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Aisne : l'entreprise qui a fabriqué le clairon de l'armistice, toujours en activité

© Clément Jean-Pierre
© Clément Jean-Pierre

Le 7 novembre 1918, le caporal Sellier fait retentir le premier cessez-le-feu de la Grande Guerre. Son clairon sortait de l'atelier de celui qui était alors le plus important fabricant français d'instruments, la société Couesnon, située à Château-Thierry et toujours en activité.

Par Camille Di Crescenzo

On l'appelle le "clairon de l'armistice", visible désormais au Musée de l'Armée aux Invalides à Paris. Or, ce n'est pas le 11 novembre mais le 7 novembre 1918 à La Flamengrie, commune de l'Aisne, que le caporal Sellier a utilisé son instrument pour faire retentir le premier cessez-le-feu de la Grande Guerre.
Ce que l'on sait encore moins, c'est que ce clairon sortait des ateliers Couesnon, situés à quelques kilomètres de là, à Château-Thierry.

100 ans plus tard, la société produit toujours des instruments en cuivre et le clairon reste en tête des ventes : "Le clairon est l'instrument phare. Il est régulièrement demandé en grandes quantités. Ca peut aller de 300 à 400 clairons pour les armées étrangères" précise Ginette Planson, présidente directrice générale de PGM Couesnon.
 

Maintien de la tradition


Créée en 1827, la société maintient la tradition. Rien n'a changé dans les ateliers. Beaucoup de vieilles machines et surtout pas de robots. C'est l'homme et son sens du toucher qui assure la qualité du produit comme l'explique Frédéric Menin, étireur : "Il y a des défauts qui sont très minimes que l’on ne voit pas, que l’on ne perçoit pas à la vue. On est obligé de toucher les pièces". 

Partant d'une feuille de laiton, il faut douze étapes et une journée pour fabriquer un clairon. Chaque employé se sent dépositaire d'un savoir-faire unique. Un métier compliqué et exigeant.
 

Le clairon chinois, un concurrent féroce


Jadis, la société employait jusqu'à 1800 salariés. Aujourd'hui ils ne sont plus que 11. La réalité économique a rattrapé l'entreprise. Un clairon chinois avec sa housse, les gants et l'embouchure se vend au prix d'une housse axonaise.  
Mais Couesnon est bien décidée à défendre son label d'entreprise du patrimoine vivant. L'Elysée vient d'ailleurs d'acheter 10 clairons pour les commémorations de l'armistice.
 

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