Un éleveur laitier de l’Aisne rend les éoliennes et une ligne à haute tension, responsables de ses difficultés

Les éoliennes sont-elles dangereuses pour les animaux. Un éleveur laitier axonais en est convaincu. Ses difficultés ne font que s’accumuler depuis qu’un parc de 5 éoliennes s’est installé à 800 m de son exploitation.

© Benoît Henrion
Installé depuis trente ans à la frontière du Nord de l'Aisne, Philippe Marchandier, éleveur laitier, pointe du doigt les cinq éoliennes situées à 800 m de son exploitation. Depuis leur implantation l'année dernière, il voit ses vaches dépérir : "Elles n'assimilent  pas ce que je leur donne, elles ne profitent pas. Elles maigrissent".

Depuis quelques années, les vaches produisent moins de lait et l'éleveur s'enfonce dans les dettes. "J'ai perdu une vingtaine de veaux, j'ai perdu 3 vaches, j'ai 7 vaches qui ont avorté. On a fait des analyses sur les vaches avortées, on n'a rien trouvé et ça continue" déplore t-il. Selon lui, pas de doute, cette hécatombe trouve son origine à quelques centaines de mètres de la ferme. "Mon problème, c'est les éoliennes et la ligne à haute tension. La ligne à haute tension est là depuis 1994. J'avais des soucis déjà avec la ligne, mais là, ils ont mis en route les éoliennes au mois d'avril, depuis c'est une catastrophe. Il n'y a même plus moyen de gérer le troupeau alors que j'y suis pour rien malheureusement". 
 

Coïncidence ou causalité ?


Convaincu du danger que représentent les éoliennes sur ses animaux, Philippe Marchandier cherche à le prouver mais aucune étude scientifique n'existe à ce jour. Seule une géobiologue, discipline non reconnue, tend à valider sa théorie. "Avec certains appareils, j'ai pu vérifier qu'il y avait effectivement bien un champ électrique et un champ magnétique. J'ai détecté aussi une source souterraine qui va vers les éoliennes et vers le pylône électrique. C'est quelque chose qui peut créer une agitation et un problème dans le comportement des animaux" déclare Hélène Szymanek. 
Intervenu plusieurs fois sur l'exploitation, le vétérinaire doute fortement de l'explication électrique. "Il n'y a pas de consensus scientifique sur toutes ces hypothèses, qui peuvent peut-être influencer la santé des bovins mais c'est un peu mystérieux explique Luc Vander Massen. D'autres pistes aussi sont importantes, c'est l'alimentation, le logement, la densité des animaux, le nombre de bovins au m2, des choses comme ça" ajoute-t-il.

L'éleveur laitier, lui, reste convaincu que le mal vient de l'extérieur. Désespéré, il recherche une autre exploitation à louer pour déménager ses bêtes.
 
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