Il a déposé le cœur de Coubertin à Olympie : qui est Albert de Bertier de Sauvigny, membre du CIO et signataire de la 1re charte olympique ?

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Le 2 septembre 1937, Pierre de Coubertin meurt à Lausanne d'un arrêt cardiaque. Conformément à ses dernières volontés, son cœur sera enterré à Olympie. C'est l'un de ses cousins, Albert de Bertier de Sauvigny, qui emmènera en Grèce l'urne le contenant. Maire d'un petit village de l'Aisne, cet aristocrate érudit a des liens plus étroits avec les Jeux olympiques. C'est l'histoire du dimanche.

À Cœuvres-et-Valsery, il a une rue à son nom. Une petite rue, certes. Dans un petit village de l'Aisne de 450 habitants, re-certes. Mais une rue quand même.

La rue du comte Albert de Bertier de Sauvigny n'est pas très loin du château de la commune. Un château détruit pendant la Révolution française et racheté en 1823 par le grand-père maternel du comte. Un château qui fut en d'autres temps la propriété de la famille de Gabrielle d'Estrées, maîtresse d'Henri IV, qui y est née en 1573 et qui y a rencontré pour la première fois en 1590 le roi de France. Un château construit sur un vaste marécage.

"Qu'est-ce que je peux vous raconter sur le comte ? On a réuni quelques documents pour une exposition qu'on a faite il y a quelque temps. Je peux vous les envoyer si vous voulez, me propose-t-on à la mairie. Mais je ne peux pas vous dire grand-chose de plus. Enfin, si. Mais en détail, non. C'était le cousin de Coubertin. Il a été membre du Comité international olympique. Maire de Cœuvres-et-Valsery. Il a mis en place une société de secours pour les habitants et il a écrit un livre sur la vie du village en 14-18. Voilà."

Voilà ? J'avais bien quelques-unes de ces informations, mais mises bout à bout comme ça, c'est déjà pas mal pour le comte d'un petit village du Soissonnais, cousin du père fondateur des Jeux olympiques modernes !

Sur les traces d'un aristocrate écrivain

Il va évidemment falloir combler les trous et préciser certaines choses. Faire des recherches. Beaucoup de recherches. Trouver des gens qui vont pouvoir me raconter la vie et l'œuvre de celui dont le seul portrait que j'ai pu trouver date du début du XXe siècle. Sur lequel apparaît un homme brun, aux cheveux gominés, à l'air sérieux et à la moustache fournie, typique des années 1900.

Ses descendants peut-être. Le nom apparaît dans l'Oise. "Contactez la Société historique de Soissons, me conseille-t-on à l'Association Soissonnais 14-18 qui a réédité le livre du comte en 2001. Elle existe depuis 1690. Son président pourra certainement vous renseigner sur ce personnage important."

Le château de Cœuvres-et-Valsery en héritage

Et de coupures de presse de l'époque en arbres généalogiques, d'extraits d'archives privées en articles de dictionnaires de la Grande Guerre, finalement découvrir que le comte Albert de Bertier de Sauvigny n'est pas qu'un aristocrate de haut rang et l'auteur de Pages d’histoire locale 1914-1919. Notes journalières et souvenirs, livre témoignage qui fait référence. Et que son nom est intimement lié aux Jeux olympiques et à Pierre de Coubertin.

Albert de Bertier de Sauvigny est né à Paris le 10 juin 1861. Il est le seul fils et dernier enfant d'une mère issue de la noblesse d'Empire et d'un père descendant de la vieille aristocratie bourguignonne. La famille Bertier de Sauvigny est une famille importante dans le paysage aristocratique français. Anoblie dans la seconde moitié du XVIIe siècle en obtenant la charge de secrétaire du roi, elle a produit des magistrats, un premier président au parlement de Paris, un intendant du roi, des officiers généraux et même un ministre sous Charles X.

Seul garçon de trois enfants, c'est donc Albert qui hérite du domaine de Cœuvres-et-Valsery et du titre de comte à la mort de son père en 1883. Il n'a alors que 22 ans.

S'il est fort probable que la position de sa famille l'amène à côtoyer l'aristocratie française et européenne, Albert de Bertier de Sauvigny a-t-il eu la jeunesse de bien des nobles en cette fin du XIXe siècle ? Une jeunesse plus que dorée, faite de dîners et de réceptions, de séjours en bord de mer et d'insouciance que l'aisance financière permet ? Difficile, à vrai dire, de remonter le fils de l'histoire. Difficile de faire le tri dans les archives où son nom est orthographié de "Berthier" avec un "h" ou encore "de Savigny" sans "u". Rien sur son enfance. Rien sur sa jeunesse.

Cousin par alliance du baron de Coubertin

Tout juste sait-on que, comme un certain nombre d'aristocrates mâles, et comme son père, général de brigade, Albert est miliaire. Lieutenant de cavalerie, plus précisément.

En 1894, à 33 ans, il épouse à Paris, Cécile le Sellier de Chézelles, issue elle aussi de la vieille aristocratie de France, et de 14 ans sa cadette. Parmi les cousins de la jeune femme, on trouve un certain baron Charles de Coubertin, plus connu sous le prénom de Pierre.

En 1896, le couple accueille son premier enfant, un fils nommé Alexis. Deux plus tard, une petite fille, Henriette, verra le jour, mais décédera avant la fin de sa première année. À cette époque, les Bertier de Sauvigny vivent en grande partie à Paris, le château de Cœuvres-et-Valsery faisant office de résidence secondaire. "Il faisait partie de ces aristocrates qui achetaient des châteaux en province pour en faire des résidences de campagne, explique Denis Rolland, président de la Société historique du Soissonnais. Il avait aussi une propriété dans l’Oise. Ces familles nobles vivaient des revenus tirés des exploitations agricoles autour de leurs propriétés. L'avantage de ces secteurs, c'est que ça n’était pas loin de Paris. Et puis il y avait le train."

Albert est sportif. Il pratique l'aviron, l'escrime, l'équitation et le tir à l'arc, à propos duquel il écrit un ouvrage sobrement intitulé Le tir à l'arc, publié en 1900 par l'imprimerie de Compiègne. Un ouvrage qui fera de lui "l'historien de l'archerie mondiale" selon la presse de l'époque.

Membre du premier Comité olympique français

C'est probablement cette appétence reconnue pour le sport qui pousse Pierre de Coubertin à conseiller son cousin comme membre du premier Comité olympique français établi en 1894, à la suite de la création du premier Comité international olympique. Le président d'honneur de ce COF n'est rien moins que Félix Faure, alors président de la République. L'instance est temporaire : chargée de préparer la participation des athlètes français aux JO, elle est dissoute après chaque olympiade.

Si ses responsabilités retiennent Albert de Bertier de Sauvigny à Paris plusieurs années, il semble probable qu'en 1900, la famille décide de s'installer définitivement en Picardie. Puisqu'en 1901 naît à Compiègne Henry, le troisième enfant d'Albert et de Cécile.

En 1904, il est certain que les Bertier de Sauvigny vivent au château de Cœuvres-et-Valsery, restauré à grands frais, puisqu'Albert est élu maire du village la même année. Un village essentiellement rural même si "le château étant une grosse propriété, le comte devait employer des villageois comme jardiniers et domestiques", avance Denis Rolland.

Pour aider ses administrés à faire face aux éventuelles vicissitudes de la vie, Albert de Bertier de Sauvigny met en place une société de secours mutuels. Les adhérents, moyennant une cotisation mensuelle, étaient indemnisés en cas de maladie ou d'accident : "d’autres se sont mises en place à cette époque où il n’y avait pas retraite, pas de sécurité sociale. Elles étaient financées par un système de cotisation. C’est le principe de l’assurance : les gens cotisent et quand ils ont un problème, ils bénéficient de fonds de cette société de secours."

CIO, charte olympique et drapeau aux 5 anneaux

C'est également en 1904 que le comte entre au Comité international olympique, coopté par son cousin par alliance, Pierre de Coubertin. Crée en 1894 à Paris sous le nom de Comité international pour les Jeux olympiques par le baron de Coubertin, le CIO a la charge d'organiser les JO. Il ne compte alors que 13 membres, représentant chacun leurs pays. Aucun des membres fondateurs n'est allemand, vu le contexte politique et diplomatique délicat de l'époque. Garant du mouvement olympique idéaliste voulu par Coubertin, le CIO véhicule une vision bourgeoise et même aristocratique du sport : élitiste (seuls les sportifs amateurs peuvent prendre part aux Jeux), impérialiste (aucun sportif issu des colonies ne peut participer) et misogyne.

Progressivement, de plus en plus de membres sont intégrés au CIO : 25 en 1900 et 30 en 1904 parmi lesquels Albert de Bertier de Sauvigny, dont les opinions politiques plutôt conservatrices sont en adéquation avec le projet sportif olympique. C'est l'année des troisièmes olympiades, organisées à Saint-Louis aux États-Unis.

En 1908, Pierre de Coubertin rédige et publie la toute première charte olympique qui établit les principes et les règles du mouvement olympique. Intitulée Annuaire du Comité international olympique, elle énumère également le nom de tous les membres du CIO et leur mode de recrutement. Albert de Bertier de Sauvigny est le deuxième de la liste :

Membre du CIO depuis maintenant 4 ans, il travaille à l'organisation de ses premiers Jeux olympiques, prévus à Londres en 1908. Les habitants de Cœuvres-et-Valsery savent-ils que leur maire est une personnalité politique de premier plan ? "Son implication dans l’Olympisme, les gens du village ne le savaient pas, répond Denis Rolland. Ça n'était pas leur souci ! Je ne sais même pas s'ils étaient au courant que le comte était le cousin de Coubertin..."

L'optimisme du Congrès olympique de Paris en 1914

Jusqu'en 1914, la vie d'Albert de Bertier de Sauvigny semble se partager entre sa fonction de maire de Cœuvres-et-Valsery, celle de membre actif du mouvement olympique et son poste de président du conseil d'administration d'une grande compagnie d'assurance. Au château, un dernier et troisième fils, Étienne, est venu compléter la fratrie en 1906. Le comte s'investit dans les activités de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons. Il chasse à courre à Villers-Cotterêts en forêt de Retz avec Henri Menier, industriel dans le chocolat ou en forêt de Compiègne :

En 1914, le contexte politique est tendu depuis plusieurs mois quand s'ouvre le Congrès international olympique à Paris en juin pour fixer les règles des futurs JO prévus à Berlin deux ans plus tard.

C'est par le récit de cet évènement que s'ouvre le livre du comte, Pages d’histoire locale 1914-1919. Notes journalières et souvenirs, si cher aux passionnés de la Première guerre mondiale et dont la rédaction commence après la déclaration de la guerre le 3 août.

Albert de Bertier de Sauvigny y raconte a posteriori "l'ouverture du Congrès (...) le mercredi 17 juin, avec toute la pompe désirable, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence du chef de l'État, M. Poincaré, ayant à ses côtés les ambassadeurs de toutes les grandes puissances."

On y croise le prince Othon de Windisch-Graëtz, petit-fils de l'Empereur d'Autriche, des comtes, des marquis et autres barons. Tout, dans le témoignage de l'auteur, montre que personne, parmi les congressistes, ne croit aux bruissements de la guerre qui se font déjà alors entendre. "La délégation allemande, une des plus nombreuses, se montra-t-elle particulièrement assidue au travail des Commissions. L'attitude et les manières des membres qui la composaient furent parfaitement correctes. Des rapports qu'ils eurent avec leurs collègues, il n'y a rien à retenir", rédige le comte. Tout juste les Allemands refusent-ils de voir la boxe inscrite aux programmes des Jeux de 1916, jugée "barbare et indigne d'un peuple civilisé".

C'est lors de ce congrès que le drapeau olympique avec ses cinq anneaux est officiellement présenté pour la première fois lors d'une réception organisée au cercle du Bois de Boulogne par Albert de Bertier de Sauvigny et son épouse.

Du fait de la Grande Guerre, le drapeau olympique ne flottera pour la première fois que lors des Jeux d'Anvers en 1920.

Le bouleversement de la guerre

Le Congrès de Paris se clôt dans "une impressionnante inaccoutumée de confiance en l'avenir. Pour nous autres congressistes, il semblait qu'une vague de pacifisme déferlait sur l'Europe. (...) Le souffle de l'effroyable cataclysme allait rapidement et brutalement balayer ces chimères", déplore Albert de Bertier dans son livre-journal.

Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Le mouvement olympique cesse ses activités tout comme la Société de secours mutuels de Cœuvres-et-Valsery. La comtesse et ses plus jeunes fils sont mis à l'abri en région parisienne.

Le 1er septembre, les premiers soldats allemands investissent le village. Un régiment de Bavarois s'installe au château. À leur tête, le duc de Slesvig-Holstein, beau-frère de Guillaume II. Ils ne resteront pas. Dès le début de la guerre, le château est occupé par des soldats de tous grades et toutes nationalités. Il sert d'hôpital militaire tandis que le pigeonnier abrite les pigeons voyageurs de l'armée française. Et à la moindre alerte, les habitants du village viennent se réfugier dans les cuisines.

Chaque jour, Albert de Bertier remplit les pages de son journal et relate les évènements qui touchent la commune dont il est toujours le maire.

Noble, un statut utile en temps de guerre

Avec son lot d'officiers allemands ou français, aristocrates que le comte connaît pour beaucoup. Une position sociale bien utile lorsqu'il s'agit d'éviter le peloton d'exécution à l'un de ses adjoints ou pour faire libérer le cantonnier du village et sa famille. "C’était un monsieur d’une certaine classe, qui est très bien renseigné et qui a beaucoup de relations. Donc quand il rencontre des officiers aussi bien français qu’allemands, il n’est pas considéré comme le maire lambda d’un petit village du Soissonnais. On voit qu’il a beaucoup d’entre-gens", estime Denis Rolland.

En mars 1916, Alexis, son fils aîné, étudiant en lettres à Bordeaux, est incorporé comme engagé volontaire dans l'armée. Il est porté disparu lors de la bataille de Verdun le 9 mars 1916. Caporal au 153e régiment d'infanterie, il a alors 19 ans. Il sera déclaré officiellement mort à Douaumont en février 1919.

"Quand son fils est tué, il va demander à être mobilisé. Il ne le sera pas en tant que combattant en première ligne. Il sera mobilisé à l’arrière. Mais il continue à rédiger son journal : il écrivait ce que lui racontait son maître de culture qui était resté dans le village et qui lui envoyait des informations".

Albert de Bertier de Sauvigny rentre en 1917 à Cœuvres auprès de ses administrés. Il ne consentira à en partir pour Paris que le 31 mai 1918, alors que les troupes françaises évacuent tous les civils de la zone, sur ordre des autorités militaires. Deux mois avant, il a été officiellement démobilisé.

La désolation des destructions

Le 20 juillet, Bertier de Sauvigny revient à Cœuvres pour la première fois mais il n'est pas autorisé à rester. "Le chapitre sur son retour au village et dans les zones détruites est incroyable, s'émeut Denis Rolland. On est après l’offensive Mangin. Les Allemands ont été repoussés mais toute la zone, tous les villages dont Cœuvres ont été complètement détruits et vidés de leurs habitants qui n’ont pas le droit d’y retourner. Et lui obtient l’autorisation du sous-préfet de Soissons de se rendre sur les lieux des combats. Et là, il y a des descriptions qui sont saisissantes de détails : les corps, les destructions, les carcasses de char… C’est écrit avec beaucoup de sensibilité. C’est vraiment passionnant. Des témoignages pendant la guerre 14-18, on en a énormément. Encore que : des témoignages de militaires, on en a beaucoup mais pas vraiment de civils. Et souvent, c’est un peu plat. Lui, ça n’est pas le cas."

Le 13 août 1918, il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur.

Mi-septembre, Albert de Bertier de Sauvigny se réinstalle définitivement dans son village. Chez l'habitant, le château étant entièrement détruit.

Commence alors pour le comte une nouvelle mission : aider les familles à retrouver le corps d'un proche mort dans le secteur.

Aider les familles à retrouver leurs soldats disparus

"Je me suis fait un devoir de répondre moi-même très exactement aux parents qui recherchent des militaires disparus dans notre région", écrit-il dans le chapitre XXXIII de Pages d’histoire locale 1914-1919. Notes journalières et souvenirs.

Cette empathie à l'égard des familles de soldats disparus s'explique par le fait que le corps d'Alexis ne sera jamais retrouvé sur le champ de bataille de Douaumont malgré les deux voyages que fera sur place son père. Le nom du jeune homme sera gravé sur le monument aux morts du village, érigé en 1926.

En 1919, Albert de Bertier de Sauvigny n'est pas réélu maire de Cœuvres-et-Valsery, malgré son engagement pendant la guerre. Il va néanmoins travailler à la reconstruction du village et continuer à accompagner les familles de disparus dans la recherche des corps. L'année suivante, il quitte le CIO et le COF.

À partir de cette date, la source d'information se tarit. On sait qu'il engage des travaux de restauration du château. Qu'il ne sera pas élu aux élections municipales de 1925. Que la même année, il cesse de rédiger son livre-journal pour en écrire un autre en 1929, sur un épisode de l'histoire locale. Mais c'est tout.

Le dépositaire du cœur de Coubertin

On ne retrouve trace d'Albert de Bertier de Sauvigny qu'en 1938. Le baron Pierre de Coubertin est mort en septembre 1937. L'une de ses dernières volontés est que son cœur soit inhumé à Olympie. C'est le comte qui l'y amènera depuis Lausanne où son cousin est enterré. C'est lui qui a déposé l'urne le contenant au pied d'un monument à Olympie en Grèce commémorant le retour des Jeux olympiques.

10 ans plus tard, le 6 mai, Albert de Bertier de Sauvigny meurt à 86 ans dans son château de Cœuvres-et-Valsery. Il est inhumé dans le caveau familial dans le vieux cimetière communal, près de l'église.

Cette année-là, en 1948, se déroulent les quatorzièmes Jeux olympiques modernes à Londres. Londres, ville des JO de 1908, les premiers à l'organisation desquels le comte Bertier de Sauvigny avait pris part en tant que membre du Comité international olympique.

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