations CCFD-Terre Solidaire, Cimade, Emmaüs-France, Médecins du Monde et Secours Catholique, très présentes à Calais pour aider les migrants, ont appelé mardi le gouvernement à revoir "l'ensemble de la politique et des règles européennes" concernant les demandeurs d'asile.

"C'est l'ensemble de la politique et des règles européennes en la matière qui doivent être revues. L'accueil et la protection des réfugiés par l'Union Européenne ne peuvent plus être assurés en se basant sur des outils allant à l'encontre tant de la construction européenne que des valeurs de solidarité qui la portent", regrettent les présidents de ces associations dans une lettre ouverte, publiée le jour où l'Assemblée nationale doit adopter le projet de réforme de l'asile visant à raccourcir les délais d'examen des dossiers.

Une exception pour le Nord Pas-de-Calais?

Prenant pour exemple la situation de Calais et de sa région, par laquelle "transitent chaque année entre 5 et 15.000 personnes tentant de rejoindre l'Angleterre", les présidents de ces quatre associations demandent d'une part au Premier ministre d'engager la renégociation des accords du Touquet avec la Grande-Bretagne, et d'autre part de suspendre les accords de Dublin.

"Pourquoi la France jouerait-elle ce rôle de gardien des frontières pour un pays, la Grande-Bretagne, qui a refusé les règles européennes relatives à la libre circulation des personnes?", s'interrogent ainsi les associations.

Quant aux accords de Dublin, qui prévoient le renvoi des demandeurs d'asile dans le premier Etat de l'Union européenne qu'ils ont traversé, les associations estiment qu'ils poussent les migrants à éviter toute démarche en France. Elles demandent au ministre de l'Intérieur de les suspendre "au moins dans un premier temps dans le Nord/Pas-de-Calais".

Le HCR pour gérer le centre d'accueil 

Par ailleurs, elles réitèrent dans leur lettre leurs critiques vis-à-vis du centre d'accueil de jour qui doit voir le jour en début d'année 2015. "Ce n'est plus aux services d'une préfecture - si mobilisés soient-ils - mais bien à des professionnels de la gestion de camps de réfugiés qu'il faut confier cette mission de concevoir et de gérer une telle population! Le HCR (Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés) assure cette mission depuis des années sur plusieurs continents. Pourquoi ne pas l'avoir sollicité?", lancent ainsi les associations.

Cette prise de position intervient à deux jours de la Journée internationale des migrants, à l'occasion de laquelle Emmaüs et l'Organisation pour une citoyenneté universelle appellent à une grande mobilisation de soutien jeudi à Calais, notamment pour dénoncer la construction de barrières, surmontées de barbelés.

Ce dispositif, qui vise à empêcher les migrants de s'introduire clandestinement dans les camions en partance pour l'Angleterre, est qualifié par les associations de "mur de la honte".

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