Assises de Laon : Jonathan Maréchal condamné à perpétuité pour le meurtre de Tom

La cinquième et dernière journée du procès de Jonathan Maréchal pour le meurtre de Tom, 9 ans, au Hérie-la-Viéville en 2018, s’est conclue par la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité de l’accusé. Notre journaliste Rémi Vivenot y a assisté.

Jonathan Maréchal lors de son procès devant la cour d'assises de Laon.
Jonathan Maréchal lors de son procès devant la cour d'assises de Laon. © Valentin Pasquier - France Télévisions

Après trois ans d’une douloureuse attente et un procès qui n’aura apporté que peu de réponses à la famille en raison d’un accusé enfermé dans son mutisme, le verdict est tombé : Jonathan Maréchal a été déclaré coupable ce vendredi 23 avril par la cour d’assises de Laon du meurtre du petit Tom en mai 2018. Sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité s'accompagne d'une période sûreté de 18 ans (le minimum légal dans ce cas-là NDLR).

Face "au risque de récidive trop grand", estimé par l’avocat général, Guillaume Donnadieu, le parquet avait requis la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté, soit le maximum possible, en milieu de matinée. C'est par son réquisitoire qu'avait débuté cette dernière journée de procès.

"Tous les chemins mènent à la culpabilité de l’accusé"

Malgré le silence de l’accusé, vécu par la famille de la victime comme "une épreuve dans l’épreuve", l’avocat général avait souligné l’existence des flashs évoqués par l’accusé lors de sa garde à vue. Jonathan Maréchal avait alors évoqué qu'il se voyait frapper l’enfant. Si ce dernier est revenu par la suite sur ses propos, l'avocat général a estimé qu'ils représentaient "des aveux (...) Je vous demande de considérer que tous les chemins mènent à la culpabilité de l’accusé."

"Un élément accablant" qui s’ajoute à d’autres éléments à charge importants comme la présence de l’ADN de l’accusé sur un bidon d’essence contenant un produit qui a été retrouvé sur les vêtements de la victime. "Certains constat ne peuvent être contredits", poursuivait-il.

Après avoir souligné que les facultés de mémoire de l’accusé n’étaient "pas dégradées", le représentant du parquet a tenu à préciser qu'il n'y avait, selon lui, aucune préméditation dans le meurtre du petit garçon. "Il n’y a pas eu de préparation, mais une pulsion sexuelle probablement due à sa proximité avec l’enfant". Une pulsion à l’origine d’un acte décrit comme "brutal et rapide" qui a porté "atteinte à l’intégrité" du corps de la victime. Autre motif, pour lequel était poursuivi l'accusé. Les hypothèses d’un viol ou d’une tentative de faire disparaitre le corps ont notamment été évoquées au cours du procès.

Avant de laisser la parole à la défense, l'avocat général Guillaume Donnadieu a rappelé "l’incroyable sang-froid dont l’accusé a su faire preuve pour essayer de se disculper et empêcher la manifestation de la vérité." Les vêtements que portaient Jonathan le jour du meurtre avaient été retrouvés dispersés dans un champ, non loin de la scène de crime, en juillet 2018.

"Nous défendons l’indéfendable, mais la défense doit être audible"

Ce à quoi Me Bouchaillou, conseil de Jonathan Maréchal,  répondait plus tard lors de sa prise de parole en signifiant que si Jonathan "est le témoin privilégié des faits, et qu’il est probablement coupable, ce n’est pas certain". D'après lui, Jonathan pourrait avoir bénéficié de l'aide d'un complice pour essayer de faire disparaître les preuves.

Nous défendons l’indéfendable, mais la défense doit être audible. Même si vous êtes submergés par l’émotion, vous ne devez pas rendre la justice de l’émotion.

Maître Bouchaillou, défense de Jonathan Maréchal

Me Bouchaillou, après avoir partagé une nouvelle fois ses regrets face au mutisme de Jonathan, rappelait que ce dernier, au contraire d’un autre cas qu’il avait traité -et dont l'accusé avait été condamné à perpétuité- ne "revendiquait rien". "Il ne s’inscrit pas dans le registre des grands criminels, je vous demande d’être juste", indiquait-il alors aux jurées.

Jonathan restait lui sur sa ligne directrice. Les derniers mots adressés à la cour, aux jurés et à la famille avant le délibéré ont été ceux-ci : "Je comprends la douleur de la famille, mais je n’ai ni tué, ni violé Tom."

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société faits divers assises