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Départementales : accords et désaccords sur les consignes au 2e tour dans le Nord Pas-de-Calais

© MaxPPP
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Les états-majors politiques sont en ébullition avant le second tour des départementales, notamment au PS et à l'UMP. Consignes de votes, désistements... les positions nationales se heurtent parfois au pragmatisme ou aux ambitions locales.

Par YF avec Céline Rousseaux et AFP

Dans le Nord

Le premier secrétaire de la fédération PS du Nord, Gilles Pargneaux, a appelé lundi "à faire barrage contre le Front national dans les 23 cantons" avec un duel droite contre le FN dimanche au 2e tour des élections départementales. "Dans les 23 cantons avec un duel UMP/UDI contre le FN, nous appelons à faire barrage au FN et à voter pour l'UMP/UDI", a-t-il dit à l'occasion d'un point presse lundi à Lille.

Les consignes de Gilles Pargneaux (PS) dans le Nord
Dans une triangulaire au Cateau-Cambrésis, où le PS est arrivé troisième, le responsable de la fédération socialiste "a demandé à notre candidat de retirer sa candidature" afin d'éviter la victoire du binôme d'extrême droite. Mais le candidat en question, Laurent Coulon, et sa colistière divers gauche Valérie Lheureux, ont décidé de se maintenir malgré tout. "Je n’ai eu aucun contact depuis dimanche 18h  avec Gilles Pargneaux", nous a assuré Laurent Coulon. "J'ai appris ses consignes par d’autres élus, mais personne ne m’a appelé pour me demander de me retirer. Notre candidature au 2e tour a été déposée à la préfecture de Lille hier après-midi (lundi NDR)". 

Un camouflet pour Gilles Pargneaux qui se réjouissait par ailleurs que "l'UMP Nord et l'UDI Nord appellent à voter pour nous ou les candidats communistes dans les duels face au FN". Dans le Nord, effectivement, l'alliance de la droite et du centre se démarque des consignes nationales donnés par le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, et son fameux "ni-ni" (ni PS, ni FN). Le sénateur UMP Jean-René Lecerf, élu dès le premier tour dans le canton de Lille 2 et considéré comme le favori pour présider le département le plus peuplé de France, a "appelé à voter pour le candidat républicain resté en piste" au deuxième tour. Dès lundi matin, il déclarait sur Europe 1 "n'avoir pas quitté le terrain des valeurs". Selon lui, le "ni-ni" représente "le danger de mettre dans le même sac des républicains avec lesquels je ne suis pas d'accord sur leur façon de gérer mais qui sont des adversaires que je respecte (...), avec des personnages qui ne sont pas sur les valeurs républicaines." "Je souhaite que le Front national devienne un jour un parti comme un autre, on en est aujourd'hui très très loin", avait-il ajouté. 
Les consignes de Jean-René Lecerf (UMP) dans le Nord
Cette position ne fait pas l'unanimité au sein de l'UMP nordiste. Le député-maire de Tourcoing, Gérald Darmanin - secrétaire général adjoint du parti, en charge des élections - campe sur la ligne sarkozyste du "ni-ni". "Nous n'avons pas de leçons à recevoir de la part de ceux qui risquent de gagner des départements en jouant avec le Front national lors de triangulaires", a-t-il lancé à l'adresse des socialistes. Gérald Darmanin déplore notamment le maintien du binôme PS à Armentières, "un canton historiquement tenu par le Parti socialiste" mais dans lequel le PS est arrivé troisième, avec 26,9% des voix, derrière les candidats Union de la droite (32,3%) et le binôme Front national (31,5%). Le PS dispose toutefois de réserves de voix du 4e binôme (FG, 9,29%). Au total, il y aura 4 triangulaires UMP/UDI - PS/DVG - FN dans le Nord au second tour dans les cantons d'Armentières, du Cateau-Cambrésis, de Lille 6 et Fourmies.

Dans le Pas-de-Calais 

Dans le département voisin du Pas-de-Calais, il y avait 13 triangulaires à l'issue du premier tour. Pour l'UMP locale, la ligne est claire. "On se maintient partout où il y a des triangulaires", nous a déclaré Philippe Rapeneau, le secrétaire départemental. "Nous n'arrivons en 3e position que dans quatre cantons et dans ces cantons, les écarts sont très importants". Pour autant, les candidats UMP du canton de Lumbres se sont désistés pour laisser la gauche affronter seule le FN. Pour ce qui est des duels gauche/FN du second tour, "il n'y a pas de consigne, les électeurs font ce qu’ils veulent. Ils sont assez grands." 

Philippe Rapeneau, secrétaire départemental de l'UMP du Pas-de-Calais, ne donne pas de consigne de vote dans les duels gauche/FN. / © MaxPPP
Philippe Rapeneau, secrétaire départemental de l'UMP du Pas-de-Calais, ne donne pas de consigne de vote dans les duels gauche/FN. / © MaxPPP
Pour Yann Capet, son homologue de la Fédération PS du Pas-de-Calais, la ligne est tout aussi "claire". "Nous ne sommes pas dans le "ni-ni" prôné par la droite", nous a-t-il répondu. "Nous appelons en premier lieu au rassemblement de la gauche puis à faire barrage à l'extrême-droite".
Yann Capet, le secrétaire départemental du PS, a demandé à 2 à 3 binômes de se retirer des triangulaires du second tour. / © MaxPPP
Yann Capet, le secrétaire départemental du PS, a demandé à 2 à 3 binômes de se retirer des triangulaires du second tour. / © MaxPPP

Concernant les triangulaires, Yann Capet nous a annoncé en fin de matinée le retrait au 2e tour des candidats PS sur "2 ou 3 cantons" pour laisser la droite affronter seule le FN. "Sur certains cantons où le FN représente une menace, les candidats ont pris leurs responsabilités. Mais on va attendre que la préfecture publie officiellement les candidatures du second tour...".

Au final, les binômes des cantons de Bapaume, Saint-Pol-sur-Ternoise et Avesnes-le-Comte ont accepté de se retirer des triangulaires. A Marck et à Longuenesse, les candidats PS ont décidé en revanche de se maintenir. "Leur expérience du terrain leur a appris que nos valeurs peuvent encore triompher", s'est justifié le PS du Pas-de-Calais dans un communiqué.

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