La réouverture d'une pharmacie dans un quartier prioritaire de Château-Thierry refusée car trop d'officines existent déjà en centre-ville

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Écrit par Eline Erzilbengoa avec Laurent Pénichou

À Château-Thierry dans l'Aisne, la pharmacie des fables située dans le quartier prioritaire des Vaucrises, ne peut pas rouvrir. Une réglementation datant de 2018 impose une officine pour 4500 habitants et dans la commune, le compte y est déjà.

Cela fait désormais un an et demi que le rideau de la pharmacie des fables, située dans le quartier des Vaucrises à Château-Thierry, est baissé. 

Pourtant, après sa fermeture, la mairie, propriétaire des murs, a retrouvé une pharmacienne pour reprendre le flambeau. Mais elle se heurte aujourd'hui à une réglementation datant de 2018 qui impose une pharmacie pour 4500 habitants. "Aujourd'hui, l'Agence régionale de santé considère qu'il y a trop de pharmacies à Château-Thierry, ce que nous ne nions pas. La difficulté c'est que toutes ces pharmacies sont en centre-ville", explique le maire Sébastien Eugène (Parti Radical). 

En effet, la commune de l'Aisne compte 6 officines dont 3 dans l’hyper-centre distantes de quelques dizaines de mètres. L'ouverture d'une autre pharmacie, même si elle est située dans un autre quartier, ne peut être autorisée selon l'ARS. "Dans ces communes, où le nombre de pharmacies est excédentaire, la fermeture d'une officine ne pourra donner lieu à l'attribution d'une autre autorisation", indique-t-elle.

"On fait face à un mur d'une administration centrale"

Dans le quartier prioritaire de 1500 habitants, c'est l'incompréhension. "Nous, on habite à Bouresches, à la campagne, mais on vient ici. C'est ce qu'il y a de plus près", nous confie une passante. "Moi je suis en bonne santé, mais c'est à ces vieilles dames là qu'il faut poser la question, celles qui n'arrivent plus à se déplacer, qui n'ont plus l'âge, qui n'ont pas leurs enfants à disposition pour aller chercher des médicaments", témoigne un habitant.

D'autant que le quartier doit bénéficier d'une rénovation dans le cadre de l'ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). "À ce jour, on fait face à un mur d'une administration centrale. Il y a quelque chose d'assez incohérent dans cette position, c'est que d'un côté on a le ministère de la Politique de la ville qui souhaite que l'on renforce ce pôle commercial. La ville a d'ailleurs déjà préempté d'autres bâtiment pour pouvoir agrandir, et notamment cette pharmacie. Et dans le même temps vous avez le ministère de la Santé qui s'oppose à la réouverture d'une pharmacie", déplore Sébastien Eugène. 

Le maire de Château-Thierry demande ainsi une dérogation et un appel au préfet pour jouer les médiateurs, en espérant que cette pharmacie puisse rouvrir ses portes très prochainement.