49.3 : la position des picards

Il n’y a pas de député socialiste « frondeur » en Picardie. Pourtant, le recours à l’article 49.3 pour faire appliquer la loi Macron ne laisse pas nos élus indifférents. L’avis de quelques-uns d’entre eux.

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Barbara Pompili : elle voit plus loin 

La députée Europe Ecologie-Les Verts de la Somme et co-présidente du groupe à l’Assemblée disait « Non » à la loi Macron, mais ne votera pas la motion de censure. « On peut avoir un désaccord sur une loi et refuser de renverser le gouvernement » nous a-t-elle indiqué. Il faut dire que l’hypothèse d’un remaniement partiel à l’issue des départementales n’est pas à exclure, et François Hollande a déjà, notamment lors de sa conférence de presse du 5 février, tendu la main aux écologistes. « Si jamais il apparaît que le Premier ministre n'a pas réussi à rassembler la majorité autour de ce texte, il faudra en tirer les conséquences, avec j'espère, si c'est le cas, une plus grande ouverture aux propositions de la majorité » indiquait-elle peu avant le recours au 49.3 par le Premier Ministre. Une manière de confirmer l’envie, mais de poser ses conditions.

Patrice Carvalho : à contre-courant 

Alors que la majorité des élus Front de Gauche devraient voter la motion de censure contre le gouvernement, c’est « hors de question » pour le député PCF de l’Oise. Patrice Carvalho reconnaît par voie de communiqué « mille raisons de censurer le gouvernement pour ses revirements, ses trahisons des engagements pris en 2012, mais pas en réclament une politique plus à droite encore et en mêlant ma voix à celles de l’UMP et de l’UDI ».

A gauche : les frondeurs dans le viseur 

Michel Françaix, député socialiste de l’Oise, était de ceux qui trouvaient à la loi Macron « plus d’aspects positifs que d’aspects négatifs ». Le recours au 49.3 n’est « pas un drame », car il ne croit pas à un renversement du gouvernement, mais il regrette précisément qu’il se trouve « des gens pour dire se dire mécontents mais pas pour dire « on veut autre chose ». Cette affaire va seulement servir à ressouder l’UMP et l’UDI à quelques semaines des départementales ». « Ceux qu’on appelle les frondeurs devraient revenir faire un tour sur les marchés, » conclut-il. 

Le député de l’Aisne René Dosière se montre très remonté contre les frondeurs : « Ce sont des socialistes idéologues qui ne comprennent rien à la société d’aujourd’hui, et qui pour certains tiennent un peu trop à leur posture médiatique ». « La loi Macron est un très bon texte, avec des avancées concrètes pour les gens, et qui a été élaboré en « coproduction », à grand renfort d’explications et de modifications, et avec lequel la droite elle-même était plutôt en accord ».

Jean-Claude Buisine, député socialiste de la Somme, regrette du bout des lèvres le recours au 49.3 : « ça fait partie des outils qu’on peut utiliser, mais ça aurait pu passer » dit-il. 

«Tant mieux, il était nécessaire que cette loi passe », dit au contraire Jean-Louis Bricout, député socialiste de l’Aisne : même s’il reconnaît la « frustration » du parlementaire empêché de voter un texte. Pour lui, cette dissension au sein du groupe socialiste dénote un « problème de fond, un désaccord entre une politique de l’offre et une politique de la demande qui se fait jour à chaque débat de portée économique, et même temps qu’elle est le résultat d’une démarche individuelle de certains frondeurs. Mais ce n’est pas le bon prétexte pour se mettre en accord avec les militants ».

Marie-Françoise Bechtel députée MRC de l’Aisne s’est comme beaucoup de nos élus dite « surprise » du recours au 49.3. Comme les autres membres de son groupe, elle ne votera pas la motion de censure – « je suis pour la stabilité des gouvernements », mais comptait également s’opposer à la loi Macron. « On est venu chercher nos voix après-coup, sans accepter nos amendements » dit-elle.

UMP et UDI : à pieds joints ! 

L’occasion est trop belle de remettre en cause l’ensemble de l’action de la gauche depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée. Stéphane Demilly, député UDI de la Somme, soutient avec son groupe la motion de censure, mais il aurait voté la loi Macron car « le peu de choses qu’elle contenait allaient dans le bon sens ».

Pour Alain Gest, député UMP de la Somme, la loi Macron « ne correspond pas au programme sur lequel la majorité a été élue ». Il ne se fait « pas d’illusions » sur le résultat de la motion de censure, mais pour lui, il est clair qu’il y a en ce moment « une fausse majorité à l’Assemblée nationale ».

Jean-François Mancel, député UMP de l’Oise, estime le recours à l’article 49.3 « disproportionné » par rapport à une « petite loi, transformée en loi-symbole par le gouvernement ».

Le député UMP de l’Aisne Xavier Bertrand, le 49.3 décrit un « échec politique, un passage en force qui marque la fin du quinquennat : il n’y a plus de majorité, il n’y aura donc plus de réforme ».