Guerre en Ukraine : habitants et élus transforment l'ancienne poste de leur village de l'Aisne en logement afin d'accueillir des réfugiés

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Elan de solidarité dans le village de Brancourt-le-Grand, dans l'Aisne. Après une forte mobilisation pour récolter des dons déjà partis en Ukraine, la commune décide de réhabiliter l'ancienne poste en logement pour accueillir une famille de réfugiés.

Un convoi est parti vers l'Ukraine lundi 4 avril, trois semaines après un premier camion rempli de dons collectés à Brancourt-le-Grand, au nord de l'Aisne. 120 personnes se sont mobilisés pour offrir des couvertures et des produits de première nécessité au peuple victime de la guerre.

Face à cet élan de générosité, le maire du village, Bertrand Callay, ne veut pas en rester là.

Je me suis dit qu'est-ce qu'on peut faire de plus ?

Bertrand Callay, maire de Brancourt-le-Grand

"Nous avions notre ancienne poste qui n'est pas occupée depuis plusieurs années. J'ai soumis l'idée au conseil municipal de réhabiliter les locaux". Le projet est adopté. 

L'opération réhabilitation s'organise : la mairie achète les matériaux, la main d'œuvre est gratuite.

Bertrand Callay fait un appel aux compétences et la réponse ne se fait pas attendre. Des habitants bénévoles se portent volontaires et trois artisans locaux, plombier-chauffagiste, peintre et ferronnier, vont mettre la main à la patte, plus un fournisseur de peintures.

Les travaux ont commencé en milieu de semaine dernière. Un escalier a déjà été posé entre le rez-de-chaussée et le premier étage du bâtiment. "On a posé l'escalier samedi dernier, annonce Bertrand Callay. Samedi prochain, on pose les cloisons. Chaque jour, il y a quelqu'un qui travaille".

La réhabilitation ne demande pas de gros œuvre mais quand même. Il faut créer la salle de bain, isoler le logement et prévoir les évacuations d'eaux usées.

A la vitesse où travaillent les Brancourtois, le logement sera vite prêt à accueillir une famille de 4 à 5 personnes. "On a postulé. On a eu des contacts mais pas encore de date arrêtée pour l'accueil d'une famille. On a une école. On a fait savoir que la commune allait mettre un logement à disposition. Comme l'école est dans la mairie, les enfants nous demandent tous les jours quand elle arrive" s'amuse le maire.

Reste le barrage de la langue. Pour ça, le maire de Brancourt-le-Grand ne se fait pas de soucis. Entre l'anglais et un traducteur en ligne, les habitants pourront toujours communiquer.